‹ Traité de physiologie (volume 3)Chapitre 117 sur 155 · A. — DE LA RÉTINE A L'ÉCORCE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

A. — DE LA RÉTINE A L'ÉCORCE CÉRÉBRALE

La rétine, membrane mince tapissant le fond de Tœil, présente, à elle seule, dans son épaisseur, trois neurones superposés (plus exactement, deux neurones et une portion d'un troisième). Ce sont: V les bdlonnets et les cônes (ces derniers dans la tache jaune et les premiers dans le reste de la membrane); 2° les cellules bipolains dites visuel/es ; 3° les cellules dites ganglionnaires. Ces dernièros donnent naissance aux axones qui forment les libres du nerf optique ^t remontent du côté de Técorce.

I. Signification morphologique. — Pour tous les systèmes sensori-moteurs, en lesquels se partage le système nerveux, on admd une unité de plan et une sorte d'équivalence entre leurs éléments composants. Dans les chaînes de neurones qui forment chacun do ces systèmes partiels, on suppose volontiers qu'il existe un mém»" nombre d'articles et d'étapes principales franchies par Texcitation. On peut donc essayer de les grouper par leurs numéros d ordre eu les comparant d'un système à l'autre. Dans le système tactile, le neurone initial est celui qui de la peau va à la substance grise médullaire, où l'excitation est reprise par un deuxième neurone, qui atteint l'encéphale. Dans le système visuel, le neurone initial est un bâtonnet ou un cône, qui transmet l'excitation à une cellule

bipolaire, qui la transmet elle-même à une cellule ganglionnaire ou d'origine du nerf optique ; ce qui fait assez manifestement un article de plus que dans le système précédent, pris pour type structural. On a cherché à rétablir Thomologie, en assimilant le bâtonnet et le cône, non plus à un élément nerveux, mais à une cellule épithéliale différenciée, telle que celles qui se trouvent h l'extrémité des terminaisons nerveuses tactiles ; les équivalents des neurones des racines postérieures seraient alors les cellules bipolaires. Lorsqu'on fait, sur l'animal vivant, une injection intravasculaire de bleu de méthylène, les bâtonnets et les cônes no subissent aucune coloration, alors que les cellules bipolaires et tous les éléments proprement nerveux de la rétine sont colorés par ce réactif (Renaut).

Au fond, la vérité est que, dans aucun de ces systèmes, nous ne connaissons exactement les rapports des éléments nerveux entre eux. Entre le premier et le deuxième neurone tactile, nous ignorons s'il n'existe pas quelque court neurone interposé, dans le genre de la cellule bipolaire de la rétine. Et, au surplus, l'unité de plan peut n'être pas à ce point rigide qu'elle implique un nombre d'articles exactement pareil dans tous les systèmes analogues.

Cellules d'association. — En plus des neurones qui semblent ainsi se succéder directement, il existe, soit dans la moelle, soit dans la rétine, des cellules à prolongements courts, dites cellules des neurones d'association, parce qu'on suppose qu'ils établissent, entre les conducteurs nerveux, des relations autres que celles qui naissent du contact direct de ces derniers. La connaissance du mode particulier de ces associations serait poumons du plus haut intérêt, mais celui-ci est présentement inconnu. Nous devons le supposer assez compliqué. Dans la couche des grains internes de la rétine, il existe de petites et de grandes cellules horizontales auxquelles on assigne un rôle de ce genre. On distingue encore d'autres cellules dites sponyiobtasles^ dont les uniques expansions sont en relation avec les cellules ganglionnaires de la rétine. La rétine, en nous offrant en raccourci des structures qui par ailleurs, affectent de grandes dimensions, est néanmoins un lieu plus favorable que d'autres pour étudier ces rapports. Elle nous montre ou particulier le détail suivant, observable également dans d'autres sens, à savoir que, dans leur articulation, les neurones ne se correspondent pas un pour un, mais que leur champ de distribution chevauche sur des portions (du reste inégales suivant les cas) des champs de réception des neurones consécutifs.

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