CHAPITRE III
L’ÉVOLUTION PLASTIQUE; L’ASSIMILATION
On compare souvent l’être vivant à une machine. Comme toute machine, il est en effet composé de pièces se transmettant le mouvement, d’organes transformant l’énergie ; mais il se distingue des machines industrielles par le caractère suivant. Dans ces dernières, le cycle énergétique qu elles réalisent peut être aussi compliqué qu’on veut, c’est affaire de construction; mais, le mécanisme une lois construit, son type extérieur et intérieur ne change plus. La machine industiielle a une évolution énergétique, elle n’a pas d’évolution plastique. La machine vivante a tout à la fois l’une et l’autre. Sa forme originelle, sa structure intérieure vont changeant progressivement. De la cellule-œuf quelle était d’abord, elle devient 1 organisme adulte, sous les traits duquel nous nous la représentons de préférence. Et, même quand elle a passé 1 âge de la croissance, alors qu’extérieurement elle ne paraît plus changer, elle est soumise à un renouvellement de ses parties, renouvellement qui a lieu cellulairement pour certains organes et à certaines périodes, moléculairement pour tous et en tous temps. — Dans une machine industrielle, J énergie évolue à travers des organes de composition fixe (étant mis à part les corps qui, par leurs changements chimiques, fournissent l’énergie). Dans la machine vivante, l’énergie évolué a travers des organes soumis eux-mêmes à une évolution intérieure, qui maintient leur forme par un remplacement continu de leur substance moléculairement émiettée et change à la longue celte turme par les écarts qui s introduisent entre l’entrée et la sortie de ce courant moléculaire.
Le cycle plastique ou de la substance rappelle en somme le cycle de l’énerpie , il nen sautait différer fondamentalement, puisque toute mutation de la piemièie s accompagne d une transformation ou d’un déplacement de la seconde ; mais il justifie son nom en ce que les transformations si remarquables de la substance qui le caractérisent se font au prix d’une dépense extrêmement minime d énergie ; tandis qu inversement le cycle dit proprement de l’énergie
s’accuse par une dépense de celle-ci autrement considérable à poids égaux de
substance transformée. Le corps qui, en réagissant avec d'autres (surtout avec I 0'^) gène), déplace d aussi grandes quantités d’énergie, c’est, avons-nous dit, le carbone, l’aliment énergétique par excellence ; le corps qui, par des réactions extrêmement nombreuses et nuancées peut édifier des structures moléculaires complexes (comme celle de l’albumine) et, par la complication crois-