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I. — Osmose à travers une membrane perméable

1. Définition et constatation du phénomène. — Lorsque deux liquides sont séparés par une membrane perméable à tous deux, il se produit deux courants simultanés de sens inverse.

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Fig. 137. — Endos momètre.

Soil un tube dont rexirémité inférieure évasée en entonnoirs est fermée par une membrane animale (de parchemin p. e.).

L'appareil ainsi constitué porte le nom d'endosmomètre. On y place une solution de sucro, puis on plonge le système dans un vase contenant de Teau. Au bout de quelque temps le liquide externe renferme du sucre (exosmose); le liquide interne s'élève dans le tube (endosmose). L'ascension indique la résultante des deux courants inverses (fig. 137).

Si Teau est placée dans le tube et la solution sucrée à l'extérieur, le sens des phénomènes est renversé. Le courant qui va de l'eau vers le sucre est toujours le plus fort et le niveau du liquide s'abaisse dans le tube.

Lorsque les liquides intérieur et extérieur sont des solutions sucrées de même concentration, il n'y pas de déplacement dans le tube, partant, pas de courant d'endosmose. Si les liquides intérieur et extérieur sont des solutions sucrées de concentration différente, on observe que le courant le plus fort va de la solution la moins concentrée à celle qui l'est davantage. Dans de certaines limites la vitesse du courant dépend de la différence des concentrations.

Quand le courant le plus fort va de l'eau à la solution, on dit que l'osmose est positive.

2. Lois de l'osmose à travers une membrane perméable. — a). La solution concentrée se dilue par le fait du courant d'endosmose ; l'autre solution s'enrichit en substance dissoute du fait de l'osmose ; par suite, un moment arrive où les deux solutions sont homogènes.

b) Comme la vitesse d'ascension dépend delà différence des concentrations, la vitesse varie aux divers moments du phénomène.

c) Toutes choses égales d'ailleurs, la quantité de substance qui traverse le septum sera proportionnelle à l'étendue du septum.

d) Elle augmentera si les liquides séparés se renouvellent.

e) La chaleur facilite les phénomènes d'osmose. VéleclricUé modifie quantitativement les courants. Les rayons X paraissent avoir une action (Bordier).

f) Quand on opère, avec une même membrane, de l'eau et des solutions aqueuses diverses, on constate que le courant obtenu diffère d'intensité avec les diverses solutions. Ce fait prouve qu'il y a une action spéciale due aux substances considérées.

g) Le courant le plus fort ne va pas toujours de l'eau vers la solution, autrement dit l'osmose n'est pas toujours positive. Avec des solutions d'acides on peut provoquer une osmose négative.

h) Certaines substances, les cristalloïdes, traversent les membranes animales avec une assez grande facilité; d'autres, les co//oï'ics,diflicilement. Cette propriété est à rapprocher de celle que montrent les mêmes corps au sujet de la diffusion.

i) Le sens du courant le plus fort peut varier avec la concentration de la solution. Il peut y avoir une certaine concentration pour laquelle les deux courants se compensent exactement. Cela se voit avec les solutions d'acides surtout.

Ex. : La densité d'une solution d'acide tartrique à 21 p. 100 est à 15<» égale à 1,1. Si la concentration est plus faible le courant va de l'acide vers l'eau. Si elle est plus forte le courant va de l'eau vers l'acide.

3. Conditions nécessaires pour que Tosmose se produise. — a) Liquides. -— Ceux-ci doivent différer par leur nature et leur concentration. L'un des deux doit être diffusible dans l'autre.

b) Membrane. — Il faut que la paroi soit mouillée au moins par un des liquides en expérience. Cette condition est nécessaire mais elle ne suffit pas. La paroi doit posséder en plus, pour les liquides expérimentés, une certaine affinité encore très mal défmie.

Ex. : La porcelaine dégourdie est impropre à Tosmose. Par contre, l'argile se prête très bien à ces phénomènes. Or, ces deux substances ont une constitution chimique et physique très analogue. L'une et l'autre sont des silicates d'alumine, l'une et l'autre sont poreuses, perméables à l'eau et aux solutions salines et permettent la filtration. Une seule propriété les sépare nettement : l'argile, ou plutôt l'alumine qui en est la base, relient l'eau avec une telle force qu'elle n'en est privée que par le feu le plus violent et le plus soutenu. Les membranes animales, d'après Dutrochet, seraient dans ce cas.

Pour des liquides donnés, intérieur et extérieur, le sens du courant le plus fort varie avec la membrane.

Ex. : Soit deux liquides, de l'alcool et de l'eau, séparés dans un cas par une membrane animale, dans un autre par une membrane de caoutchouc. Dans le premier cas l'eau va vers l'alcool ; dans le second l'alcool va vers l'eau.

Pour des liquides donnés, intérieur et extérieur, les phénomènes varient avec Vétat de la membrane : humidité, dessiccation, traitement préliminaire par l'alun, le tanin, l'acide chlorhydrique, etc.

Les phénomènes varient suivant que c'est l'une ou Vautre face de la membrane animale qui est en contact avec l'un des liquides.

Quand au lieu d'un solvant et d'une dissolution faite avec ce solvant, on opère avec deux solutions différentes, les phénomènes se compliquent énormément. Ils varient avec les différents liquides quantitativement et aussi qualitativement.

Ex. : L'albumine dialyse difficilement quand le liquide extérieur est de l'eau. Elle passe en plus grande quantité vers les solutions salines. Si la concentration s'accroit, on constate que la quantité d'albumine qui passe croit aussi, passe par un maximum pour une concentration donnée, puisdiminue ensuite (vonWitticii. Mûller's Arch. 1858).

Une solution de sucre à 1 p. 16 attire l'eau. Si l'on ajoute à cette solution sucrée un peu d'une solution d'acide oxalique à i p. 16, le sucre va vers l'eau

(DuTROdlET).

Une petite quantité de morphine suffit à modifier le sens du courant de l'osmose (Poiseuille). Heidknhain a constaté des faits comparables avec le fluorure de sodium sur l'animal vivant.

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