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E. — CARBONE URINAIRE

Le carbone existe dans l'urine à Tétat minéral et à Tétat organique. — On y trouve en effet des carbonates et di*,s bicarbonates; on y trouve de plus des corps organiques nombreux (urée et corps similaire, corps aromatiques, pigments) dans la constitution desquels le carbone intervient.

I. Carbonates, bicarbonates. — Les aliments contiennent des carbonates et des bicarbonates qui trouvent à s'éliminer par Turine ; mais la quantité de ces sels qui est ingérée avec les aliments est (surtout chez les herbivores) manifestement inférieure à celle qu'on peut déceler dans l'urine. La raison en est que la plupart des acides

organiques, à Texception des oxalates, à savoir : tartrates, citrates, malates, etc., sont oxijdés dans F organisme et amenés à Vétat d* acide carbonique avant leur élimination. Exemple :

AcéUle Carbonata

de potasse. de potasse.

II. Carbone organique. — Chez les carnivores et chez Thorame en général, le carbone de Turino est principalement du carbone organique. Le corps qui le représente surtout est Turée, dans laquelle le carbone est encore de Vacide carboriique uni à des noyaux nmidés (l'urée est une diamide carbonique).

L'urée contient ainsi à la fois de l'azote et du carbone, on pourrait presque dire de l'acide carbonique et de l'ammoniaque. Il faut insister encore une fois sur la provenance de ces deux corps, d'autant que, suivant la remarque de Bouchard, leur rapport de quantité dans l'urine peut nous servir de renseignement sur Tétat de la nutrition.

Les coefficients de la désassimilation albaminoXde. — L^azote urinaire représente Tazole de Talbumine détruite dans Torganisme. On ne s'éloigne même pas beaucoup de la vérité en disant que Tazote urinaire représente toute l'albumine détruite : en réalité, il en représente 95 p. iOO, le reste s éliminant par les sécrétions déversées dans l'intestin (azote fécal). L azote de i'urée représente la majeure partie de Tazole urinaire. On considère que la nutrition est d'autant plus parfaite que la quantité d albumine aboutissant à l'état d*urée

est plus grande, ou, comme on dit, que le rapport azoturique -r-xsûv ^st plus voisin de Tunité. — Elle est languissante quand elle aboutit à la formation de corps intermédiaires, tels que acide urique, créatinine, ptomaînes, etc., dont la présence dans Turine contribue d autre part à augmenter sa toxicité.

Le carbone urinaire (exception faite des carbonates négligeables chez les carnivores) provient de Talbumine détruite. Il ne provient, en tout cas, ni des graisses, ni des sucres, qui, en se transformant en acide carbonique, s'éliminent exclusivement par le poumon. Mais le carbone urinaire ne représente pas tout le carbone de Talbumine détruite ; il ne mesure pas directement, comme l'azote, cette albumine détruite. Tout au plus lui est-il proportionnel, sous certaines réserves, dans certaines conditions.

En comparant la formule de Talbumine C^^oll^^Az^'^O*^ à celle de l'urée COAz*H*, on voit combien Talbumine a perdu de carbone en devenant urée. Qu'est devenu ce carbone? Il a été employé à former de la graisse ou du glycogène, lesquels, en se comburant, forment de l'acide carbonique qui s'élimine par le poumon. — Néanmoins, disons-nous, si la ration alimentaire était fixe dans sa quantité et ses proportions, si la consommation du tissu était régulière, ainsi que leur renouvellement, si surtout la marche des réactions, qui acheminent l'albumine à travers ses dislocations et transformations successives jusqu'à l'état d'urée et de corps similaires, était constante, le rapport de proportionnalité une fois fixé entre le carbone et l'azote urinaire, on pourrait

prendre à volonté l'un ou l'autre de ces corps pour mesure de la désassimilation dans Torganisme. Dans de telles conditions, en effet, les difîérenls coefficients

TJôûî» c*»*^*' A totoi seraient des nombres diuérents mais sensiblement proportionnels entre eux.

Comparaison de ces différents coefficients. — Mais cette fixité, cette régularité, cette constance n'existent pas, ou bien sont sujettes à des fluctuations, à des perturbations soit pathologiques, soit même physiologiques. Et alors, toujours suivant la remarque de Bouchard, leur confrontation est instructive. Elle nous renseigne sur Je degré des déviations de la nutrition et sur le sens de ces déviations.

Dosage da carbone total. — De même que Ton dose dans lurine Tazole total, de même il y a intérêt à doser le carbone total, en même temps qu'on dose également Turée, dont la formule donne le carbone et l'azote contenus dans cette substance. Si on fait parallèlement Testimation de l'acide carbonique de la respiration, on a de la sorte tous les renseignements relatifs à l'évolution du carbone. Le carbone fécal, le seul dont le dosage ne soit pas pratique, est estimé par différence. — Degrez est l'auteur d'une méthode de dosage du carbone total urinaire, dont le principe repose sur la transformation (par des oxydants énergiques) de ce corps en acide carbonique (voyez Biologie, 1897).

Nutrition normale. — La nutrition la plus parfaite est celle qui achemine et finalement amène la plus grande quantité, la presque totalité de lalbumine vers la forme urée, autrement dit, vers un corps qui contient son azote, mais qui s'est débarrassé de la plus grande partie de son carbone, en le dirigeant sur l'intestin et le poumon. Elle se traduit par une valeur élevée des coefficients

^oHo Qarit Qlotal

T-nïïii cl- 7ïï::7:t et inversement par une valeur faible du coefficient .

— Lorsqu'elle est languissante, l'albumine n'aboutit plus aussi facilement ou aussi rapidement à la formation de l'urée. En conséquence, l'urine se charge plus ou moins de ces substances intermédiaires, d'ordinaire transitoires, à molécules plus grosses, à toxicité plus forte et à richesse carbonée plus grande ; acide urique, ptoniaïnes, matières extractives.

Rôle du foie. — L'organe qui a pouvoir pour séparer le carbone de l'albumine et le diriger soit sur 1 intestin, soit secondairement sur le poumon, c'est le foie : les oxydations intra-organiques concourent, du reste, pour leur part, à détourner vers les poumons une partie du carbone des composés azotés capables de subir une combustion tardive (Bouchard). Le foie sait utiliser le carbone de l'albumine pour en faire du glycogène, du glycose qui, comburé dans les tissus donnera de l'acide carbonique s éliminant par le poumon. Il détourne du rein et dirige sur l'intestin, par la bile, des corps riches en carbone et pauvres en azote (acides biliaires) ou même dépourvus d'azote (savons, graisses, cholestérine).

Rapport de l'asotc excrété à Talbumine fixe des tissus. — L'azote total excrété par l'organisme est, comme on le voit, facile à estimer. L'albumine constitutive des tissus peut être évaluée en tenant compte de Vàge, du poids et de la taille du sujet. Le rapport de ces deux quantités sert à mesurer la quantité d'albumine fixe détruite, dans l'unité de temps, pour l'unité de poids de cette albumine (voyez Bouchard, Carbone urinaire et coefficients urinaires, /. de phys, et path. gén,y 1899).

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