ÉQUILIBRE GLYCÉMIQUE ET NUTRITIF
exagérée des substances albuminoïdes . Le rapport du sucre à 1 azote dans l'urine est assez lixe ; il est en moyenne de 2,8 p. 1. Il semble indiquer que la source du sucre déperdu est dans la destruction des albuminoïdes.
c. Échanges pulmonaires. — Les échanges par le poumon ne sont pas modifiés. Le quotient respiratoire, contrairement à ce qu’on pourrait supposer, ne subit aucun abaissement, du fait de 1 établissement du diabète.
III. Etat du glycogène hépatique. — Chez l'animal normal, le glycose de l’alimentation est retenu par le foie qui en constitue sa réserve de glycogène. Chez 1 animal et le malade atteint de diabète grave, il n’en est plus de même; le glycose ingéré est éliminé (quand le rapport du sucre à l’azote atteint 2,8 p. 1 dans le cas de régime carné exclusif) et se retrouve en surplus dans 1 urine. Fait inexpliqué, certains sucres autres que le glycose sont beaucoup mieux retenus : tel le fructose (Kllz, Minkowski), qui peut constituer un abondant dépôt de glycogène dans le foie (Minkowski); tel encore le lactose qui, ingéré par les diabétiques, ne se retrouve pas dans leur urine (Bourqlelot etTaoisiER). Dans le cas du saccharose, la moitié est retenue (le lévulose), l’autre moitié seulement se retrouve dans l’urine (glycosurie). Quand le diabète aüecte des formes plus légères, il peut y avoir utilisation partielle du glycose et reconstitution du glycogène, plus ou moins suivant les cas.
IV. Effet surajouté de la piqûre du quatrième ventricule. Dans le diabète même grave, alors qu’il semble que la glycosurie soit près d’être maxima, elle ne 1 est cependant pas ; car, ainsi que l a vu Hédon, on peut la faire augmenter encore par la piqûre diabétique du quatrième ventricule. Cette augmentation se produit soit dans l’état de digestion, soit dans l’état de jeûne. Chez un chien ayant au régime de pain une glycosurie de 100 grammes p. 1000, la piqûre fit monter ce chiffre à 150 p. 1000.
Théories du diabète pancréatique. — line explication rationnelle et légitime de cet ensemble de laits, en d’autres termes une théorie du diabète, seiail un précieux appoint pour la connaissance de cette fonction primordiale et complexe pue nous appelons la nutrition, (/est. ce quont bien senti tous ceux qui ont répété ces expériences. Malheureusement les laits, malgré leur é\ idem e, n’ont pas encore cette signilicalion qui les fait parler deux-mêmes et impose 1 explication qui leur convient. On a l’impression que celte explication ne viendra (pie de leur rapprochement avec d’autres faits qui nous sont encore inconnus.
L’équilibre glycémique dépend, avant tout, dune balance bien établie entic la production et la dépense sucrées de l’organisme. Dans le diabète cet équilibre est rompu ; il y a hyperglycémie. Est-ce la dépense qui est diminuée? Est-ce la
L’ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE; LA GLYCOGÉNIE
production qui est augmentée? Et, si nous admettons l’une ou l’autre hypothèse, quel sera le mécanisme de la perturbation? Tel est le thème développé dans les différentes théories proposées. La solution diffère suivant les tendances des auteurs. A aucun il n’a échappé qu’elle comporte, dans chaque cas, une part d’arbitraire. Nous devons les exposer brièvement.
a. Consommation diminuée. — Pour plusieurs le diabétique est un malade qui restreint sa dépense de glycose. Comment cette dépense est-elle liée à 1 intégrité du pancréas? Lépine a proposé l’explication suivante. — On sait que dans le sang tiré des vaisseaux le glycose se détruit rapidement. Cet auteur a montré que cette destruction cesse d’avoir lieu quand Je sang est soumis à une leinperature.de 5’J°> ce cIui ne Peut s’expliquer que par la destruction d’un ierment, qu il appelle glycolytvjue. La source de ce ferment serait le pancréas, qui normalement le verserait dans le système vasculaire, sous la forme d'une sécietion interne, analogue à celle du glycose lui-mème dans la glande hépatique.
