IDÉE GÉNÉRALE
La plus grande partie de son énergie, il la tire, au moment où il en a besoin, d'une réaction oxydante, c'est-à-dire du conflit de l'oxygène avec les principes chimiques qui forment ses tissus. Le combustible (aliments) et le comburant (oxygène) ont des voies difl'érentes de pénétration dans le sang, oii ils cheminent parallèlement (sans réagir) jusqu'aux lieux de leur destination.
Voles de pénétration, de sortie et d'échange. — Les aliments pénètrent par l'intestin, V oxygène pénètre par le poumon. Quant aux produits de la 'réaction qui, dépouillés de leur réserve il'énergie, sont devenus inutiles, les uns (matériaux solides en -dissolution) sont rejetés principalement par les reins, un autre {gaz dissous ou faiblement combiné) reprend pour sortir la voie du poumon : c'est V acide carbonique^ qui s'échange de la sorte à travers la membrane pulmonaire avec l'oxygène de l'air.
Circulation d*oxygëne. — La respiration est donc, comme on voit, une circulation d'oxygène ; le mot circulation étant pris ici non plus dans son sens mécanique, mais bien plutôt dans son acception chimique, dans le sens de ■cycle transformateur et énergétique. Ainsi comprise à la façon d'un cycle évolutif, elle représente quelque chose de bien déOni et de nettement caractérisé. La digestion, l'absorption, l'excrétion, sont des fragments de fonction; la respiration est, à certain point de vue, quelque chose de complet en soi. Elle ne fait pas moins partie d'un groupe fonctionnel dont elle ne saurait se séparer, celui des fonctions de la nutrition. Distinct des autres par sa voie de pénétralion ou d'échange, le cycle de l'oxygène se confond dans la profondeur avec celui du carbone, de l'hydrogène et de l'azote, et par là nous' voyons l'unité de la vie cellulaire, en même temps que la diversité et la spécificité des actes •extérieurs, qui ont pour mission de l'assurer. Elle est donc tout à la fois une fonction générale, c'est-à-dire cellulaire, élémentaire, et une fonction spéciale, réclamant des organes différenciés, adaptés à son but particulier, fonction variable, suivant les conditions extérieures ou de milieu offertes à l'animal.
II. Double conflit. — Ce double aspect de la fonction respiratoire se traduit par un double conflit \ un premier entre Pair et le sang, un second entre le sang et les tissus. Chez les vertébrés pulnioués, le théâtre du premier de ces contlits est le système capillaire de la petite circulation ; celui du second est le système capillaire général L'histoire de ces deux conflits fait le fond dos deux divisions essentielles de la respiration. Interposé entre l'air et les tissus, le sang subit la répercussion de toutes les modifications de l'un et des autres. C'est lui le témoin le plus direct et le. plus souvent interrogé de l'état des organes et des modifications extérieures; d'où l'attention particulière qui s'est portée sur lui, et le grand nombre de recherches et de travaux dont il est constamment l'objet.
Enfin, comme toutes les autres, la fonction respiratoire n'atteint
son but qu autant qu'elle est réglée et maintenue dans des limites convenables, et ces limites lui sont garanties par le système nerveux.
Ce système coordinateur et régulateur par excellence n'a pas de prise directe sur les éléments du sang, pas plus qu'il n'en a sur le milieu extérieur lui-même ; mais il tient sous sa dépendance l'appareil qui sert de voie de pénétration et d'échange aux gaz respiratoires, et il commande d'autre part aux tissus dont l'activité dicte 1 intensité de ces échanges. Des cycles d'excitation réflexe solidarisent le fonctionnement de ces difl^é rentes parties ; le besoin général d'oxygène fait comme le fond commun des excitations qui sont adressées à leurs centres, et auxquelles s'ajoutent celles qui varient d'une façon périodique ot automatique, par le jeu môme des mouvements de la respiration.
III. Généralité de la fonction respiratoire. — Tous les êtres vivants respirent ; végétaux ou animaux, simples ou compliqués, tous ont besoin d'oxygène, ot en eux tous leurs éléments; la fonction respiratoire est générale, primordiale.
Aérobies, anaérobies. — En considérant les êtres en général, y compris leurs formes cellulaires et surtout microbiennes, on peut, avec Pasteï.r, les diviser en deux groupes, suivant qu'ils absorbent l'oxygène en le prenant directement à l'air atmosphérique: ce sont les aérobies ; ou qu'ils décomposent une substance oxygénée pour s'emparer de son oxygène : ce sont les anaérobies ; quelques-uns sont aptes à vivre d'une façon tantôt aérobie tantôt anaérobie : ce sont les aérobics ou anaérobies facultatifs.
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