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I. Calorimétrie indirecte. — Bien que nous ne connaissions pas exactement la nature de l'oxydation qui absorbe Toxygène dans le cerveau et y produit Tacide carbonique, la calorimétrie indirecte
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témoigne donc, de son côté, de la faible dépense énergétique de cet organe. Si faible que soit cette dépense, elle aurait cependant pour nous un intérêt particulier, si nous pouvions saisir le lien qui la rattache à un autre aspect de la fonction du cerveau, à savoir aux phénomènes psychiques qui traduisent son activité intérieure. Or on ne saisit aucun parallélisme entre les deux ordres de phénomènes. Si (comme on a pu le faire dans les cas de perte de substance du crâne) un thermomètre sensible est mis en contact avec Técorce cérébrale sur un individu humain, on ne voit pas que la température s'abaisse pendant le sommeil, s'élève pendant la veille, s'exagère pendant l'activité intellectuelle la plus intense ou, si des oscillations se présentent^ elles se font sans concordance tiécessaire avec les variations de Inactivité psychique y parfois en sens inverse de ce qui vient d'être indiqué. On a pu les observer pendant un sommeil profond. Elles ont paru parfois coïncider avec des excitations inconscientes des sens (bruit extérieur non accompagné de réveil) et traduisent plutôt un état émotif qu'un acte de compréhension ou un effort intellectuel. Chez les animaux, l'élévation de la température cérébrale est surtout accusée quand on produit l'asphyxie, et elle atteint son maximum quand la conscience est évanouie. Mais il faut remarquer que Teffet thermométrique n'est visible qu'un certain temps après la cause qui l'a produit, et que la mort par asphyxie est précédée d'un certain état de surexcitation de tout le système nerveux y compris le cerveau (Mosso).
Les élévations de la température ainsi observées sont corrélatives de l'activité totale de la région cérébrale explorée thermométriquement; les phénomènes que nous appelons conscients ne correspondent au contraire qu'à une activité partielle du cerveau. Dans le cerveau, en effet, et jusque dans son écorce, les phénomènes inconscients côtoient les phénomènes conscients et le départ des uns et des autres est impossible à faire, par la raison que seuls les phénomènes conscients sont saisis par nous en tant qu'activité intérieure du cerveau. Les phénomènes inconscients nous échappent par définition. De plus le champ de la conscience n'est pas fixe, mais peut s'agrandir, s'atténuer, se déplacer à chaque instant (dans la veille, dans le sommeil, dans les directions différentes que prend l'attention). — On voit tout de suite parla qu'il ne peut y avoir de commune mesure entre la chaleur et l'activité psychique^ autrement dit entre la chaleur et les phénomènes de la conscience psychologique.
II. La chaleur et la pensée. — On avait fondé l'espoir de trouver à l'aide de telles expériences une équivalence entre l'énergie physique que saisissent nos sens extérieurs et ce phénomène tout
intérieur que nous appelons psychique, précisément parce qu'iPcst insaisissable autrement que par notre sens interne. Quelque idée qu'on se fasse des unes et de l'autre, on voit que le problème échappe à l'expérience. Il ne faut pas trop s'en étonner. Parmi les phénomènes physiques, la chaleur est un des plus simples que nous saisissions ; par contre le phénomène que nous appelons la pensée est un des plus complexes qu'il nous soit donné de connaître ; ils représentent pour nous les pôles opposés de la phénoménalité. lis ne sauraient avoir de commune mesure.
111. Circulation cérébrale. — La circulation cérébrale, envisagée au point de vue purement mécanique, a été étudiée ailleurs (Voy. Circulation^ p. 255) ; nous avons à la considérer ici dans ses relations avec le fonctionnement cérébral lui-même.