Les objections à faire à cette explication sont les suivantes: 1° On ne réussit pas à isoler du pancréas un ferment ayant la propriété glycolytique, ni aucune substance qui, ingérée ou injectée dans les vaisseaux, diminue l’intensité du diabète (Uugounenq et Doyox). 2» Le ferment glycolytique, dont l'existence n'est pas douteuse dans le sang un certain temps après son extraction, n’y préexiste l»as, mais paraît excrété par les globules blancs, comme celui qui produit la coagulation (Arthus). — On peut encore remarquer que le lieu de la consommation du glycose n’est pas le sang, mais les tissus. Lépine admet à cet égard que le lieu de l'action du ferment, convoyé par le sang, peut être l’ensemble des tissus.
è. Pi oduction exagérée. Pour beaucoup le diabétique est un malade qui exagère sa production' glycosique, en la portant au delà de ce que réclame la consommation tissulaire : d'où hyperglycémie et décharge parle rein. — Chauveau et Kaufmann, par des dosages comparatifs du glycose dans les artères et les veines du système aortique, trouvent que chez les chiens dépancréatés et diabétiques la consommation de glycose n’est pas diminuée ; ils en concluent à une surproduction non commandée par le fonctionnement des organes. La fonction du pancréas serait de proportionner la glycogénèse hépatique à la glycolvse tissulaire. Ce mécanisme régulateur s’exercerait par un cycle nerveux, ou mieux vasculo-nerveux. Le pancréas serait frénateur du foie, organe glyco- formateur. Le premier de ces organes déverserait dans le sang un produit capable d’agir convenablement sur les centres inhibiteurs et excitateurs du second et l’équilibre glycémique serait ainsi maintenu. 11 deviendrait impossible quand on extirpe le pancréas.
Des objections sont également venues à la traverse de cette manière de voir. Kaufmann a vu que la section de tous les nerfs du foie ne change pas les conditions de la production du diabète. Sur des chiens dont le foie a perdu ses connexions nerveuses l'ablation du pancréas a ses effets habituels. L’influence lrenatrice serait donc directe et s’exercerait surtout par voie vasculaire. Ajoutons que l'exagération de la glycogénèse chez le diabétique n’est pas direcment prouvée, mais plutôt déduite, aussi bien que la diminution delaglycolyse dans la théorie précédente, et cependant l'hyperglycémie et la glycosurie existent.
Diabète rénal. — Une troisième théorie consisterait à demander au rein I explication de ce déséquilibre. Lépine insiste sur ce lait qu’il peut y avoir un diabète rénal. Dans la régulation de la glycémie le rein remplit la fonction
LA GLYCOGÉNIE ET LE SYSTÈME NERVEUX
d'un trop plein. Quand dans le sang artériel le sucre atteint la proportion de 3 p. 1000, la glande rénale se laisse traverser par ce corps en excès, pour éviter son accumulation indéfinie; mais, de même que la perméabilité rénale peut être variable pour les médicaments et diverses substances, elle peut l'être pour le glycose. L’augmentation de la perméabilité du rein peut donc attirer le glvcose dans l’urine, indépendamment de toute modification du côté de la consommation ou de la dépense.
L'etTet diabétique de la phloridzine est expliqué par une action de ce genre. Mais il faut réfléchir que le déplacement d’un trop-plein dans la hauteur d un réservoir ne peut avoir qu’un effet temporaire. Un régime régulier ne tarde pas à s'établir en regard du niveau plus ou moins abaissé qui sera ici le taux de la glycose du sang. Un diabète rénal à la fois permanent et intensif supposerait une formation de sucre par le rein lui-même, ce qui ne saurait guère s’admettre de cet organe même modifié par la maladie.
Relation possible entre les muscles et le pancréas. — Cohxheim a récemment fait connaître un fait qui peut-être se rattache à l’explication du diabète, mais qui, en tout cas, présente un intérêt certain; car il met en évidence une des conditions qui président à la destruction du glycose par le tissu musculaire. Le protoplasme des muscles a, ainsi qu’on sait, le pouvoir de détruire le glycose qui lui vient du sang (ou, ce qui revient au même, le glycogène qu’il s’est constitué à l’état de réserve). Mais ce pouvoir ne se vérifie que dans le muscle vivant et à la sollicitation de ses nerfs moteurs. Du glycose mis en présence de la substance musculaire hors de ces conditions restera intact. Cohxheim établit que, si on retire du pancréas et du muscle des liquides dépourvus de tous éléments cellulaires, ni l’un ni l’autre de ces extraits n’est capable de détruire le glycose; mais, si ces liquides sont mélangés pour être mis à agir simultanément sur le glycose, il y a de celui-ci une destruction attestée par la réduction de la liqueur cuivrique. Le passage d’un courant d’air active la destruction.
