F. — LES BRUITS RESPIRATOIRES
En plus des modifications de la pression, les rétrécissements ou obstacles successifs que l'air traverse, donnent naissance à des bruits caractérisés, que le clinicien a intérêt à connaître dans leur état tant normal que modifié.
L'air, en traversant l'orifice nasal, soit à son entrée, soit surtout à sa sortie, produit un bruit qui le plus souvent n'est perceptible que de très près, mais qui peut s'exagérer et s'entendre à distance. C'est le souffle respiratoire proprement dit ; phénomène qui, avec le mouvement de la poitrine, est directement perceptible et a donné son nom à la respiration (spirare). Ce bruit tout extérieur du courant
<rair respiratoire n'a pour nous que peu d'intérôt : il n'en est pas <le même des bruits ou souffles (variés suivant le siège ou suivant les conditions) qu'on entend en plaçant Toreille sur la poitrine ou sur le trajet des voies respiratoires. Depuis que Laënxec a montré le parti qu'on peut retirer de Y aiisciUtation pour le diagnostic des lésions du système respiratoire (et par extension du système circulatoire dans lequel des bruits semblables peuvent prendre naissance), la connaissance des bruits respiratoires normaux, ainsi que celle des lois physiques qui régissent leur production, a pris une très grande importance : cette connaissance est nécessairement à la base de toute explication scientifique des perturbations observées en clinique, à Tauscultation du poumon.
I .Auscultation des voies respiratoires.— L'auscultation faite avec ou sans stéthoscope, au niveau du larynx ou de la trachée (espaces interclaviculaire en avant, interscapulaire en arrière), fait entendre un souffle rude perceptible, soit à l'inspiration, soit à l'expiration, et qu'on a appelé, suivant la place où on le perçoit, souffle laryngien^ souffle trachéal^ souffle bronchique ; mais qui a, sur tout le trajet des voies respiratoires, les mêmes caractères de timbre, de forme et d'intensité. Ce souffle s'entend à l'inspiration et à l'expiration.
II. Auscultation du poumon. — L'auscultation faite sur tout le reste de l'étendue de la poitrine correspondant aux poumons, fait percevoir un souffle doux, perceptible surtout à l'inspiration, et qu'on appelle le murmure vésiculaire ou souffle pulmonaire proprement dil, très distinct du bruit précédent.
Condition originelle des souilles. — Les bruits ou souffles ainsi perçus par Toreille sont dus évidemment à des vibrations qui lui sont transmises. Quel est le corps qui vibre? quelles sont les voies de la transmission? voilà les questionsqui ontélé et sont encore souvent disculées. — CiiAuvEAua institué des expériences schématiques pour démontrer que le souffle, dans tous les cas, est dû à une vibration du fluide déplacé (à savoir la colonne d'air qui circule de Tatmosphère au poumon). La condition qui fait naître ces vibrations, c'est \Qi 'production d'une veine fluvie, comme celle observée par Savart, quand le déplacement du fluide se fait d'un endroit rétréci à un endroit plus spacieux. Un courant d'air qui se déplace dans un tube de caoutchouc, le parcourt silencieusement, sans souffle, sans bruit. Mais si ce tube présente un rétrécissement, un bruit de souffle prend aussitôt naissance, que Tauscultation localise immédiatement au-dessous du rétrécissement.
Points rétrécis des voies respiratoires. — Dans le trajet parcouru par l'air pour arriver auxalvéoles,nous trouvons une série de points rétrécis, depuis ïonfice nasaly en passant par le pharynx, mais surtout Vorifice glottique du larynx^ et finalement la terminaison des bronchioles, à leur point d'abouchement dans les infundibula. La colonne d'air déplacée le long de ce trajet y progresserait sans bruit, s'il ne se faisait des remous au niveau de chacun de ces changements de calibre.
Voies de transmission des bruits respiratoires. — La transmission des bruits aériens ainsi produits peut avoir Heu soit par la colonne dair elle-même, soit parles parois solides qui la contiennent ; cela dépend des conditions. Ce sont ces conditions que Tétat pathologique du poumon vient parfois changer, d'oii certaines modifications si grandes et si caractéristiques perçues à Tauscultalion, en clinique.
III . Deux bruits respiratoires à distinguer. — Normalement, les bruits ou souffles perçus àrauscultalion se réduisent à deux : Tun, celui que l'oreille perçoit en s'appliquant contre la poitrine sur toute la surface correspondant aux poumons, est le murmure vésiculaire ou pulmonaire proprement dit, dû au passage de Tair à travers Tespace rétréci, qui fait la communication entre l'extrémité des bronchioles et la cavité du lobule pulmonaire; Tautre, celui que Toreille ne perçoit que sur le trajet des voies respiratoires, depuis le pharynx jusqu'aux premières manifestations bronchiques, est le bruit laryngien produit par le passage de la colonne d'air à travers le rétrécissement glottique. Avec ce dernier bruit sont confondus, de manière à n'en pouvoir pas être distingués, les bruits produits par le passage de l'air dans les cavités irrégulières du pharynx et des fosses nasales, de sorte qu'il résume tous les bruits respiratoires supérieurs, par opposition au bruit vésiculaire qui, chez l'homme, est inférieur.
IV. Transmission. — Le bruit laryngé, ou mieux, les bruits supérieurs se transmettent avec la plus grande facilité le long de la colonne d'air trachéenne, et à travers la paroi du conduit laryngo-trachéobronchique, partout où ce conduit n'est pas recouvert d'un tissu mauvais conducteur. On l'entend avec facilité à travers les parois thoraciques, en avant et en arrière jusqu'à la bifurcation des bronches ; on cesse de l'entendre à partir des points où ces tuyaux s'enfoncent dans le poumon, auquel ses aréoles pleines d'air donnent à peu près la conductibilité d'une masse de coton. Le souffle trachéo-bronchique n'est donc ^ en somme ^ que le souffle laryngé (l'ensemble des bruits supérieurs) transmis par la trachée et les bronches, aussi loin que ces conduits aériens ne sont pas recouverts par le poumon.
