III. — Asphyxie par excès de tension de l'acide carbonique
En faisant, par un semblable procédé, varier la tension de l'acide
carbonique dans le milieu respiré, nous verrons que ia mort des
moineaux survient lorsque la tension partielle de l'acide carbonique
atteint Sô*"**^ ^ c est-à-dire tt d'atmosphère.
L'asphyxie est indépendante de la pression barométrique totale. — Cette indépendance est facile à démontrer, parce que nous pouvons faire varier, d'une façon indépendante, la pression totale Aw milieu respiré et la pression partielle de chacun de ses gaz composants. — Soit Toxygène : nous pouvons lui conserver sa pression partielle normale, dans un milieu respirable, qui subit une pression
de 2, 3, 3, etc., atmosphères, et cela à la condition de réduire de ^i
g, isi etc. , la quantité pour 100 que cette atmosphère en contient. Nous
pouvons porter la pression totale dumilieujusqu'à20 atmosphères
et beaucoup plus ; si nous avons soin, par quelque artifice, de
maintenir normale la pression partielle deToxygène (et d'absorber
l'acide carbonique produit), le sujet soumis à cette pression si
considérable ne courra du fait de cette pression môme aucun danger.
El inversement, dans un milieu dont nous abaissons la pression
1 1 1 totale de ^, ^» jr,> etc., nous pouvons conserver à l'oxygène sa pression
partielle (ir)''^^ = î:7 atmosphère), à la condition de doubler, tripler,
quintupler la quantité pour 100 de ce gaz dans le milieu, c'est-à-dire
en le faisant les ^^ les r.^.- les z du volume total du milieu consi- .) i) iy
déré. Et l'expérience montre que l'animal vit, dans ce milieu à basse pression, comme il le ferait dans l'air normal. Pas plus que la, compression, la dépression de l'air atmosphérique n'est mortelle par elle-même, mais seulement par la valeur qu'elle donne à la pression de Toxygène.
En ce qui concerne l'acide carbonique, môme remarque : ce n'est
pas la quantité proportionnelle de ce gaz dans Tair qui règle Tapparition des accidents asphyxiques, mais cette quantité multipliée par la pression barométrique, c'est-à-dire encore une fois sa pression partielle dans le mélange.
Lois de P. Bert. — On peut dégager des travaux de P. Bert les deux lois suivantes qui en montrent, la seconde surtout, la signification la plus générale.
i° L'action sur les êtres vivants des substances gazeuses y introduites dans l'organisme par la voie respiratoire^ est liée étroitement à la valeur de la tension individuelle de ces substances dans le milieu respiré,
2^ Pour des tensions graduellement croissantes de ces substances à Tétat de gaz, leur action sur lorganisme ne croit pas proportionnellement à ces tensions, mais suit une marche en général plus compliquée. — Pour le ou les gaz nécessaires à l'entretien de la vie, il y a un optimum compris entre certaines de ces tensions-limites, au-dessous et au-dessus desquelles r équilibre d'où dépend la vie est également menacé et finalement détruit. — Cette seconde loi n'est du reste elle-même qu*un exemple particulier (le plus significatif) d'une règle générale qui contribue à caractériser les êtres organisés.