II. — Asphyxie par excès de tension de ïoxygène
On peut d'autre part, en sens inverse, donner à cette pression une valeur croissante sans que, dans certaines limites, le sujet en mani>
feste aucune souffrance. Elle peut ôtrc portée à 1, 2 et 3 atmosphères sans danger, mais lorsque cette tension de roxyyène approche de 300 à 400^^^ ou environ 5 ali^osphèrcs, t animal commence à éprou-
Kig. 14. — Appareil de P. Bert pour V étude des effets des hautes pressions de l'air et de l'oxygène sur les petits animaux.
Récipient en verre très épais muni de robinets et d'un manomètre. Une pompe à luain y comprime l'oxygène contenu dans un sac. Un courant d'eau froide circule dans un manchon autour du corps de la pompe pour empocher son échaufTement.
ver des symptômes nouveaux d asphyxie^ auxquels il succombe^ si on ne le soustrait pas bientôt à ces conditions nouvelles pour lesquelles il n'est pas fait. Il meurt ainsi quand la tension de l'oxygène est environ vingt fois plus forte que normalement (fig. 14).
Importance de ces faits. Caractéristique biologique e^énérale. — Ainsi Toxygène, ce gaz vital par excellence, ce pabu- Inm vitae, comme on a pu l'appeler, a deux façons de produire la mort : il peut tuer par défaut, ce que l'on savait depuis longtemps ( Lavoisier); il peut tuer aussi par excès (P. Bert). La condition qu'il représente et qui est nécessaire à l'entretien de la vie n'est pas remplie par sa présence d'une façon et à un taux quelconque : elle comporte une donnée quantitative, et cette quantité n'a qu'une façon correcte de s'exprimer ; à savoir par la pression de ce gaz dans le milieu respiré par l'animal.
Si, à partir de zéro, on fait croître cette pression par une pente régulière et indéfinie, et qu'on note en regard les manifestations de la vie correspondant à ces pressions de l'oxygène, on trouve une limite inférieure à partir de laquelle elles deviennent possibles (pour une espèce donnée), puis normales dans des limites assez
étendues, puis, de nouveau compromises, elles redeviennent impossibles. On peut les symboliser par une courbe infléchie à ses deux extrémités. Cette courbe, nous la retrouvons souvent dans sa forme générale, mais affectant, il est vrai, des modifications particulières pour chaque phénomène pris isolément.