Le bruit pulmonaire ou murmure vésiculaire, si différent du premier par ses caractères, naît sous l'oreille même de l'observateur qui ausculte et à laquelle il se transmet à travers la paroi thoracique. Il est des circonstances pathologiques dans lesquelles ce brnit propre au poumon disparaît. Ces circonstances sont toutes celles qui, en comblant les alvéoles par des exsudais séreux ou fibrineux, empêchent la pénétration de l'air dans celles-ci. Cette oblitération des alvéoles, qui, dans certaines maladies, comme la
pneumonie, donne au poumon la consistance du foie [hépatisation)^ a pour conséquence de transformer le tissu pulmonaire en une substance beaucoup plus homogène et partant bien meilleure conductrice des vibrations sonores. Aussi, dans ces conditions nouvelles, le souffle trachéo-bronchique se transmet-il avec facilité à Toreilie de celui qui ausculte : c'est le souffle dit tiibaire^ qu'on entend dans la pneumonie.
Preuves expérimentales. — Ciiadveau et Bondet ont donné les preuves de ces explications dans une série ^'expériences instituées sur les animaux (chevaux principalement).
La démonstration consiste à faire cesser (ou rétablir quand on le peut) les conditions qui donnent naissance à la production d'une veine fluide vibrante, et à constater parallèlement la cessation (ou le rétablissement) du souffle respiratoire.
a. Mnrmnre vésiculaire on pnlmonaire. — La section des deux pneumogastriques a pour efl'et de paralyser les petites bronches et d'effacer le rétrécissement terminal qu'elles présentent à l'entrée des lobules ; on constate qu'apré« cette section des vagues le murmure pulmonaire a disparu. Cette section paralyse, il est vrai, les nerfs laryngés inférieurs ou récurrents, mais le changement constaté n'est pas imputable à cette circonstance, car la section isolée des récurrents laisse persister intact le murmure vésiculaire.
b. Souffle laryngé ou trachéo-bronchique. — La section de la trachée (qu'on attire de plus en dehors de la plaie), en supprimant le rétrécissement glottique du larynx (et tous les rétrécissements des voies supérieures), supprime du même coup le souffle trachéo-bronchique à l'inspiration ; elle le laisse persister légèrement à l'expiration, parce qu'une veine fluide se produit encore à la sortie de l'air de la trachée.
Par une boutonnière faite dans la membrane crico- thyroïdienne, le doigt peut être porté dans la cavité laryngienne, de manière à obturer plus ou moins son orifice : aussitôt le souffle trachéo-bronchique est renforcé.
Sur un cheval ayant une pneumonie et sur lequel le souffle tubaire s'entendait au niveau de la région hépatisée, la trachée fut ouverte largement, au niveau du cou, de manière à faire éviter à l'air la voie laryngienne ; aussitôt, le souffle tubaire disparut. Le souffle tubaire (perçu seulement dans l'hépatisation grâce à la conductibilité acquise du tissu pulmonaire), le souffle bronchique, le souffle trachéal et le souffle laryngé, perçus dans les conditions ordinaires, sont donc un seul et même souffle, propagé dans les tuyaux bronchiques ou à travers les tissus conducteurs.
Sur ranimai pneumonique ainsi trachéotomisé, un tuyau de caoutchouc muni d'une anche vibrante fut introduit dans la trachée : les sons produits par l'anche s'entendaient nettement dans la région hépatisée, mais non dans le reste du poumon.
Enfin, le souffle tubaire perçu au niveau de la région du poumon hépatisée disparaissait lui-même, lorsque quelque oblitération se produisait dans les gros tuyaux bronchiques, par suite de l'écoulement du sang dans la trachée ou de toute cause analogue ; il reparaissait lorsque l'expectoration avait réussi i chasser la masse liquide ou demi-solide cause de l'oblitération. 11 est tel cas où, des obstructions de ce genre se produisant dans la pneumonie, le souffle tubaire peut cesser d'être perçu.
BIBLIOOUAPIIIE.
Voies respiratoires. — Voies supérieures. — Narines, bouche. — BoswoRTH, 3/erf. Sews, 4 août 1889. — Dauzigeh, Mon. f. Ohr.j juill. 189G. — Jaxv. Fleming, Glose, med, Journ.y 1882, p. 187. — Goodall, Boston med. Journ,^ 5 nov. 1896. — Ose. HoLTZ, Berlin, klin. Woch., 1182, 27 nov. 1893. — Jouslain, Journ. de méd. de PatHs, 23 juillet 1893. — Kayseh, Arch. /*. die ges. Phys., XLVII, p. 543, et XLI, p. 127; Zeitschr. f. Ohren., XX, 2, 1889. — Jul. Lazarus, Arch. f. Phys., p. 19, 1891. — Lavrand, Resp. nasale et buccale, La voix, mai 1895. — Macdonald, Bril. med. Journ. j l®"" déc. 1888. — ME.NDEL, Physiol. et pathol. reapir. nasale, in-8°, Paris, 1897 ; Médecine moilerne. 1»' sept. 1897 ; Rinomètre, Journal des PraticienSj 6 nov. 1897. — F. Paulsen, Siizb. d. k. Acad. d. Wiss. Wien.y Bd LXXV, p. 352. — Sciiutter, Annales maladies de foreilley avr. 1893. — Smester, Bull. Ac. méd.y t. X, n° 37. — TuriAsiiER, Amer. rhinoL Assoc.j 7 oct. 1890.
