D. — CHLORE URINAIRE (CHLORURES
Le chlore dans l'urine est à l'état de chlorures qui y occupent une assez grande place. Ces chlorures proviennent uniquement de Talimentation. Comme Teau, ils paraissent simplement traverser l'organisme ou en tout cas la quantité qui le quitte est égale à celle qui y entre. Ils n'y jouent pas moins un rôle important, notamment le chlorure de sod'nim
Rôle du chlorare de sodium dans ralimentation. — II est de connaissance vulgaire que les animaux herbivores recherchent le chlorure de sodium. Inversement les carnivores répugnent à goûter aux aliments salés. Bunge, qui a complété et généralisé cette observation, en retendant aux peuplades primitives, vivant les unes de la chasse^ les autres du produit du sol, rattache ce besoin du sel chez les herbivores à cette circonstance, que les aliments végétaux contiennent une quantité de potasse trois ou quatre fois plus grande que la viande absorbée par les carnivores et il en donne l'explication suivante. . Les aliments tant végétaux que carnés contiennent une quantité de chlorure de sodium, qui serait suffisante pour entretenir la proportion qui doit en exister dans le sang. Mais, dans Talimentation herbivore, Texcès de potasse (carbonate),, mis en présence du chlorure de sodium, décompose celui-ci partiellement (avec
formation de chlorure de potassium et de carbonate de soude), prive par conséquent le sang et les humeurs de leur chlorure de sodium, d'où la nécessité d'un supplément de ce sel que Tanimal ou l'homme absorbe alors en nature. — D'après Lapicque, si les herbivores ont un besoin très réel de sel de cuisine, ce n'est pas comme aliment mais comme condiment, La pi-euve en serait que certaines peuplades agricoles de l'Afrique centrale y suppléent par des sels de potasse, qu'ils savent extraire des cendres de certaines plantes.
Rôle dang l'éqaililire molécalaire des hnmeurg. — Le sang tend à conserver la même concentration, le même équilibre moléculaire. Vu les échanges continus qu'il présente avec les organes et le dehors, ceci n'est possible qu'à la faveur de certaines compensations. Le chlorure de sodium sert principalement à les établir. Entre lui et les autres substances, il existe une sorte de balancement, tel que si le sang laisse passer ces substances dans l'urine, il lui livre peu de chlorure de sodium (dans la pneumonie par exemple) ; et inversement, s'il garde les autres substances, il livre à l'urine beaucoup de chlorure de sodium
(KORANYl).
Multiples procédés. — Le chlorure de sodium fait donc en quelque sorte l'appoint : il le fait du reste de plusieurs façons. Lorsque la quantité d'eau du sang reste la même, il agit comme on vient de dire, en substituant ses molécules à celles que le sang perd en trop grand excès; ou en laissant déplacer ses molécules par celles des autres substances qui affluent exagérément dans le sang; de manière que celui-ci garde sa concentration moléculaire moyenne. — Lorsque c'est au contraire l'eau qui augmente dans le sang, du fait même de la dilution, le chlorure de sodium, qui est un corps électrolytCj se dissocie en ses tons ou radicaux électro-positifs et électro-négatifs, augmente de la sorte le nombre de ses éléments actifs et tend à combler par ce procédé le vide mole- <:ulaire : inversement, si l'eau fait défaut, les ions libres se condensent et tendent par ce moyen à empêcher la concentration moléculaire (Winter). On a encore élargi cette explication en supposant l'existence dans le sang de combinaisons des matières protéiques avec les sels minéraux et en particulier NaCl, qui sont susceptibles d'éprouver ces dissociations et ces condensations (Fano et
BOTTAZZl).
Dosages volnmétriques. Dosage des chloriires. — Les chlorures en solution neutre sont précipités par le nitrate d'argent (solution titrée dont le volume employé indique la quantité de chlore précipitée). Pour reconnaître le moment précis où la précipitation est terminée, on mélange à la liqueur neutre du chromate de potasse. Lorsque les chlorures sont totalement précipités, et seulement alors, il commence à se former un précipité rouge de chromate 4'argent. Cette méthode, qui parait très simple, est sujette à erreur, parce que l'azotate d'argent peut précipiter des substances organiques en même temps que les chlorures ; d'où la nécessité d'une incinération préalable de l'urine avec les précautions particulières en usage pour les chlorures.
Autre procédé. — Pour éviter cette opération préparatoire, on a recours à Tartifice suivant. L'urine ayant été additionnée d'acide nitrique, on y ajoute une quantité connue d'une solution de nitrate d'argent manifestement supérieure à celle qui est nécessaire à la précipitation des chlorures. Une partie du sel d'argent est à l'état de chlorure d'argent dans la liqueur et l'autre partie (l'excès) est restée à l'état de nitrate d'argent. Filtrons laliqueiur pour la débarrasser du chlorure d'argent et dosons dans celle-ci l'excès de nitrate d*argent non décomposé. En le déduisant (une fois connu) de la quantité totale de
nitrate dVgent employée, nous connaîtrons la quantité qui a servi à précipiter les chlorures.
Dans la liqueur (acidulée par Tacide nitrique) qui contient le nitrate d'argent non décomposé, nous faisons tomber goutte à goutte une solution de sulfocyanure de potassium, qui forme un précipité de sulfocyanure d'argent insoluble. La difficulté étant, ici encore, de reconnaître quand la précipitation est complète, on s'aide de nouveau d'une réaction colorante. Dans la liqueur nitrique d'azotate d'argent on a préalablement ajouté une solution d'un sel de fer. Au moment précis où la précipitation de l'argent est totale, et à ce moment seulement, il se forme du sulfocyanure de fer qui teinte la liqueur en rouge.
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