CHAPITRE PREMIER
LA CONTRACTION
Dans les êtres pluricellulaires plus ou moins différenciés, le phénomène de la contraction ou, si 1 on veut, 1 attribut de la contractilité prend une forme tout à fait significative dans une espèce cellulaire particulière, qui constitue par sa répétition le tissu musculaire. Le mouvement diffus du protoplasme s’oriente dans les cellules du muscle, suivant un sens défini toujours le même : il acquiert de ce fait une grandeur et une régularité qui le rendent évident aux yeux. Partout en effet ou existe quelque mouvement bien apparent, c’est un muscle, autrement dit un ensemble de libres musculaires, qui 1 exécutent. C est donc la contraction musculaire qu’il faut étudier en premier lieu. Une fois bien défini le procédé qui est à 1 origine du mouvement, nous comprendrons facilement l’usage qui en est fait dans chaque fonction motrice particulière, la variété de ces fonctions s’expliquant par les combinaisons si diverses réalisées par l’association des muscles en vue de lins différentes. D’un autre côté, si la contraction musculaire repré¬
sente dans l’organisme vivant le procédé moteur le plus caractéristique et le plus usuel, celui-ci n’est pas le seul : a côté de lui nous trouvons des procédés moteurs tout aussi différenciés dans leui genre, adaptés à d’autres lins et tout aussi réguliers; par exemple le mouvement des cils vibratiles de certains épithéliums. 11 y a plus, l’énergie initiale, qui dans le muscle aboutit à la production d un mouvement mécanique, c’est-à-dire massif et bien visible, par
FONCTIONS CELLULAIRES
suite d’une déviation fonctionnelle de l'organe transformateur chez certaines espèces animales, dégage une énergie autre que mécanique, par exemple de X électricité dans l’appareil spécial de la torpille et autres poissons dits électriques, ou de la lumière chez certains végétaux et animaux, tels que le ver luisant de nos contrées.
Ainsi l’énergie iinale que l’être organisé restitue au monde extérieur peut affecter des formes équivalentes, dans certaines desquelles le mouvement proprement mécanique fait défaut, et ces différentes différenciations dynamiques sont corrélatives des différenciations structurales des éléments qui l’emploient. L’analyse de ces dynamismes fonctionnellement différenciés ne s’éclairera que par la comparaison que nous en ferons avec la contraction musculaire, qui est d’un type à la fois plus répandu, plus accessible à nos moyens d’investigation et partant mieux connu.
Origine embryologique du tissu musculaire.
— Elle est dans le mésoderme (feuillet moyen du blastoderme), dans la couche supérieure ou corticale des prévertèbres où existe une lame (dite musculaire) formée de cellules plus ou moins fusiformes ( myoblastes i) qui n’existent tout d’abord qu’en cet endroit mais qui de là se répandront dans les différentes parties du corps (bourgeons des membres) où elles donneront lieu à la formation de masses musculaires. Chacune de ces cellules myoblastiques, d’abord
f ig. - J. Origine du tissu musculaire dans la prévertèbre ; lame musculaire de celle-ci formée de cellules allongées dites myoblastes.
A, ectoderme; B, cellules mésenchymateuses sous-jacentes à l’ectoderme- C lame musculaire (couche dorsale ou corticale de la prévertèbre); D, cellules mésenchymateuses dérivant de la partie ventrale des prévertèbres (d’après Bouchet et Tourneux)