Larynx. — Fonctions. — J.-V. Beheyszaszy, Arch. f. die ges. Phys., XL VI, p. 465.
— C.\MPBELL, Resp. chez les chant., Journ. of laryng.y 1897. — Franklin, H. Hooper, Sew York med. Journ., 4 juillet 1885. — Illingworth, The Lancet, vol. I, p. 879, 1879.
— JouL, Respir. dans le chant, in- 16, Paris, 1893. — Mayo Collier, Journ. of laryng., févr. 1890.— A. Onodi, Berlin, klin. Woch., p. 406, 6 mai 1889. — Raugé, Lyon médical, 3 août 1890, Arch. de Physiol., 1892. — G. Schmidt, Laryngoscopie chez les animaux, Berlin, klin. Woch., 1873, n® 3, p. 32. — Smith, Respir. dans le chant, Journ.. of laryng., 1891.
Musculature. — Jacobson, M. thyro-aryt., Monafs, /*. Ohren., XX, n^ 9, p. 301,
1886. — Felenffy, Pfltig. Arch., Bd Vil, 1873, p. 77, 90. — Masini, Arch. ilal. biol. XIV, p. 106. — Martel, Arch. Phys., u9 4, 1883. — Moura, Rev. mens, laryng., l^r janv.
1887. — Nbumann, Centr. f. med. Wiss., avr. 1893.— A. Rùplmann, Silzb.d. k. Acad. d. Wiss., vol. GXIX, p. 257, 1875. — E.-J. Spitta, The Lancet, 30 oct. 1875, p. 626. — F. Semon et V. HoRSLEY, Bnt. med. Journ., p. 407, août-sept. 1886. — N. Slmanowski,
Arch. f. die ges. Phys., XLII, p. 104.
Innervation. — Barbagci, Laryngé super., Gaz. d. Ospit., n» 24, 1887. — L. Brei- SACHER et Th. Gietzlaff. Centralbl. f. Phys , p. 273, 1891. — Delavan, Centre mot. cortic, Sew York med. Journ., 22 juin 1889, et Americ. laryng. Assoc, 18 sept. 1889.— DoR, Province médicale, 21 mars 1891. — J. Dionisio, Giornale délia Ac. di med. di Torino, p. 927, nov. 1891. — F. Donaldson, Récurrent, Amer. Journ. of the med., juill. 1886; iVew York med. Journ., p. 287, 17 mars 1888. — SiG. Exner, Innervât, cricothyroïde, Arch. f. d. ges. Phys., XLIII, p. 22; Innervai, du larynx, Centralbl. f, Phys., p. 629, 1888; Berlin, klin. Woch., p. 749, 1886; Nerf laryngé super, du cheval, Centralbl. f. Physiol., p. 589, 1891 ; Paradoxe, Centralbl. f. Phys., p. 115, 1889. — B. Fraenkel et J. Gad, N. récurrent, Centralbl. f. Phys., p. 49, 1889. — François Franck, Anastomose des laryngés, C. R. Ac. se, 25 août 1879. — Grossmann, Centre respirât, laryngé, Soc. méd. Vienne, 29 nov. 1889. — Hoofer, Excit. récurr., Sew York med. Journ., 3 nov. 1889. — Howell et Huber, Anastomose, Jowrn. of Phys., XII, 1. — \V. Keen, Supplicié, Transact. of the Collège of physicians of Philadelphia, 1875. — Krause, Centre laryng. et réponse de Semon etHoRSLEY, Brit. med. Journ., 18 et 25 janv., Berlin, klin. Woch., 27 janv. 1890. — Krisuaber, Glotte act. récurrente, Biol., 6 nov. 1880. — LivoN, Innervât, crico-thyroïd., Marseille médical, n» 6, p. 325, 1891 ; Arch. Physiol., 111, 1 ; Act. récurrents sur la glotte, Arch. Physiol., n^ 3, 1890 ; Biol., 31 mai 1890. — G. Maslni, Centres, Arch. ital. de laryng., avr. 1888. — A. Onodi, N. laryngé moyen, Revue de laryng., 15 oct. 1890; Centralbl. f. med. VVw«.,p. 961, 1888 ; Paralysies laryngées, Monats. f. Orenh., XXIV, 10. — Retui, Déglutition, Wiener med. Presse, 17 avr. 1892. — J. Rossbacu, Centre cortical. D. Arch. f. kl. Med., XLVI, p. 140, 1890. — ScHECH, Nerfs et muscles, Zeitschr. f. Biol. MUnchen, 1873, V, IX, p. 258. — Semon et HoRSLEY, Brit. med. Journ., p. 1383, 21 déc. 1^89 ; Ann. mal. oreille, juin 1890. — R. Wagner, Corde vocale après paralysie du récurrent, Arch. f. path. Anat., CXXIV, 2. Sensibilité. — Brown-Séquard, Analgésie générale par action sur le larynx, Arch. Physiol., p. 773, 1891. — Pie.vagzeck, Stricker's med. z. Jahrb... Heft4, 1878, et Centralbl. f. Chir., p. 287, 1879.
Trachée et bronches. — Arthaud, Biol., 18 juillet 1891. — Th. Bber, Action sur tissu bronchique et poumon, Arch. f. Physiol., 1892, et Centralbl. f. Phys., V, p. 78î, févr. 1892. — Brown-Séqlard, Arch. Physiol., n*» 3, 1890. — Gartner, Soc. méd. Vie?ine, 23 janv. 1885. — J. Grahm-Brown, Edimb. med. Journ., p. 255, sept. 1885. — G. Brown et C. Roy, Journ. of physiol., vol. VI, p. 21. — Caspary, D. med. Woch., 23 et 30, IX,
MoRAT et DoYOR. — Physiologie. IV. — 9
i30 LE CONFLIT ENTRE L'AIR ET LE SANG.
