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TYPES RESPIRATOIRES

Non seulement rampliation de la poitrine est inégale dans les différentes régions de celles-ci, mais encore elle varie, pour chacune de ces régions prises en particulier, suivant l'espèce animale ; dans l'espèce humaine, on la voit varier d'après les individus, d'après le sexe et aussi d'après l'Age.

Selonquel'agrandissement se fait de préférence par le diaphragme, les côtes supérieures ou les cotes inférieures, on a distingué jusqu'à trois types respiratoires différents, le type diaphragmatique habituel à plusieurs mammifères (lapin, cheval, etc.), ainsi qu'à l'homme, dans l'espèce humaine; le type costo-inférieur, plus ou moins associé d'ordinaire au type précédent (fréquent chez le chien) ; le type costo-supérieur habituel chez la femme. Chez l'enfant, la respiration reste abdominale jusque vers la troisième année environ (Bkai' et Matssiat); à partir de cette époque, l'individu prend dans

riiiî (les trois types celui qu'il doit conserver : « Vir abdomine maxime respirât, femina thorace » (Hai.lkr). L'utilité du type costosupérieur est évident chez la femme dans Tétat de gestation.

Représentation graphique des mouvements de la respiration. — Le mouvement alternatif d'ampliation et de retrait de la poitrine comprend, comme on voit, deux phases inverses, correspondant Tune à l'inspiration, l'autre à l'expiration. Mais ces phases, égales entre elles comme amplitude, no sont ni uniformes dans leur développement, ni semblables dans leurs accidents. La méthode graphique nous rend ici, une fois de plus, le service inappréciable de les figurer à nos yeux, de leur donner une physionomie caractéristique, à la place d'une description forcément incomplète.

Pneumographie ; pneumographes. — Les appareils employés à lïnscriplion des mouvements de la poitrine sontdes pneumographes ; mis en contact avec les parois thoraciques, ces instruments subissent, du fait de ce contact, une déformation proportionnelle à celle de la poitrine elle-même, et du même genre (ampliation et retrait). Conjugués avec le tambour à levier, ils lui communiquent cette déformation qui sanscrit sur une surface animée d'un mouvement uniforme.

L'un des plus simples de ces appareils (tellement que chacun peut le construire soi-même) est le suivant. Un cylindre de caoutchouc mince est fermé à chacune de ses extrémités par deux bouchons à chacun desquels est attachée une courroie inextensible que l'on peut serrer autour de la poitrine.

L'un de ces bouchons porte une tubulure qu'un tube de caoutchouc mettra en relation avec un tambour à levier, de manière à en faire avec lui un système clos.

A chaque inspiration, le tube élastique étant distendu appelle à lui l'air du tambour, dont il abaisse le levier inscripteur ; à chaque expiration, son élasticité le ramène en sens inverse, lui et le levier, à sa position première. L'appareil est en petit l'image du poumon, dont il représente comme un schème très simplifié. Sa cavité, amplifiée par l'action des muscles inspirateurs, admet ou inspire une certaine quantité d'air, qu*elle rejette ou expire par sa propre force élastique.

Tracé pneumographique.

— La convention habituelle est que l'abaissement de la courbe corresponde à l'inspiration et son relèvement à l'expiration.

Flg. 38.

— Graphique de la respiration chez V homme.

Forme et durée comparées de rinspiration et de rexpiration. Les grandes oscillations de la courbe se compliquent d'oscillations beaucoup plus petites dues aux pulsations cardiaques, assez visibles à la fin de l'expiration.

Dans l'espèce humaine (et en général chez les mammifères), l'inspiration est plus courte que l'expiration. Les deux temps ne sont pas séparés par une pause, comme on pourrait le croire d'après les bruits de l'auscultation; cette prétendue pause correspond seulement

à un ralentissement de la fin du mouvement d'expiration (Og. 38, 39 et 40). Anapnographes. — De même quon peut démontrer et mesurer graphiquement les oscillations de la vitesse du sang, par Tinclinaison d un levier implanté dans la paroi d'un vaisseau perpendiculairement à son axe; de môme quelques auteurs ont pensé pouvoir utiliser une semblable méthode pour apprécier la

Fi^. 39.— Graphique de la respiration par inscription de la pression intrathoracique prise dans le médiastin (chez le lapiu).

Pulsations cardiaques compliquant la courbe respiratoire (d'après Kxoi.i.}»

Fi^. 40. — Graphique respiratoire, patinscription de la pression intrathoracique prise dans V œsophage (chez le lapin) .

