VII. L'unité de sensation dans la vision binoculaire
Dans la vision binoculaire, les deux images physiques formées, Tune au fond de chaque œil, se trouvent confondues dans une seule -et unique image psychique. Ce phénomène de synthèse n'est en réalité pas plus étonnant que tant d'autres d]pii résultent nos sensations et nos perceptions; mais il est ici plus évident et nous frappe ^lavantage en raison de la séparation plus manifeste des éléments avec lesquels s'élabore la sensation. On pense en donner une explication, en remarquant que les impressions reçues sur les zones homonymes, c'est-à-dire droites ou gauches des deux rétines, convergent par les bandelettes et les radiations optiques vers le même hémisphère cérébral, dans lequel se superposent ainsi des ondes nerveuses ^le même forme et de même succession. Mais ce n'est qu'une partie de l'explication ; il reste à montrer comment ces images psychiques, formées dans les deux hémisphères, se superposent à leur tour en une image unique. On fait intervenir pour cela les commissures interhémisphériques, dont le corps calleux forme la partie la plus importante, et qui solidarisent les fonctions des deux moitiés du cerveau. Nous retombons dans la formule commune à toute sensation : un phénomène qui en soi et par définition réalise l'unité, mais dont l'analyse physiologique fait voir les éléments composants
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et les montre d'autant mieux dissociés qu'on s'éloigne davantage de Técorce cérébrale.
Remarquons d'autre part que les zones droites et gauches des deux rélines ne sont pas celles qui ont le rôle le plus important dans la vision, mais bien la zone centrale ou maculaire placée sur la ligne de partage des précédentes. On semble admettre souvent que la tache jaune est partagée elle-même par l'hémianopsie en deux moitiés, l'une insensible, l'autre sensible. D'apri'S Monakow, les altérations localisées à un seul hémisphère la respectent au conti*aire, enr grande partie, pendant qu'elles suppriment la vision dans les zones homonymes de la périphérie. On a cherché l'explication de ce fait en supposant la macula de chaque côté reliée aux deux hémisphères à la fois, ou encore en admettant une localisation corticale des excitations de la macula qui serait différente decelle du reste de la rétine. Moxakow pense au contraire que son territoire coitical est beaucoup plus diffus et que c'est la raison pour laquelle elle échap[;e mieux à la paralysie.
Quoi qu'il en soit, l'image d'un objet placé directement devant l'œil et formée au centre de la macula est comme à cheval sur des fibres qui, étant comme les autres partiellement croisées, la projettent sur les deux hémisphères, la synthèse de l'objet ne s'en fait pas moins dans le sensorium.