18:6. — W. EiXTHOVEN, Arch. f. die f/es. Phys., LI, p. 367, J892. — Hénocque, Bio/., 20 déc. 1880. — Mac-Gillavry, Arch. néerl. se. nat., XH, 1878. — Nicaise, Revue méd.y p. 960, nov. 1889; C. R. Ac. se, 7 ocl. 1889. — G. Saxdmann, ^rc/t. f. Phys.y p. 252,1890.
Nerfs sécréteurs de la trachée. — Tiieballt, C. R. Ac. se, 31 août 1896.
Éléments élastiques. — Glerrini, Giorn. Accad. med. Torino, LXI, p. 33, 1898.
Gontractilité pulmonaire. — P. Bert, Physiol. de la respiration (bibliographie). — M. DoYON, Inuervation motrice et inhibilrice, Arch. de Physiol., IX, p. 412, 1897. — G. Fano et G. Fasola, Arch. ital. de bioL, XXI, p. 328, et Arch. pour les se. méd., XVII, p. 431, 1895.— W.Stirlixo, Hyperplasie tissu muscul. poumon, Journ. of physiol., 1878-1879. — Cn. Williams, Report of the ienth meeting of the Assoc. for the advan- <:em, of se. in Glascow, 1840, London, 1841.
Bruits respiratoires. — A. Baréty, S. broncho-pleural, Nice médical, 1878. -- CHArvEAu, C. R. Ac. se. — A. Boxdet et A. Chauveau, Gonlrib. à Tét. des bruits respiratoires, Revue rnens. de méd. et île chir., p. 161, mars 1877. — Bullor, Si Barlhol. hosp. Rep., XXI, p. 191, 1886. — Castex, Auscultation, Arch. de Phys., 1896. — Coats, Théorie murmure resp., Lancet, 3 juill. 1887. —Conti Pietro, Auscul. p'essim., Annali univ. di med. et chir., juin 1878. -- Edlefsen, Murm. vésic, Derl. klin. Woch., l«*'juin 1891. — M. Feletti, Son thorac, Him/a clifi. d. Bologna, no 8, 1883. — G. Gerhardt, Traité... Tubingue, 1876. — Gée, Théorie, St Barthol. hosp. Rep., XXVi. p. 103. — Harris, Resp. bronchique et vésicul., Bnl. med. Journ., 13 nov. 1897. — H. Kenxedy, Différence in the two iungs, Dublin Jouni. of med. se, janv. 1875. — Krisaber, Bruit resp. anormal, Ann. des mal. des oreilles et du larynx, n» 6, p. 354, 1877. — JozAu, Thèse Paris, 1879. — Liton, Egophonie, Union méd. du Nord-Est, mars 1880. — MoRiTZ, Phén. de Wintrich... D. Arch. f. klin. Med., p. 848. 1877. — B. Peynau, Thèse de Paris, 1878. — Qleirolo, Murm. vésicul., Congrès dePavie, 20 sept. 1887. — DeRenzi, Râle crépitant physiol., Arch. f path. Anat., Bd LXXXIII, p. 559, 1881. — Sahli, Murm. vésic, Correspondenz bl. f. schweizer Aerzte, p. 265, l*"" mai 1892. — Talma, Théorie du râle, D. Arch. f. klin. Med:, p. 53, 1876. — E.-J. Voillez, Traité, 1 vol. in-18, Delahaye, 1878. — C. Zaxfrognini, Orig. phys. murm. resp., Il Morgagni, p. 125, mars 1893.
G. — L'IRRIGATION PULMONAIRE : SES RAPPORTS AVEC LES MOUVEMENTS DU THORAX.
L'air est appelé dans le poumon et en ressort d'une façou alternative ; le sanç, lui, le traverse d'une façon continue, poussé qu'il est par une puissance indépendante des forces de la respiration. Mais cette continuité de Técoulement n'implique pas sa constance absolue. Indépendamment des renforcements pulsatiles que le cœur lui imprime jusque dans son système capillaire; indépendamment aussi de résistances propres que les artérioles pulmonaires apportent, dans un but do régulation, à cet écoulement, le cours du sang dans la petite circulation est influencé par le jeu des muscles thoraciques et, disons plus, par les forces élastiques du tissu pulmonaire.
1. Double système élastique. — L'appareil cavHaire et élastique, qui conslilue le poumon, est en réalilé formé de deux systèmes indépendants contigus l'un à l'autre. L'un est J'arbre aérien ouvert librement sur Tatmosphère et terminé parles petits culs-de-sacs des alvéoles : l'autre est lin-mème un double tuyautage arborisé (artère et veine pulmonaires) dont les ramifications se continuent entre elles par le réseau capillaire du poumon. Les troncs principaux de ce second système se relient par les cavités du cœur à l'ensemble de la circula- . tion générale, c*est-à-dire à de gros vaisseaux qui, comme l'aorte et la veine
LA VEiNTlLATION PULMONAIRE. 13!
cave, émergent de la cavité thoracique, et une fois horsd^elie supportent, eux et leurs i*ami(icalions, la pression atmosphérique intégralement, sans diminution.
Son action sur Tair. — Le rôle de Télasticité pulmonaire à l'égard de Tair, nous le connaissons. Le poumon, lorsqu'il est livré à lui-même, satisfait son élasticité et expulse son contenu aérien. Mais, renfermé dans un système semi-rigide, bien que mobile, le thorax, qui le soustrait extérieurement à la pression atmosphérique, il admet Taîr dans son intérieur et reste étalé contre la paroi thoracique, qu'il suit fidèlement dans ses mouvements de va-et-vient. Dans l'inspiration, Télasticité pulmonaire cède aux puissances musculaires qui agrandissent le thorax ; dans l'expiration, le thorax cède à l'élasticité pulmonaire, mais sans jamais la satisfaire complètement; de telle sorte qu'il règne toujours dans l'arbre aérien une certaine béance des voies et des cavités, qui n'existerait pas ou serait très restreinte sans le vide pleural, comme lorsque le thorax est ouvert.