Les relations de mutuelle dépendance, qui existent entre le cœur et le cerveau, sont d'une nature très évidente. Elles s'accusent d'une façon saisissante, toutes les fois que l'un de c^s organes vient à être troublé dans son fonctionnement, par le retentissement que ce trouble a sur l'autre.
a. Action du cœur sur le cerveau. — L'arrêt momentané du cœur a sur le fonctionnement cérébral un effet immédiat qui se traduit par la perte de la conscience (vulgairement perte de connaissance), l'insensibilité, la résolution musculaire, ensemble auquel on adonné le nom de syncope. Aucun organe ne conserve son excitabilité, lorsqu'il est privé de son irrigation sanguine ; mais, tandis que pour beaucoup cette perte des fonctions est lente et graduelle, au point de demander des heures, nous voyons que pour le cerveau, pour sa substance grise, pour son écorce surtout, cette perte est pour ainsi dire instantanée chez les animaux à sang chaud. L'expérimentation confirme cette donnée de l'observation vulgaire. Chau- VEAU, en opérant sur les nerfs crâniens, a vu que la sensibilité ne survit pas aux derniers battements du cœur. Par contre, l'excitabilité des nerfs moteurs se conserve encore pendant un certain temps après la mort. L'excitabilité motrice est une fonction cellulaire. La sensibilité, sous sa forme consciente, est une fonction appartenant à une systématisation complexe (réalisée principalement dans le cerveau). Dans l'œuvre de destruction, qui suit fatalement l'anémie poussée à ses limites extrêmes, ce sont donc d'abord les éléments cellulaires qui se séparent les uns des autres ; ultérieurement la dislocation envahit ces éléments eux-mêmes, en suivant un ordre régulier.
b. Action du cerveau sur le cœur. — Les troubles du fonctionnement du cerveau ont de leur côté une répercussion sur le fonctionne-
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ment du cœur. On saitTinfluence des émotions, des passions diverses sur le rythme cardiaque. Dans certains cas ce rythme est précipité ; dans certains autres il est ralenti ; parfois l'impression psychique, lorsqu'elle est vive, peut inhiber le cœur, et Tanémie cérébrale ainsi que la perte de conscience qui en résulte se trouvent être la conséquence d'une impression, qui du cerveau a retenti sur le cœur, pour affecter secondairement le cerveau.
Par leur exagération, ces effets sont propres à symboliser les relations existant entre le système circulatoire et le système nerveux, dont le cœur d'un côté, et le cerveau de l'autre, représentent les parties les plus différenciées. L'action du cerveau sur la circulation n'est, en effet, pas directe, mais s'exerce par l'intermédiaire d'un ordre, voire d'un système particulier de nerfs, les vaso-moteurs ; cette action d'autre part ne se limite pas au cœur, mais se prolonge sur les artères, qui ont leur innervation spéciale, distincte, sinon indépendante, de celle du cœur.
Par leur contraction, les artères du cerveau règlent la quantité de sang qui doit traverser cet organe et cette contraction, à son tour, est gouvernée par des nerfs émanés de centres sous-jacents au cerveau, qui adaptent les impressions de celui-ci à la régulation de sa propre circulation.
IV. Vaso-moteurs du cerveau. — Les vaso-moteurs du^ cerveau sont contenus (au moins pour partie) dans le cordon cervical du grand sympathique et proviennent, comme ceux de la face, de la moitié supérieure de la région thoracique de la moelle épinière. C'est par ce chemin détourné qu'une excitation émanée du cerveau et destinée à ses propres vaisseaux leur parvient. Dans le cerveau, comme dans les autres organes, la circulation (le débit du sang) est proportionnée à l'activité de la fonction. Des mécanismes régulateurs interviennent pour assurer cette proportionnalité. Ceux-ci sont constitués par des cycles réflexes, dont les centres de réflexion se trouvent ailleurs que dans le cerveau lui-môme, dans la moelle allongée et la moelle épinière.
