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LA RESPIRATION DES TISSUS OU DES CELLULES

diacide carboniqtie que si elle est laissée au repos. C'est également pendant le fonctionnement musculaire, comme on sait, que la respiration de rhomme et des animaux prend, toutes choses égales d'ailleurs, son maximum d'intensité. Ce second trait rapproche encore la respiration cellulaire de la respiration proprement dite, telle qu'elle est totalisée dans le poumon.

Respiration des muscles isolés du corps. — Tissot a fait, en employant des méthodes et des mesures très rigoureuses, une étude détaillée des échanges gazeux, qui se font dans les muscles extraits du corps, dans diiïérentes conditions tant physiques que physiologiques, énumérées ci-après.

Pour éviter l'intervention des phénomènes de putréfaction, cause habituelle d'erreur quand l'expérience est de longue durée, les muscles étaient, lorsqu'il le fallait, recueillis aseptiquement,et placés dans des récipients stérilisés.

Des dosages méthodiques des gaz étaient institués, pour connaître la quantité d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé, suivant la durée et les phases del'expérience, l'état du muscle, son temps de survie, la composition du milieu, etc.

I. Uniformité relative de Toxygéne absorbé. — Entre le muscle ainsi détaché du corps de l'animal et le milieu oxygéna mis à sa disposition, il s'établit une véritable respiration, dans le sens physiologique du mot, avec absorption d'oxygène et exhalation (Tacide carbonique. — La mesure de ce phénomène de respiration est dans la quantité de l'oxygène absorbé, bien plus que dans celle de l'acide carbonique exhalé; cette dernière étant sujette à des variations plus grandes que la première. — Le rapport de l'une à l'autre est de ce fait tantôt plus grand, tantôt plus petit que l'unité, et ne saurait avoir, dans ce cas, de signification particulière.

2. Variations dans le dégagement diacide carbonique. — La quantité d'acide carbonique exhalée dépend non seulement de celle qui est produite dans le muscle pendant le temps de l'expérience (phénomène physiologique), mais en même temps de celle qui est emmagasinée en lui, à l'état de dissolution ou de faible combinaison, et qui le quitte lentement, en se mêlant à la première (phénomène physique).

3. Quantité préformée, dégagement parement physique de cette quantité. — Un muscle mort, tué par la chaleur, dégage encore des quantités notables d'acide carbonique, et d'autant plus qu'on le soumet pendant le dégagement à une température plus élevée. — Un muscle vivant isolé du corps dégage d'autant plus d'acide carbonique qu'il en contient une plus grande quantité préformée dans son intérieur.

La quantité d'oxygène absorbée dépend presque uniquement de la consommalion que le muscle en fait, et dépend presque exclusivement d'un phénomène physiologique : un muscle tué par la chaleur peut, il est vrai, absorber de l'oxygène, mais en quantité véritablement négligeable.

4r. Repos et travcdL — Si les muscles ainsi détachés et placés dans des atmosphères confinées sont mis en état de travail par l'excitation électrique, / 1 quantité d'oxygène absorbée et d'acide carbonique exhalée e^t plus grande que pour ces mêmes muscles (ou des muscles similaires) en état de repos.

5. Fatigue, dimination de Texcitabilité. — La quantité d'oxygène absorbée parle muscle diminue lorsque l'excitabilité diminue ; dans le cas, par exemple, du muscle fatigué par un long travail.

6. Température élevée. -^Un muscle (de grenouille) chauffé à une température supérieure à 42 ou 44<^, perd rapidement la propriété d*absorber Toxygène de Tair. Â des températures inférieures, cette propriété devient d'autant plus faible que la durée du chauffage a été plus prolongée : et la capacité d'absorption se maintient d'autant plus longtemps que la température a été moins élevée.

7. Nature du milieu : inerte ou oxygéné. — Dans une expérience de longue durée, conduite aseptiquement, le dosage des échanges était fait jour par jour et le milieu chaque fois renouvelé, pour permettre au muscle la plus longue survie. De plus, l'expérience fut faite d'une façon comparative : d'une part sur un muscle placé dans l'air, d'autre part sur un muscle placé dans un gaz inerte, l'hydrogène. — Dans le milieu aérien, l'absorption d'oxygène et le dégagement d'acide carbonique allèrent décroissant progressivement dans le premier jour, pour devenir très faibles vers le 13*' et le i 5« jour. — Dans l'hydrogène, le dégagement d'acide carbonique décrut brusquement, et devint nul à partir du 6* jour.

Cette dernière expérience nous rappelle celle de W. Edwards, nous montrant une grenouille qui continue à dégager de l'acide carbonique, quand elle est plongée dans un gaz inerte. Et ce dégagement tient de même à une provision d'oxygène qui continue à former de l'acide carbonique, en plus de lacide carbonique déjà formé et dissous dans le plasma musculaire, qui se dégage. — Dans un milieu non oxygéné, la cellule musculaire est réduite à sa provision intrinsèque d'oxygène ; dans un milieu oxygéné, elle puise, au moins pendant un certain temps, dans ce milieu, pour refaire sa provision intérieure, d'où sa survie bien plus grande.

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