Son action sur le sang. — A l'égard du sang, le rùle de l'élasticité pulmonaire est le même qu'en ce qui regarde l'air. Toutes les conditions qui interviennent pour maintenir la béance des voies aériennes, ou pour modifier leur capacité, interviennent et dans le même sens pour maintenir la béance des voies circulatoires, ou pour modifier leur calibre. Ces conditions ont par là même une influence très notable sur la résistance des vaisseaux au cours du sang, et partant sur les modifications de son débit à travers le réseau pulmonaire.
Disposition des vaisseaux. — L'artère pulmonaire, par ses divisions terminales, forme un fin réseau extérieur aux alvéoles et aux lobules, réseau qui, à la surface même du poumon, mérite le nom de sous-pleural qu'on lui a donné. La veine pulmonaire forme à son origine un réseau semblable et pareillement situé. Le réseau capillaire proprement dit du poumon, qui fait saillie à l'intérieur des alvéoles, les fait communiquer l'un avec l'autre, en perforant doublement la paroi de ces dernières. Que la poitrine vienne à être ouverte et le vide pleural supprimé, le poumon s'affaisse et toutes ses cavités constituantes aériennes et sanguines se rapetissent ; l'air est expulsé, le sang a à lutter contre des résistances devenues plus grandes, la circulation pulmonaire est gênée.
2. Béance permanente. — Si on rétablit le vide pleural, en aspirant l'air quia pénétré dans la plèvre, on ramène naturellement les conditions premières et normales. Le poumon, jusqu'à ce qu'il touche la paroi thoracique, subit une expansion qui porte sur toutes ses cavités. La béance des vaisseaux est rétablie, leur résistance est diminuée et la circulation est facilitée. Comme l'élasticité du poumon en place (tant que le vide pleural existe) n'est jamais satisfaite, un cei*taindegré de béance des vaisseaux est toujours assuré y même dans la position d' expirationmaximadu thorax. Et le cours du sang s'en trouve facilité d'une façon permanente, d'où la pression moindre qui règne dans l'artère pulmonaire, et l'effort moindre du cœur droit.
Modifications de sa valeur. — Pendant llnspiration, l'expansion du thorax, qui entraine celle du poumon, augmente cette béance, appelle le sang dans ses vaisseaux en même temps que l'air dans ses alvéoles et facilite son cours, en diminuant les résistances des capillaires. Pendant l'expiration, le retrait du poumon diminue cette béance et la ramène (sans la faire disparaître) au degré où elle est maintenue par la résistance du thorax à son effacement : l'excès du sang appelé par l'inspiration est chassé des vaisseaux, et l'activité de la circulation est ramenée à un degré moindre. Il y a en somme trois stades à considérer
dans lexpansion du poumon et de ses cavités composantes : celui de riospiration où celte expansion est maxima, celui de Texpiralion où cette expansion est très amoindrie, et celui qui correspond à l'ouverture du thorax où cette expansion tend à devenir nulle, par le fait du retrait maximum du tissu pulmonaireélastique.
L'inspiration, l'expiration, TafTaisse ment définitif du poumon dans les plaies^ pénétrantes de poitrine, représentent en somme les trois degrés ou stades principaux de la capacité intérieure du poumon, et de la béance de ses voies aériennes ou sanguines.
3. Anciennes idées. — Les anciens, auxquels n'avaient échappé ni l'affaissement du poumon lors de Touverture de la plèvre, ni la gène circulatoire qui e» est la conséquence, expliquaient par cette dernière l'asphyxie qui survient en pareil cas. Haller à", ait pensé justifier cette interprétation toute mécanique de la mort par asphyxie, en montrant que l'insufflation pulmonaire fait cesser cet état asphyxique et ramène chez le sujet mourant les manifestations de la vie. La respiration artificielle ainsi faite par insufflation d'air n'avait d'autre effet à ses yeux, que de rétablir les conditions normales de la circulation pulmonaire, en rendant au poumon son expansion primitive.
Réfutation. — S'il en était ainsi, un fluide élastique neutre, comme Thydrogène ou l'azote, aurait le même effet que l'air atmosphérique, ce qu'on sait bien maintenant ne pas être : mais le rôle de l'oxygène n'était pas alors et ne pouvait pas être soupçonné. — Ajoutons qu'au point de vue mécanique luimême l'interprétation est fausse. Dans la respiration normale, l'air est appelé dans la poitrine; il s'y introduit grâce à la diminution de pression que l'expansion thoracique crée dans le poumon. Dans la respiration artificielle, Tair est poussé dans le poumon; il y pénètre gr&ce à l'élévation de pression qui se produit dans l'appareil insufflateur, pour en chasser la colonne d'air vers les points de moindre résistance.
Différence des phénomènes. — Dans la respiration normale, la diminution de pression, qui se crée dans le poumon, affecte également les deux systèmes cavitaires élastiques (aérien et san^in) dont il est composé : il les dilate tous les deux, en appelant dans leur intérieur les fluides extrathoraciques refoulés par la pression atmosphérique. L'aération et l'irrigation sanguine marchent de pair. Dans la respiration artificielle, l'augmentation de pression due à l'air insufflé se fait sentir primitivement dans l'intérieur du système aérien, qui est distendu et qui écrase Tautre contre la paroi résistante du thorax : l'aération gène la circulation, loin de la favoriser (au moins mécaniquement). Gréhant et Quinquaud ont montré que lorsque la pression de l'air insufflé atteint une certaine limite, la circulation pulmonaire (et par contre-coup la circulation générale) finît par être entièrement arrêtée.