Pulsations cardiaques faiblement visi blés sur la courbe (d'après Knoll).

vitesse variable du courant d'air déplacé par la respiration. Toissaint, opérant sur le cheval, introduisait un levier de ce genre dans la Irachée, à l'aide d une canule particulière, sur laquelle il pouvait osciller. Bergeon et Kastus ont construit, dans un but d'observation clinique, un appareil de ce genre qu'on peut placer à l'entrée des voies respiratoires.

Le meilleur anapnographe est un tambour à levier, dont le tube ouvert à son extrémité libre est placé sur le courant d'air respiratoire sans l'obturer, de manière à participer partiellement aux différences de pression de la colonne d'air inspirée et expirée par le thorax.

Les courbes données par cet appareil sont très différentes de celles fournies par les pneumographes. Cela tient à ce que ce dernier inscrit les déplacements ou la déformation du thorax, tandis que l'anapnographe obéit à l'impulsion d'un courant d'air et qu'il ny a pas de relation nécessaire entre ces deux phénomènes. Supposons, en effet, sur un sujet porteur à la fois d'un pneumographe et d'un anapnographe, la poitrine maintenue immobile en inspiration ou en expiration forcées. Le levier du premier de ces instruments sera immobile dans une position extrême (inverse pour chaque cas) ; tandis que le levier du second, immobile également, prendra la position intermédiaire qui est sa position de repos.

L'anapnographe traduit-il fidèlement les variations du courant d'air respiratoire ? Hors le cas de respiration ralentie, cela est douteux. Bien que son principe soit le mï^me que celui de l'hémodromographe, les conditions de son application sont bien moins favorables que celles de cet instrument. L'hémodromographe en effet obéit à l'impulsion d'un courant liquide continu, avec des renforcements périodiques. L'anapnographe suit les impulsions inverses d'un courant d'air de sens allerne, ce qui aggrave toujours beaucoup les effets perturbateurs dus à l'inertie des masses mises en mouvement.

Spirographe, spiromètres enregistreurs. — La méthode qui consiste à mesurer et inscrire les phases de la respiration peut devenir excellente, si pour actionner les appareils indicateurs on emploie, au lieu de la force vive du fluide

LA VENTILATION PULMONAIRE. i09

mis en mouvement^ la pression de ce fluide, agissant sur un corps déformable, obéissant sans résistance à sa poussée. Les variations de capacité de ce corps déformable (quand il est pourvu d'une graduation tracée d'avance) mesurent exactement et à chaque instant les quantités d'air inspiré ou expiré par le sujet en observation. Si le corps est construit de manière que la déformation se fasse dans une seule direction de l'espace (comme un piston oscillant dans un cylindre) on pourra lui faire tracer la courbe de ses variations de capacité.

Le spiromètre, qui n'est qu'un gazomètre approprié à l'étude de la respiration, est un appareil de ce genre. Sa capacité devra être mise en communication avec les voies respiratoires par une adaptation très exacte, de manière à former avec elle un système clos, dont les deux portions se renvoient alternativement une certaine quantité d'air mesurée à chaque instant sur la courbe du tracé, les valeurs des divisions de l'ordonnée exprimant (en centimètres cubes par exemple) les quantités du fluide mis en mouvement.

Comparaison avec les indications pneumographiques. — La courbe d un spirographe comparée à celle d'un pneumographe lui ressemble beaucoup. Elle pourra néanmoins ne pas lui être absolument superposable. La première exprime un volumç d'air déplacé en un temps et avec une vitesse donnés, et pas autre chose; la seconde traduit la déformation de la paroi thoracique suivant une coupe du thorax faite à une hauteur déterminée, c'est-à-dire restreinte à une région limitée : or nous savons que cette déformation non seulement n'est pas égale à toutes les hauteurs, mais qu'elle peut n'être pas rigoureusement semblable elle-même en tous les points du thorax, et par conséquent pas rigoureusement proportionnelle au volume d'air déplacé.

La méthode spirographique serait d'un emploi beaucoup plus courant si elle ne comportait elle aussi une restriction dans son application. Son emploi ne peut pas être continué indéfiniment comme celui du pneumographe, ni même bien longtemps prolongé, parce que l'obligation de faire respirer l'animal dans un milieu conflué détermine assez rapidement les conditions de l'asphyxie.

Méthode du déversement. — Un appareil qui a quelque analogie avec le pléthysmographe est celui employé par E. Hering et par Knoll, qui enferment l'animal dans une caisse à parois transparentes munie d'un tube en communication avec les voies respiratoires et d'un autre tube en rapport avec un appareil mesureur. Les mouvements du thorax expulsent de cette caisse pendant IMnspiration autant d'air que le poumon en reçoit, et y en introduisent pendant 1 expiration autant que le poumon en expulse, et cela sans trouble asphyxique, mais non toujours sans gêne pour l'expérimentation.

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