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Les échanges entre le cerveau et le sang

On admet, en principe, que Tactivité des organes est liée à un changement, à une dépense (suivie de reconstitution) de ces organes. Définir en quoi consiste ce changement est le problème que se pose la science positive. Pour quelques organes seulement, parmi lesquels surtout le muscle, ce problème a reçu un commencement de solution. La méthode suivie et les résultats obtenus sont comme des modèles, qu'on a cherché à utiliser, pour l'étude des fonctions, jusqu'ici plus impénétrables, d autres organes et en particulier du cerveau. Cette méthode est légitime à la condition que les conclusions ne dépassent pas la portée des faits. Par des expériences calquées sur celles qui ont servi à définir la fonction du muscle, nous pouvons essayer d'éclairer les fonctions du cerveau.

Cycle énerg^étique du muscle. — Pour le musclo,le plan de ces expériences a consisté à suivre, à travers lui, un double courant de substance et d enei-gie qui, apportées de l'extérieur, retournent à l'extérieur après lui avoir appartenu. Ce courant y dessine une sorte d'évolution, à laquelle ort distingue ainsi trois états principaux (initial, intermédiaire, final)' dans chacun desquels la substance et l'énergie, conservéesen quantité constante, prennent des formes caractéristiques, qui nous servent à définir la fonction musculaire au moins dans ce quelle a d'essentiel. La valeur des expériences, faites sur le muscle, vient justement de ce que les constatations, faites sur lui, sont non seulement qualitatives, mais quantitatives, et que Tétiuivalence quantitative des formes successives de l'énergie nous garantit sa provenance et sa filiation. Dans les muscles donc, la substance et l'énergie entrent puis ressortent transformées ; elles entrent unies et ressortent dissociées. C.ette dissociation de la substance et de l'énergie est même un fait qui caractérise la fonction du muscle, car elle ne se retrouve au même degré dans aucun autre tissu. Dans le muscle, l'énergie à ses états soit initial, soit intermédiaire (au moment qu'elle entre et quand elle y est en pi'ovision), est de forme chimique; àsonétat final (au moment qu'elle le quitte] elle est mécanique pour une part, et thermique pour une autre part. La fonction du muscle , telle qu'elle nous apparaît, est essentiellement une fonction énergétique.

L'équation très simple de la combustion, dans le muscle, du glycose du sang nous rend compte, tout à la fois, de ces mutations de substance et de la libération d'énergie qui s'opère, dans cet organe, au moment de Son activité.

Cycle énergétique du cerveau. — Dans le cerveau, lors(|ue nous cherchons à établir un cycle du même genre, plusieurs éléments nous manquent; soit que réellement ils fassent défaut, soit que l'expérience se trouve incapable de nous les déceler. A l'étal final de ce cycle, il n'y a manifestement point de travail mécanique; à grand'peine peut-on constater, dans certaines conditions spéciales, un dégagement de chaleur, qui se traduit par une imperceptible élévation de la température. C'est tout ce qu'on peut saisir, par les moyens directs, comme libération d'énergie. Voulons-nous, comme pour le muscle, faire des mesures de caloiimétrie indirecte, c'est-à-dire, remontera la source de l'énergie.

«n établissant Féquation chimique, qui peut nous expliquer sa production, nous prendrons pour témoin Toxygène qui y est consommé, et l'acide carbonique <iui y est produit, en dosant ces deux gaz, danslesang qui entre el dans le sang qui sort du cer\eau. Des expériences de ce genre ont été faites par L. Hnx et D.-N. N\BARRo : elles indiquent, elles aussi, que la dépense énergétique de tissu <!érébral est très faible. Le tableau (|ui suit exprime les moyennes tirées d'un certain nombre d'expériences donnant le bilan des échanges gazeux, dans le K^erveauet, par comparaison, dans les muscles du membre inférieur. Les expériences ont été faites d'une part sur le cerveau et les muscles en état de repos, ou même dont on a diminué l'activité par la narcose morphinique, d'autre paii sur le cerveau et les muscles mis en état d'hyperactivité par des attaques d'épilepsie provocjnée, au moyen de l'injection d'essence d'absinthe ou de .strychnine. Le sang était pris. dans la carotide et le pressoir d'Hérophile pour l'estimation des échanges dans le cerveau, dans la carotide et la veine fémoi'ale profonde pour l'estimation des échanges dans le muscle (le sang artériel a la môme composition dans toutes les artères).

Comparaison des échanges gazenx dans le cerveau et les muscles à rétat de repos et à l'état d'activité.

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