Béance et perméabilité. — Lorsqu'on veut assurer la béance d'une canalisalion, on donne aux tuyaux une certaine rigidité, par le choix de la composition des matériaux et surtout par leur épaisseur. C'est ce qui existe pour les bronches. Mais dans les parties terminales de l'arbre aérien (lobules et alvéoles)^ cette épaisseur serait incompatible avec la perméabilité nécessaire aux échanges. Ces cavités sont nécessairement à parois membraneuses et très minces. La difficulté a été tournée en maintenant négative la pression qui règne autour de ces cavités. La rigidité nécessaire à leur protection est empruntée à un système extérieur enveloppant (la cage thoracique). Entre ce système rigide et le système membraneux règne une pression inégalement, mais constamment négative^
tandis qu'à Tintérieur de ce dernier règne une pression peu différente de la pression barométrique. Les choses étant hinsi, plu$ la béance au^men^e pour l'in- 'troduclion de i 'air, plus les membranes s^amincissenl pour la réalisation des échanges. 4. Respiration artificielle. — A. Chez les animaux. — Vesale (1555) aurait -été le premier à faire la respiration artificielle sur les animaux, dans le but d'observer les mouvements du cœur, après ouverture de la poitrine. Legallois (1812) la fit entrer dans la pratique physiologique. — Lorsque le thorax, par saile de lésions mécaniques, ou de paralysie de ses muscles, de ses nerfs ou de ^s centres, est devenu impuissant à appeler Tair dans le poumon, on peut suppléer artificiellement à son action en insufflant cet air dans la trachée.
Appareil insnfllateiir. — Dans l'appareil employé à cet effet, la pièce essentielle est un soufflet ordinaire (fig. 48), dont la douille est coiffée d'un tube de •caoutchouc qui sera relié par une canule appropriée à l'organe pulmonaire. Le mouvement alternatif de ce soufflet est commandé par un moteur quelconque (généralement à eau)» lequel imprime un mouvement rotatif à un arbre commandant une bielle articulée >avec son bras mobile. Dans le modèle cireprésentéy Tarbi^e porte à son extrémité une plaque circulaire centrée sur lui. Suivant l'un des diamètres de cette plaque, est fixée une vis de rappel que Ton manœuvre par un molleton et qui règle l'excursion à donner aux mouvements du soufflet. L'orifice de la soupape de ce dernier porte un tube à l'aide duquel on peut faire respirer à l'animal un air de composition déterminé, si Ton veut.
Canule trachéale. — La canule trachéale porte latéralement un orifice qui, laissant échapper une partie de l'air insufflé, garantit le poumon contre une dilatation excessive (Ludwig). Cet orifice peut être lui-môme réglé à volonté par un tube extérieur concentrique au premier et qui, en glissant, le recouvre plus ;ou moins (Joltet). Cet orifice a une seconde fonction non moins importante; il laisse échapper les gaz de l'expiration, et les empêche de retourner au soufflet.
Une disposition qui, avec plus d'économie, arrive au même but, consiste à munir la canule d^une soupape, qui ferme son orifice latéral au moment de l^insufflation et le laisse s'ouvrir au moment de l'expiration (Chauveau).
Trachéotomie. —L'animal étant immobilisé et son cou bien étendu, la peau est incisée, les muscles sterno-thyroïdiens écartés ; un fil passé sous la trachée- -artère, et celle-ci fendue transversalement et longitudinalement(àlafaçon d'une artère ordinaire}. La canule est glissée dans l'ouverture béante, le fil serré et rattaché solidement à la canule elle-même. Dans le modèle ci-représenlé. la canule a une disposition en T, l'un des côtés du T est fermé et représente un talon mousse qu'on engage dans le bout supérieur du côté du larynx ; l'autre côté est ouvert du côté du poumon, la branche verticale (renversée sur l'animal) est
Fig. 48. — Appareil pour la retpiralion artificielle,
/), plaque centrée sur un axe, qui rentratne dans son mouvement de rotation; t^, vis de rappel dont la manœuvre règle l'amplitude des oscillations du soufflet; 6, bielle a double articulation pour la transmission d'un mouvement; S, soufflet ordinaire avec sa soupape s, relié par un tube de caoutchouc à une canule trachéale c; l, soupape de la canule, articulée sur celle à baïonnette.
coiffée par articulation à baïonnelte d'un tube coudé qui porte la soupape. Si l'on veut éviter la trachéotomie, on peut engager dans la trachée, par Torilice glottique, un tube de ploinb flexible, dont le biseau très accusé se termine par une pointe mousse, qui facilite l'entrée. La tète étant placée en extension, la gueule largement ouverte, la langue tirée au dehors, le tube peut être introduit de mu dans le larynx et relié ensuite au tube de l'appareil insufflateur (Joltet). Cette méthode suppose généralement que l'animal est insensibilisé parles ânesthésiques, ou immobilisé par le curare.
B. Chez l'homme, — En cas de syncope respiratoire, quelle qu'en soit la cause, il peut y avoir utilité et même urgence à faire artificiellement des mouvements, qui rétablissent et entretiennent, pour un temps, la ventilation pulmonaire. Dans ces interventions généralement improvisées, onnepeut agir que sur les côtes, pour opérer un changement rythmé dé l'amplitude du thorax, capable d'y produire un courant d'air de sens alternatif comme celui de la respiration. On peut faire sur la poitrine des compressions intermittentes qui en chassent l'air, lequel est ensuite appelé par l'élasticité des côtes (méthode comparable à l'expiration dite active ou respiration négative). On peut soulever les côtes en soulevant rythmîquement les bras de l'individu placé sur le dos, grâce aux attaches des muscle» du bras qui s'insèrent aux côtes. On peut encore efficacement combiner ces deux moyens, en procédant de la façon suivante: les doigts des deux mains étant engagés dans les espaces intercostaux inférieurs et les deux pouces sous le sternum, on pousse les côtes et le sternum en le soulevant, pour faire l'inspiration et, par un mouvement inverse, on réalise l'expiration.
