D. - EXCRÉTION LACTÉE
Le lait est le produit d'une sécrétion temporaire destinée normalement à la nourriture de l'enfantou du jeune. De ce fait il se classe parmi les humeurs excrémento-récrémentitielles, avec cette particularité qu'il est absorbé et utilisé par un organisme autre que celui qui Ta excrété. Sa composition, étudiée à propos des aliments, montre quelles substances quittent l'organisme maternel par la voie mammaire pendant la lactation.
Ëlimination par le lait. — Nombre de substances ingérées par la mère peuvent se retrouver partiellement dans le lait, tels l'iode, les iodures, les bromures, les sels de fer, de zinc, de mercure, des essences odorantes ou non, et sont, de ce fait, absorbées par le nourrisson, d*où certaines indications relatives à rhygiène de la nourrice ou encore à la thérapeutique de Tenfant allaité.
Sécrétion lactée chez Tenfant nouveau-né. — Chez l'enfant nouveau-né, dans les deux sexes il se fait à la naissance une poussée du côté de la glande mammaire, accompagnée d'une courte et minime mais réelle sécrétion du lait, qui peut sourdre à l'expression ; puis la glande sommeille (chez la femme) jusqu'à la puberté. La sécrétion lactée et sa préparation par accroissement de la glande sont liées, comme on sait, à la gestation et la parturition. Elle peut retentir d'autre part sur la composition du liquide urinaire, témoin les glycosuries oulactosuries observées chez les nourrices, principalement si on supprime la lactalion.
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E. — DESQUAMMATION ÉPIDERMIQUE.
I. Rénovation cellulaire. — La destruction incessante, suivio (le rénovation, qui fait le fond de la nutrition, n'est pas seulement d'ordre molécttlaire,, comme celle qui livre les produits solubles de l'urine ou de la sueur. A la surface de la peau, il se fait une rénovation cellulaire des couches de Tépiderme qui desquamment incessamment; certaines parties dépendantes de cet épidémie et qui ont la même constitution que lui, tels que les poils et les ongles, manifestent cette évolution parleur croissance, qui, chez rhomme civilisé, est limitée par des retranchements périodiques.
Kératine. — Bien que le poids relatif des substances ainsi éliminées soit peu considérable et n'entre pas dans lescalculs du bilan nutritif, nous devons indiquer leur nature et leur composition. Elle
est à quelque différence près la môme pour les poils, les ongles et Tépiderme desquamant.
La substance qui en fait le fond est la kératine, Mulder lui attribue la composition : C=^'^ H'"* Az"" 8'°'* 0*^'^* plus 1 à 1,5 de cendrespour 100. Elle ne donne pas de gélatine par la coction et ne contient point d'albumine soluble. Elle jaunit par l'acide nitrique et brunit, en se réduisant par le nitrate d'argent. — IJéléidine^ décrite par Ranvier dans l'une des couches superposées de l'épiderme, est considérée par A. Gautier comme de la kératine en voie de formation.
Mélanine. — Un pigment de nature azoté, contenant des traces de fer, infiltre en plus ou moins grande quantité les cellules épidermiques et, suivant sa proportion, donne sa couleur particulière à la peau des différentes races humaines.
II. Évolution des cellules épidermiques. — Sur une coupe de Tépiderme on reconnaît, dans l'épaisseur de celui-ci, un certain nombre de strates ou couches superposées qui marquent les stades de son évolution. Ces couches se remplacent successivement de la profondeur à la surface, la plus superficielle étant composée d'éléments disjoints qui se détachent mécaniquement par les contacts ou frottements extérieurs, la plus profonde étant de son côté formée d'éléments proliférants, qui en font la génératrice de ce tissu ea perpétuel formation et destruction.
Ranvier dresse le tableau suivant de ces différentes couches. En les désignant par leur caractère le plus saillant et en allant de la profondeur à la surface on a :
Stratum germinati vum ^
— filamentosum > Corps muqueux.
— granulosuin ;
— interuiediuui | Couche séparante.
— luciduin \
— corneum ( Couche cornée.
— disjunctuin )
Une évolulion de ce genre, mais plus compliquée et du reste minutieusement décrite dans les ouvrages d'anatomie, donne naissance aux phanères, tels que les ongles et les poils. — Au point de vue de leur composition chimique ces parties et leurs analogues (sabots, cornes, carapaces des vertébrés), ont une composition très analogueà celle de l'épiderme.
ni. Cheveux; poils. — Il y a à mentionner dans les cheveux leur couleur particulière et variable suivant les races, les climats, et surtout les individus, laquelle dépend de la quantité relative de pigment qu'ils contiennent. Le blanchissement des cheveux est occasionné moins encore par la diminution de ce pigment que par la pro-
(luction (le lacunes infiltrées d'air. Ce blanchissement peut survenir d'une façon subite à la suite d'émotions nerveuses (Landois).
Muscles redresseurs. — Des muscles lisses [arrectores pili) sous-tendent l'angle obtus formé par le poil avec le plan de Tépidermeetont pour effet, par leur contraction, de le redresser, comme il arrive clans la frayeur ; c'est le phénomène dit de la « chair de poule ». Les glandes sébacées en subiraient une compression qui tend à les vider.
Composition des cheveux humains (diaprés Laer).
Carbone
Hydrogène
Azote
Soufre
Oxygène
Cendres
0,37 à 6.7 13 p. 100 environ.
Eau
La minéralisation des cheveux change suivant l'alimentation, l'âge et leur couleur comme le montre le tableau suivant :
Composition des cendres des cheveux (d'après Baudrimont).
Sulfate de soude
— de potasse
— de chaux
Carbonate de chaux —
— de magnésie Chlorure de sodium . . . .
Phosphate de chaux
0x;^dede fer (FeaC^). , .
Silice
traces
IV. Ongles. — Le tableau comparatif suivant montre l'analogie de composition des productions épidermiques de provenance diverse, ongles, sabots, écaille.
Composition chimique de diveî^s tissus épidermiques.
OOLES.