Les artères du cerveau ne sont nullement, comme quelques-uns l'ont soutenu, soustraites à l'action du système vaso-moteur. Leurs éléments musculaires reçoivent des filets nerveux plexiformes démontrables anatomiquement (Bourgery) et histologiquement (Obersteiner). Les toutes premières expériences, réalisées sur le sympathique cervical, avaient déjà établi que la section et l'excitatation de ce cordon nerveux ont un retentissement sur la circulation du cerveau. L'application des méthodes vaso-myographiques à cette circulation a démontré de nouveau à E. Cavazzani la réalité
de cette influence. D'après cet auteur, le sympathique cervical contient pour le cerveau des éléments vaso-constricteurs et des éléments vaso-dilatateurs (comme pour la face et la rétine). Les premiers réagissent le plus fortement sous l'excitation électrique ; leur excitabilité s'éteint assez vite. Les seconds réagissent davantage sous l'influence de Tanémie.
Excitation du sympathique bervical chez l'homme. — JoNEsco et Floresco ont excité le sympathique cervical chez l'homme dans des circonstances permettant l'estimation de la circulation cérébrale. Par les excitations faibles on produit sa diminution, tenant à un resserrement des vaisseaux, et par les excitations fortes son augmentation, tenant à une dilatation de ceux-ci. C'est la preuve de l'existence dans le sympathique cervical d'éléments les uns constricteurs, les autres dilatateurs, destinés au cerveau, comme on sait qu'ils y existent pour d'autres organes.
Hypophyse. — L'hypophyse, ou glande piluitairej est un organe dontles fonctions, encore très obscures, se rapprochent de celles des glandes thyroïdes et parathyroïdes, qui tiennent sous leur dépendance la nutrition générale el celle du système nerveux lui-même. Ces fonctions seront examinées à leur
ffabenula C. optique Trigone
Bourrelet,
Tub, quad. ont.
Fig. 200. — Hypophyse (glande pituitaire) el épiphyse (glande pinéale) (d'après Charpt).
place à propos des sécrétions. La connexion anatomiquede cet organe, en grande partie glandulaire, avec le cerveau s'explique par lanatomie comparée. Chez TAmnocète, la cavité neurale (qui représente le canal épendymaire avec ses ventricules) est en communication avec la bouche par un canal bucco-ventricu- /atre,el, à son autre extrémité, avec l'intestin par un canal neurentérique. Unecir-
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«ulatioiî deau est entretenue dans ce système aquifère, jjrâce aux mouvements lies cils vibratiles de sa paroi à son entrée. Autour du canal bucco-ventriculaire est la pituitaire, formée de cellules épitliéliales d orij^ine épiblastique et d'éléments nerveux constituant une sorte de centre ou système particulier. La circulation aquifère, qui se fait dans le canal neural, assure la nutrition et l'oxygénation du système nerveux, chez ces animaux dépourvus d'appareil sanguin. Le produit de sécrétion dévei-sé par la pituitaire à l'entrée de ce courant est emporté avec lui, résorbé et remplit sa fonction inconnue.
Lors(iue,au cours du développement phylogénique, les vaisseaux apparaissent, <*'est le sang (jui distribue et l'oxygène et le produit de sécrétion; le canal aloi-s se ferme et les ventricules sont clos. Les thyroïdes sont, elles aussi, des glandes annexées à l'appareil respiratoire, et leur mode d'action sur l'assimilation semble se rapprocher de celui de la pituitaire.
Ëpiphyse. — L'épiphyse, ou corps pinéal^ est de môme un organe en voie de l'égression. On le considère comme ayant appartenu au sens de la vue. Dans le développement phylogénique, il représente chez certains vertébrés inférieui-s un ceil médian impair, qui s'ouvi-ait au dehors par le trou pariétal, encore existant notamment chez les Sauriens. Les fonctions nouvelles et vraisemblablement assez réduites de l'épiphyse chez les vertébrés supérieui^s sont en somme inconnues; on les range de même dans celles qui assurent la nutrition du système nerveux.