Dans la méthode dite de la gymnastique suédoise, la respiration artificielle est réalisée, dans un but thérapeutique, chez des sujets hors l'état d'asphyxie et en position assise, à l'aide d'une machine qui soulève rythmiquement les deux épaules en même temps qu'elle redresse la colonne dorsale, avec possibilité de graduer la succession et la vitesse des mouvements (appareil de Zander). Cette* ampUation forcée imprimée aux mouvements respiratoires active, comme l'on sait la circulation pulmonaire, dégorge et soulage par conséquent le cœur droit dans /«^ cas de dilatation de celui-ci et de stase sanguine dans le poumon et dans le cerveau. Elle est par contre à proscrire dans l'insuflisance aortique, qui expone^ par elle-même à l'anémie cérébrale et à la syncope.
C. Chez Venfant, — Chez l'enfant nouveau-né (ou en très bas âge), la respiration artificielle peut être pratiquée par des moyens équivalents aux précédents, mais qui, vu la faible masse du sujet, peuvent être réalisés par des procédésbien plus énergiques. L'enfant étant saisi par les membres inférieurs et maintenu la tête en bas, la colonne vertébrale est en extension et le thorax dilaté. Si, par un mouvement de soulèvement en totalité, on Tamène la tête en haut à dépasser la position verticale, le corps, en se pliant sur lui-même, rétrécira le thorax en le comprimant. Ce mouvement alternatif de balancement, la tête tantôt en bas (corps en extension), tantôt en haut (corps en flexion), établit une ventilation assez énergique, en même temps que les déplacements du sang dans les vaisseaux produisent sur les centres une excitation adjuvante.
On peut également, chez l'enfant, à l'aide du tube Faucher, pratiquer une insufflation pulmonaire dans le genre de celle qui a été décrite plus haut.
5. Relations multiples entre les mouvements respiratoires et la pression vascnlaire. — On a expliqué déjà comment les variations inverses de la pression intrathoracique, produites par l'inspiration et l'expiration, retentissent sur la pression intérieure des vaisseaux artériels et veineux contenus dans le
thorax. Toutefois, les oscillations d'origine respiratoire, qui se remarquent dans lesgraphiques de la pression, peuvent, chez certains animaux comme le chien, être d'ordre inverse de ce qu'indique la théorie. C'est que le phénomène est complexe. Chez le chien en particulier et chez le porc, après avoir fait la part de ce qui revient aux actions mécaniques directes, il faut tenir compte à'in/luences s'exerçant du centre nerveux respiratoire sur les centres cardiaques et vaso-moteurs.
A chaque expiration, l'ensemble des vaisseaux se resserre et contribue pour sa part à augmenter la pression aortique générale (oscillations dites de Traube- Hering). Ces oscillations synchrones de la respiration s'observent en effet sur un animal à poitrine ouverte, c'est-à-dire en dehors de toute modification directe ou mécanique de la pression intrathoracique. Cette complication à elle seule ne changerait pas le sens des modifications respiratoires de la pression. — Mais en plus, à chaque expiration, le cœur se ralentit (par exagération de l'inhibition cardiaque), ou, si on préfère, à chaque inspiration il s'accélère, ce qui tend à faire baisser la pression pendant Texpiration et à l'élever pendant l'inspiration. Cette influence inverse de la précédente est chez le chien assez puissante pour la dominer et changer chez lui, en les inversant, les oscillations respiratoires de la pression aortique. En paralysant les vagues par l'intoxication atropique, on annihile cette influence, et les oscillations respiratoires de la pression artérielle deviennent chez le chien ce qu'elles sont chez les autres animaux (L. Frédéricq).
6. Déslntition et respiration. — Les mouvements de la déglutition peuvent modifler le rythme de la respiration et celui du cœur (Meltzer). Wertheimer et Meyer ont constaté, chez le chien, que la déglutition s'accompagne d'un ralentissement ou d'un arrêt du cœur, par association fonctionnelle de trois centres voisins. Le centre de la déglutition inhibe le centre respiratoire, qui renforce l'action modératrice du cœur.