G. — LA GLYCOGÉNIE ET LE SYSTÈME NERVEUX
Pour rattacher entre eux, les harmoniser, tant de phénomènes et tant d’organes, et aboutir à cet équilibre chimique mobile qui est au fond de la nutrition, il faut évidemment la participation du système nerveux, l’intervention de la sensibilité, qui lait que tout écart sert d’excitant à un phénomène compensateur qui ramène aussitôt les choses à leur taux normal. Le système nerveux règle la constante glycémique , comme il règle toutes les autres constantes de notre organisme. Nous pouvons ajouter que ce c’est pas telle ou telle partie déterminée de ce système qui gouverne cette fonction à l’exclusion de toutes les autres, pas plus qu’on ne saurait exclure un seul des organes d’une participation plus ou moins lointaine on médiate à cette fonction. La différence entre eux réside seulement dans une spécialisation plus ou moins grande a cet égard et leur rapport plus ou moins direct avec le phénomène essentiel qui est désigné par le nom donné à la fonction. Et cette remarque est générale. Chaque organe pris individuellement est relié a tous
L’ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE; LA GLYCOGÉNIE
les autres, a des degrés divers, et à des points de vue fonctionnels également divers.
I. Cycles énergétiques réglés et harmonisés par le cycle nerveux ou excitateur. — L’acte particulier que chacun réalise est préparé de différentes façons à la fois parallèlement et successivement dans d’autres organes, puis continué sous des formes également diverses (transformation de substance et d énergie) de nouveau dans d autres organes, au cours d’une sorte de circulus à la lois continu et accidenté, dont le sens est défini, toujours le même. Le système nerveux intervient très activement pour régler ce circulus, lui donner son sens, le maintenir dans ses limites, sa régularité : etcelaille fait par un autre circulus qui lui est propre, circulus qui ne déplace pas de substance et pour ainsi dire pas d’énergie, mais qui a le double pouvoir suivant : 1° de représenter en lui l état des organes à tout moment par les excitations ou avertissements qu il en reçoit; 2° de les diriger dans leur fonctionnement et les ramener à la normale par les excitations qu’à son tour il leur fournit ou, si l’on aime mieux, qu’il leur fait échanger entre eux, en intervenant lui-mème dans ces échanges pour leur donner leur meilleur effet.
Cycles nerveux partiels différenciés en vue des fonctions spéciales.
Si, en principe, tout le système nerveux coopère à la fonction glycogénique, parce que cette fonction se ramifie dans toutes les autres, il y a évidemment des distinctions essentielles à établir de ce point de vue entre ses parties, toutes n y coopérant pas de la même façon ni avec la même activité ou la même nécessité. En premier lieu, il laut classer les rapports qu’il a avec le /oie, organe en quelque sorte central de la fonction considérée; puis d’une façon plus lointaine ceux qu il a avec les organes consommateurs du glycose, en particulier les muscles. On soupçonne d’autre part que son influence peut encore s’exercer par des viscères comme le pancréas, voire le rein, mais d’une façon mal déterminée, en raison de l’obscurité actuelle des fondions de ces organes relativement à la glycogénèse.
2. Rapport d opposition entre laproduction etla dépense ; rôle initial de
la dépense. — En réalité, la constante glycémique dépend d’un équilibre entre la production du glycose par le foie et sa dépense par tous les autres organes, plus spécialement les muscles en raison de leur fonction éminemment énergétique. 11 y a de ce point de vue, opposition entre le premier de ces organes et les autres et par conséquent entre les nerfs directement excitateurs qui les gouvernent. Ces nerfs sont tenus, pour la conservation de l’équilibre, de proportionner leur action excitatrice les uns par rapport aux autres: c'est laproduction qui se règle sur la dépense et non l’inverse; la dépense a le rôle initial dans la succession des phénomènes et celte règle est générale. Manifestement des arcs réllexes doivent exister, qui par l’intermédiaire des masses grises centrales dispensent au toie les excitations et aussi les inhibitions, qui règlent son activité glycogénique sur celle des organes moteurs consommateurs du glycose.
