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Principes de cryoscopie

Quand on dissout un corps dans un liquide convenablement choisi et sur lequel ce corps n'exerce aucune action chimique, on obtient une liqueur donl le point de congélation est toujours plus bas que celui du dissolvant pris isolément. De plus, il y a entre les quantités du corps dissoutes dans un même poids du dissolvant et l'abaissement du point de congélation une relation régulière. Elle s'exprime ainsi : l'abaissement .du point de congélation d'une solution est proportionnel au poids total de la matière dissoute dans un poids constant du dissolvant.

Coefficient d'abaissement. — On appelle coefficient d'abaissement pour un corps déterminé l'abaissement rapporté à l gramme de ce corps dissous dans iOO grammes de liquide (eau, par ex.) : soit C l'abaissement du point de congélation de la dissolution d'un poids P du corps dans 100 grammes de liquide, le coefficient K d'abaissement de ce corps sera :

K=»p ou K = ^.

Le symbole A est souvent employé dans les travaux de biologie à la place de C pour désigner l'abaissement du point de congélation.

Abaissement moléculaire. — Ce coefficient une fois connu, si nous le multiplions par le poids moléculaire du corps considéré, nous donne rabaissement moléculaire, c'est-à-dire rabaissement que déterminerait une molécule de cette substance, si elle était dissoute dans 100 grammes de liquide. En appelant T cet abaissement moléculaire on a :

T = KM ou T = ^xM ou encore T = -xM.

Sa constance pour des substances de même ordre. — Pour les substances appartenant à une espèce chimique définie, cet abaissement est représenté par un chiffre sensiblement uniforme. C'est ainsi que pour les matières organiques la valeur de T est 18,5. Autrement dit, l'abaissement du point de congélation est le même pour toute molécule organique. Ce nombre étant ainsi fixé d'avance, nous déterminons par l'expérience P le poids de la substance en dissolution dans l'eau et C l'abaissement du point de congélation, de la dissolution ; le poids moléculaire cherché sera :

,, T „ T TxP 18,5 xP 18,5XP

M=^ ou M = ^==-j^^ ^r- ou — j— .

Examen eryoscopique de Turine. — On peut par les moyens ordinaires cryoscoper l'urine pour connaître le nombre total des molécules qu'elle contient : mais on peut d'une façon détournée établir le nombre de ses molécules organiques, ainsi que Ta fait Bouchard. Ce dernier renseignement a une valeur plutôt clinique. Les opérations sont les suivantes : Déterminer le poids des matériaux

L'URINE. 49i

solides de Turine ; doser le chlorure de sodium. Déterminer le point de congélation de Turine (après dilution à i/2 ou même i/5, si c*est nécessaire, pour éviter certaines précipitations). Retrancher des matières solides le poids du chlorure de sodium, pour avoir le poids des matières élaborées (déchets de la nutrition). Retrancher parallèlement du degré de congélation le nombre de degrés (en centièmes) qui représenterait l'abaissement du point de congélation, si le chlorure de sodium était seul dans la dissolution. On a alors le nombre cherché exprimant le poids moléculaire moyen des substances organiques contenues dans Turine.

Poids moléculaire moyen chez Thomme sain et chez Thomme malade. — Chez rhomme sain ce nombre s*éloigne peu de 60 (en moyenne 62 à 63). Chez presque tous les malades le poids est supérieur et varie de 68 à 112. Il est élevé dans la tuberculose, dans la fièvre typhoïde, la pneumonie, la goutte, la syphilis; il est relativement petit dans le rhumatisme aigu. Chez le fébricitant le poids moléculaire, déterminé dans les périodes du nyclémère, suit une marche parallèle à celle de la température et rediminue dans Tapyrexie.

C'est rindice que, dans ces différentes affections, la dislocation de Talbumine, au lieu d'aboutir presque intégralement à l'urée, aboutit pour une part plus ou moins forte à des corps formés de molécules plus grosses, dont les poids moléculaires particuliers relèvent la moyenne de l'ensemble. C*est, en dautres mots, l'indice que l'albumine n'est pas utilisée comme elle devrait l'être et que la nutrition est en souffrance.

Remarque. — Les nombres ainsi établis ne peuvent être que des approximations et tirent leur principale valeur de la comparaison. En dehors des chlorures, dont la part est faite par un calcul séparé, les espèces chimiques existant dans l'urine n'ont pas toutes le même abaissement moléculaire. A vrai dire, les espèces pour lesquelles la valeur de T s'éloigne le plus du chiffre adopté (18,5) tiennent peu de place dans le mélange. D'autre part, le coefficient d'abaissement n'est pas indépendant du degré de dilution des substances dans le véhicule, mais est susceptible de varier avec lui. Comme l'intérêt qui s'attache à ces déterminations est surtout dans leur valeur relative, on éliminera cette cause d'erreur en ramenant toujours Turine au même degré de dilution.

Relations entre le poids moléculaire moyen de Turine et l'état de la nutrition. — Le renseignement direct fourni par la cryoscopie, c'est le poids moléculaire moyen des substances en solution dans l'urine. Le renseignement qu'on lui demande par voie indirecte, c'est l'état de la nutrition. On admet en conséquence qu'il y a une relation entre ces deux choses. Le rein est l'émonctoire par lequel s'élimine l'azote de l'albumine (dont le poids moléculaire est voisin de 6 000) après transformation de celle-ci en corps plus simples, marquant le terme de son évolution. Ces corps sont en premier lieu l'urée, dont le poids moléculaire est 60; ce sont d'autre part des corps de constitution analogue mais plus lourds, tels que la créatinine (poids moléc. = 113), l'acide urique (p. m. — 168), l'urobiline (p. m. = 592), une ptomaine (p. m. = 1021).

Substances azotées. — Dans ce partage de ïazote entre les corps qui le représentent dans l'urine, plus forte est la part de fiirée, plus faible sera le poids moléculaire des corps de Vurine et plus parfaite sera la nutrition. Inversement, si les autres corps azotés sont avantagés, le poids moléculaire augmente et c est un indice que la nutrition languit.

Sulfates et phosphates. — Le rein est encore un émonctoirc pour le soufre qui vient de Talbumine et pour le phosphore qui vient des nucléo-albumines et des lécithines. Ces derniers corps s'oxydent et fournissent des phosphates et des sulfates, dont les poids moléculaires varient de 120 à 272. La proportion de ces deux corps, variable également suivant Tétat de la nutrition, influe sur Je poids moyen des molécules qui est à déterminer.

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