BIBLIOGRAPHIE
Respiration et circulation. — E. Arox, Rech. pléthysm. homme, Arch, f. palh. Anat., CXXXII, 1, 1893. — Blackb, Bull. Soc. biol., 5 nov. 1887, p. 617. — Buttlar, Condit. de la cire, pulm., Barthol. hosp. Rep., XXVIII, 257, 1892. — François Franck, Irritai, sensibles; effets cardiaques et respiratoires, C. R. Ac. sc.^ 2, XII, 1879; Pouls paradoxal, Biol.y 24 août 1878. — L. Frédéricq, Respiration et circulation, Arch. de biol., 1. 111, 188:?, et t. VI, fasc. 1, 1885 : Traité de physiologie. — 0. Funkb et J. Latschbnberger, Arch. f. d. ges. Phys., t. XVII, p. 546, 1878, et t. XV, p. 405, 1887. — Hallion et Comte, Variât, vol. des extrémités, Arch. PhysioL, p. 216, 1896. •— Heller, Maya et V. Schrobttbr, Mod. du pouls, Zeitschr. f. klin. Med.^ XXXIU, p. 215, 1897; Arch. f. d. ges. Phys., LXVIl, p. 1, 1897. — De Jager, Oscill. resp. lapin, Arch. f. d. ges. Phys., XXXIX, p. 171, 1887. — KoNOw et Stenbeck, Bludrukes bei Erstikung, Skandinav. Arch. f Phys., 403, 1889. — N. Kowalbsky, Kunstlichen Athmung auf den Druck, Arch. f. Anal, und Phys. y p. 416-435, 1877. — Kraske, Respir. et circul. cardiaque artificielles, Berlin, klin. Woch., '25 avril 1887. — H. Kronecker et Heinricius, Resp. artif. press. aort., Correspondenz bl. f. scheizer Aerzte, n* 9, p. 277, l*»" mai 1888. — Lazarus et ScniRMUNSKi, Verdan.... Luft... Blutdruck, Zeitschr. f. klin. Med., p. 229, 1883. — Lebedeff et PoROCHjAKow, Geburt... Wochen bette, Cc/i/ra/6/. /*. Gynsek.^p, 1, 1*»* janv. 1884. — L. LuciANi, Pressione intratoracica et intra-abdominale, Arch. p. l. scienze med., lie année, fasc. 2 et 3, 1877, et brochure in-8^ Turin, 1877. >- J. Moreau et A. Lecrenier, Variai, press. lapin, Arch. biol.y III, 1882. — A. Naoumoff et S. Bbliaieff, Oxygène pur, vitesse du sang, Joum. de Van. et de la phys., mars 1875. — Martini, Pulswellen geschwindigkeit zu den Alhmungsphasen, Arch. f. Phys.y p. 1G9, 1891. — A. Rausowb, Chest-'wall in respiration, Brit. med. Joum., 28 févr. 1874. — Rieoel et Tcczbk, Variât, press. rétrécissem. voies aériennes, Soc. gén. méd. de Cologne y 8 àvr. 1874; Berlin, klin. Woch., n» 48, p. 716, 2, XI, 1878. — Rosapelly, Intluence aspiration thoracique et mouv. resp. sur circulation. Progrès médicaly p. 16, 1873. — W. Ruther- PORD, Retardât, of the puise... closure of the nostrils in the rabbit, Joum. of anat. and
physiol., XII, 1874. — Schllmanx, InQ. resp. circul., Thèse de Lille, n» 39, 1887. — ScHULTZE, Wiener med, Dlâtle, n© 9, 1890. — A. Stefaxi, Rivisla clin, di Bologna, avril 1876. — L. ScHWEiXBURG, Arch. f. An. uml Phys., p. 540, 1882, et p. 519, 1887. — S. Talma, Arch. f. die y es. Phys., Bd XXIX, p. 311. -- E. Wertheimeh, Sect. sous-bulb. de la moelle, Arch. Phys., n» 3, 1889; Variât, vol. des membres, Arch. Phys., VII, 4, 1895.
— E. Wertheimer et Meyer, Variât, rythme card. et forme du pouls, Arch. de Phys.^ 1889. — n. vox VVyss, Alternances pouls et respirât., Correspondenz bl. f. schweizer Aerzte, 1«' déc. 1886. — Zlxtz, Respir. circul., Arch. f. die ges. Phys., t. XVII, p. 373,
Respiration artificielle. — J.-O. Bertix, Thèse Paris. — Broseti, Wiener klin. Woch., 10 déc. 1896. — Bueh, Dangers, Finska làk. fiandl., avr. 1898. ~ H. Cdamp- NEYs, Med.-chir. Trans., LXV, p. 75, 1884. — Clar, Wien. med. Jahrb.^ p. 211, 1886. — CoBAS, Rev. d'hyg. thérap., mars 1890. — M. Daxiel, Journ. amer. med. Assoc, 12 févr. 1898. — J. G AD, Centralbl. f. Phys., p. 240, 1888. — Mac Kekdrich, Edimb. med. Journ.
— F. Lagraxge, Mécanothérapie (Appareil de Zander), Revue des maladies de la nutrition, t. VI, n® 4, 1898. — Leard, Ann. d'hyg. publ. et de méd. lég., 3« série, II, p. 93, 1879. — CuRT Lehmaxx, Centralbl. f. Phys.,p. 285, 1888. — Lev/ire, Arch. f. Anat. und Phys., 1879. — Llkjanow, Centralbl. f. Phys , p. 237, 1888. — F. Miescuer, Centralbl. f. p. 341, 1888. — Memser, Arch. f. d. ges. Phys., XLV, p. 284, 1889. — Northrlp, Rep. Phys.jPresb. /fo*/)., j an v. 1896. — Richardsox, Woods med. an. Surg. monog., cet. 1890.
— RosEXTHAL, Arch. f. Anat. und Phys., 1889. — Schift, La iVoztone (Analyse de Boll), in Centralbl., 1872 et 1873. — Max Schuller, Arch. f. pafh. Anal., CLI, 1, 1898, — TiFFiER et Halliox, Biol., 12 et 19 déc. 1896. — Zlxtz, Arch. /'. Phys., p. 166, 1889.
Le rythme régulier, qui soulève la poitrine un certain nombre de fois par minute et la laisse retomber, est entretenu par le système nerveux. Celui-ci nous apparaît ici une fois de plus comme un excitateur, un coordinateur et un régulateur des actes et des mouvements d*une fonction, la fonction respiratoire. Par quelles de ses parties, par quel enchaînement de ses éléments composants le résultat est-il obtenu? La réponse à cette dernière question surtout aurait une grande portée, parce que, du moins au plus, toutes les fonctions se répétant, elle nous ferait pénétrer dans le domaine encore si ignoré du fonctionnement des centres.
Déterminons d'abord la place et les limites de ce système partiel; nous examinerons ensuite les explications qui ont été tentées de son mécanisme fonctionnel.