C’est principalement l’innervation du foie qu’on entend désigner lorsqu’on parle de l’innervation glycogénétique.
Ressemblance et opposition entre les fonctions. — Si on ne tient compte que de la destruction du glycogène qui s’opère dans le foie et dans les organes périphériques, tous ces nerfs semblent avoir la même fonction. Si on lait au contraire abstraction du terme glycogène, ils sont en opposition évidente, les uns étant gly co-sécréteurs et les autres glyco-destructeurs.
LÀ glycogénie et le système nerveux.
3. Inégalitéde la dépense dansles organes. — La consommation du glycose (ou du glycogène) est très inégale suivant les (issus et elle s'y montre parallèle à l’intensité de la fonction énergétique de ces (issus ou, ce qui revient à peu près au même, à leur pouvoir thermogène. En tète se place le tissu musculaire , dans lequel manifestement la destruction de cet hydrate de carbone aboutit à la formation de l’acide carbonique. On pourrait dire en d’autres mots : la fonction énergétique appartient à tous les tissus, mais très inégalement, et c’est le tissu musculaire qui la représente au premier degré.
I. Expérience initiale, piqûre diabétique. — Les rapports de la glycogénèse avec le système nerveux ont été pour la première fois mis en évidence par Cl. Bernard au moyen de sa classique expérience de la piqûre diabétique. Une lésion très circonscrite du plancher du quatrième ventricule dans un point médian, compris entre les origines des nerfs de la huitième et de la dixième paire, produit en même temps que la polyurie, Y hyperglycémie et le passage du glycose dans l'urine. Les éléments nerveux, par lesquels se fait la liaison de ce centre avec le foie, descendent par la moelle cervico-dorsale, gagnent dans le grand sympathique les filets d’origine du nerf grand splanchnique et vont au foie par l’intermédiaire des ganglions semi-lunaires du plexus solaire.
1. Centres multiples superposés. — Le point sus-désigné fait partie dune région de la substance grise bulbaire, qui tient sous sa dépendance un grand nombre de fonctions ou de mécanismes de l’ordre sécréteur et vaso-moteur, c’est-à-dire de phénomènes du même ordre ou avec lesquels la fonction glycémique peut avoir des relations. — Ce centre à siège bulbaire est remarquable, parce que, soit à cause de sa condensation anatomique, soit à cause de son importance réelle, il est celui par lequel on agit le plus puissamment sur la glycogénèse ; mais il n’est certainement pas le seul. Soit au-dessus, soit au-dessous de lui, il en existe d’autres, marqués ou par l’expérience ou par les données de l’anatomie, qui sont comme des relais échelonnés que l’excitation peut atteindre ou traverser suivant les cas et qui établissent des relations variées entre les nerfs du foie et un grand nombre de voies nerveuses de provenances diverses. Les noyaux d’origine des nerfs du foie sont, comme ceux de tous les viscères, dans les ganglions du grand sympathique (g. caténaires, intermédiaires ou terminaux). Ces noyaux sont rattachés à la moelle épinière allongée et même au cerveau par des fibres de projection d’un deuxième ordre, qui, en raison de leurs rapports multipliés à l’intérieur du système nerveux, mettent celui-ci pour ainsi dire tout entier au service de chaque fonction prise individuellement (Voyez Innervation, grand sympathique).
2. Effet excitateur de la piqûre. — L’hyperglycémie qui suit la piqûre du plancher bulbaire est considérée généralement comme étant le résultat d’une action excitatrice de cette piqûre. On se fonde pour l’admettre sur le lail que, 1° la lésion est très limitée, par conséquent très peu destructive et que, 2° l’hyperglycémie et la glycosurie (pii en est la conséquence disparaissent après quelques heures. En réalité, on n’a point de preuve absolue que cette lésion soit de nature purement excitatrice, surtout si l’on sait que, dans des centres de
Morat et Dovox. — Phy?iologie. L L1
L'ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE ; LA GLYCOGÉNIE
cette nature, les éléments inhibiteurs côtoient souvent de très près les éléments positivement excitateurs. Ce qui est certain, c’est que l’équilibre des forces nerveuses est de ce fait rompu et aussi qu’après un temps de surprise il peut se rétablir, grâce au peu d’étendue de la lésion.
