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ANALYSE DU PROCESSUS NUTRITIF

santé de celles-ci, édifier la trame des tissus, c’est l'azole, l’aliment proprement plastique.

Les trois cycles de l’organisation animale. — Plus exactement et en laissant de côté toute métaphore, il y a un cycle à la fois matériel et énergétique du carbone qui, du point de vue de sa fonction semble n’exister que pour fournir l’énergie ; il y a parallèlement un cycle également à la fois matériel et énergétique de l'azole qui, du point de vue de sa fonction, s’emble n'exister (pie pour l'organisation de la substance. Rappelons qu’il existe un troisième cycle, qui, comparé aux deux autres, n’est ni matériel, ni proprement énergétique, qui suit un chemin tracé, non plus dans les organes en général, mais dans un système particulier, le système nerveux, et qui est le cycle de l’excitation. Naturellement ce dernier n’est pas sans relations avec les précédents, pas plus que ceux-ci sont indépendants l’un de l’autre, mais le cycle d’excitation présente avec le cycle énergétique un rapport particulier qu'on ne lui connaît pas avec le cycle plastique ; il lui est superposé et le gouverne dans son exécution. La dépense du carbone est commandée et réglée directement par le système nerveux; le travail d’organisation et d’entretien des tissus parait soustrait à son influence, ou, pour mieux dire, ne la subit qu’indirectement.

J. — Analyse du pr'ocessus nutritif.

1. Assimilation et désassimilation. — L'assimilation est le phénomène en vertu duquel les substances qui, du milieu, pénètrent dans l’être vivant, prennent la composition de celles de cet être. De dissemblables, ces substances, peut-on dire, deviennent non seulement semblables, mais identiques à celles de l’être vivant et, on peut ajouter, se rattachent à elles comme dans un tout continu. L'assimilation comporte donc, avant tout, l’idée d’un changement d'ordre chimique des substances absorbées et d’une liaison également du même ordre de ces substances avec la matière vivante préexistante. Le milieu ne fournit que des éléments; l'être vivant donne à ces éléments le groupement particulier qu’ils ont en lui et finalement les fusionne à lui.

Le sens du changement qui s’opère dans la substance du milieu, pourdevenir celle de l'être vivant, est donc de nature constructive, autrement dit synthétique. L'assimilation est une synthèse, dans le sens réel et profond du mot. En apparence, il est vrai, les choses ne se présentent pas toujours ainsi. La substance offerte par le milieu est tantôt plus simple, tantôt d’égale complexité, tantôt même d’une complexité moléculaire supérieure à celle de l'être qu’elle doit renouveler; et l'on a pu croire que l’assimilation, suivant les cas, consiste tantôt en une édification, tantôt en une transposition pure et simple, tantôt même en

une transformation analytique des substances variées qui servent d’aliments; mais un examen plus approfondi des faits démontre qu une telle diveigeme n’existe pas et se heurterait même à des impossibilités.

Un peut poser le principe suivant : l'être virant n'utilise aucune des structures qui sont mises à sa disposition ; que ces structures soient de l'ordre histologique, ou qu’elles soient de l'ordre simplement moléculaire, il commence par les détruire et les ramener à des éléments d un ordre inférieur, etc est a\ ec ces éléments seulement qu'il édifie à neuf sa propre substance. Des faits de jour en jour plus nombreux montrent que c’est ainsi qu'il procède. Ce qui, dans bien des cas, nous masque la réalité, c’est que la destruction et la reconstruction s’opèrent simultanément et côte à côte. L'état initial et 1 état final de la ttansloi malion

L’EVOLUTION PLASTIQUE; L’ASSIMILATION

sont les seuls termes nettement accessibles à notre observation ; lorsqu’ils sont voisins 1 un de 1 autre, ils nous donnent 1 illusion d’une simple mise en place de substances en quelque sorte déjà organisées. A voir les choses de plus près, on reconnaît que c’est impossible. Les aliments, les principes immédiats alimentaires peuvent être semblables, équivalents, isomériques même à ceux qu’ils doivent remplacer dans les tissus; ils ne leur sont jamais identiques. Pour cette seule raison déjà, l’être vivant est obligé de les décomposer pour les reconstruire à son usage particulier.

2. Caractéristique individuelle des éléments morphologiques et des principes immédiats. — Comme l'avait déjà remarqué Cl. Bernard, les substances composantes d un être vivant portent la caractéristique de cet individu. Cette caractéristique n’est pas seulement de l’ordre histologique, elle est aussi de l’ordre chimique. Tous les éléments (musculaires, nerveux, etc.) se ressemblent entre eux généralement, mais ils diffèrent aussi par certaines particularités d un individu a 1 autre, même dans des espèces très rapprochées. Les principes immédiats (albuminoïdes, graisses, hydrates de carbone, etc.) se ressemblent aussi et plus étroitement encore, envisagés en général; mais ils ne sont pas identiques, comme nous l’apprend leur étude physique et chimique, et nullement interchangeables directement, comme le démontre d’autre part l'expérience. Pour certains d’entre eux, tels que les albuminoïdes, le maintien de leur composition moléculaire est lié à des conditions si délicates que, une fois en dehors de l'animal auquel ils appartenaient, ils sont déjà modifiés et, si on' les réinjecte à cet animal, sont éliminés comme substances étrangères.

3. L état initial vrai à partir duquel se fait la construction assimilatrice ; variation; incertitude. — Jusqu’à quel degré est poussée la destruction préalable de ces principes et quels sont, dans chaque cas, les groupements élémentaires à partir desquels se fait leur reconstruction dans le protoplasme vivant, cest cequil n est souventpas lacile de dire, pour les raisons mêmes qui viennent d’être indiquées; mais la règle posée n’en doit pas moins être considérée comme générale, et le phénomène d’assimilation a la même expression d ensemble chez tous les êtres à tous les degrés d’organisation.

La désassimilation est le phénomène inverse de l’assimilation qui, combinée avec elle, entretient dans l’être le llux perpétuel de substance et d’énergie d'où dépend avant tout la vie. Elle est d’ordre par conséquent analytique , ramenant la composition moléculaire de la substance vivante à un état, également fixe, différent pour chaque être plus ou moins simple ou complexe, mais gardant elle aussi une expression générale à travers ses cas particuliers.

4. Assimilation plastique et assimilation énergétique. — Les principes chimiques que l’être vivant s’assimile sont, au point de vue biologique, les uns plastiques , c’est-à-dire étroitement constitutifs du protoplasme vivant, les autres énergétiques , c’est-à-dire accumulés en lui à l’état d’enclaves et destinés à fournir, à un moment donné, l’énergie que le protoplasme utilise pour l'exécution de ses fonctions. Les premiers sont des corps azotés quaternaires , dits protéiques ou albuminoïdes ; les seconds des corps carbonés ternaires, les graisses et les hydrates de carbone. Les uns et les autres sont spéciaux à l’individu auquel ils appartiennent et on peut admettre, comme règle générale, qu’ils se forment par synthèse, puis se détruisent par voie analytique. Ils subissent les uns et les autres une assimilation suivie de désassimilation; mais avec cette différence que, pour les premiers, l’assimilation va par condensations croissantes, jusqu’à 1 organisation proprement dite, c'est-à-dire jusqu'à la constitution d’éléments

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