3. Trajet de l’excitation. — Si on sectionne préalablement les deux vagues, la piqûre bulbaire n’en a pas moins son effet habituel. Si, par contre, on sectionne la moelle épinière entre les origines du splanchnique et celles du phrénique (pour ménager la respiration), la piqûre est alors sans effet sur la glycogénèse (Cl. Bernard). C'est la preuve que la transmission de l’effet bulbaire se fait essentiellement (sinon exclusivement) par la moelle épinière et le grand splanchnique.
4. Nerfs vaso-moteurs et sécréteurs.- — On a considéré pendant longtemps le phénomène de la sécrétion (externe ou interne) des glandes comme dépendant directement de la circulation et suivant étroitement les variations de celle-ci. I ltérieurement, des expériences faites sur la glande sous-maxillaire montrèrent la dissociation possible de ces deux phénomènes. En principe, on doit donc admettre pour le foie deux ordres de nerfs (dont les fibres sont, il est vrai, mélangées dans les troncs nerveux allant à ce viscère), qui les unes vont se terminer dans les vaisseaux de cet organe et les autres dans ses cellules glandulaires constituantes.
Les nerfs vaso-moteurs du foie sont hors de conteste et se démontrent au moyen des changements circulatoires qu’on peut provoquer dans ce viscère par l’excitation des splanchniques. Les nerfs qui gouvernent la sécrétion glycogénique ne peuvent se reconnaître que par les modifications chimiques apportées à la comppsition des cellules du foie (destruction plus ou moins grande de son glycogène) ou à celle du sang (enrichissement plus ou moins grand en glycose), lorsqu’on excite les troncs nerveux qui sont censés contenir ces éléments à fonction sécrétoire. L’existence indépendante de ces deux ordres de nerfs à éléments confondus se tire d’expériences, dans lesquelles on a pu faire varier isolément l’un ou l’autre des deux phénomènes ou les faire varier dans des sens différents ou encore inégalement.
Leur dissociation expérimentale. — L’excitation portée sur le splanchnique (avec les courants induits alternatifs ordinaires) provoque à la fois une constriction de ses Aaisseaux, c’est-à-dire une diminution de sa circulation propre et une hyperglycémie, due incontestablement à l’exagération de sa fonction glycogénique. On peut déjà en conclure que le phénomène de sécrétion glycosique n’est pas lié étroitement à l’activité de la circulation hépatique, qu’il représente au contraire un acte capable de varier d’une façon indépendante. Et il est logique d'admettre que le splanchnique renferme des éléments les uns vaso-constricteurs, les autres g ly co-sécréteurs (Morat et Dufourt).
Remarque. — Le fait, que l’excitation artificiellement faite de ces deux ordres d’éléments contenus dans le tronc du splanchnique modifie en sens inverse la circulation du foie et sa fonction glycogénique, ne prouve point que, dans l’activité normale de l’organe, les choses se passent ainsi. D’autres nerfs vasomoteurs, les vaso-dilatateurs, interviennent alors parallèlement aux sécréteurs, excités qu’ils sont dans ce cas par des voies physiologiques et non sur leur trajet, comme dans l’expérience en question.
5. Nerfs glyco-sécréteurs. — On peut encore démontrer l’existence indépendante des nerfs glyco-sécréteurs par l’expérience suivante, dans laquelle le phénomène circulatoire est complètement éliminé. L’aorte est liée au-dessus du
LA GLYCOGÉNIE ET LE SYSTÈME NERVEUX. 227
diaphragme pour supprimer toute circulation dans le foie; on met la moelle et le bulbe en état d'excitation asphyxique par suppression de la respiration et cet te excitation se transmet au foie par les splanchniques. Seulement un lobe du foie a été séparé et laissé en place comme témoin, ne recevant pas les excitations du système nerveux. On dose ensuite le glycogène comparativement dans les parties excitées et non excitées. Les premières renferment constamment plus de glycogène que les secondes. Le système nerveux a donc pouvoir pour provoquer la destruction du qlycoqène hépatique indépendamment de la circulation (au moins pendant un certain temps, car l’indépendance ne saurait être absolue) (Morat et Dufourt) , A