‹ Traité de physiologie (volume 3)Chapitre 142 sur 155 · C. tangent · texte numérisé non relu

C. tangent

Grains Alvcus Lame enr.

Str. tac.

Fig. 2o8. — La corne d'Ammon et le corps ijodronne.

Coupo transversale scliOriialique ; le corps gcxlronné en bleu; la pio-iuôre <^n rougf ; les ôléiiienls fondaiiicnlauv sonl seuls ligures; en |)arlie, d'après Dbjerine.

ginellesd'un certain nombre de neurones profonds, cérébraux, dont les axones dégénèrent jusqu'à leur premier relai, en même tempsque des atrophies pourront s'ensuivre dans les neurones consécutifs. Os dégénérations, tant directes (jue consécutives, n'ont pas été étudiées encore avec le même détail que celles des autres systèmes. Néanmoins, Trevirams avait déjà anciennement noté un certain degré d'atrophie de la corne d'Ammon à la suite de lésions de la bandelette olfactive. Les nouvelles méthodes confirment cette indication : une dégénéralion s'<»hserve sur la corne d'Ammon du même coté et sur le lobe piri-

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forme, sur la corne d'Ammon du côté opposé et dans le bulbe olfactif 4lu côté opposé ; dégénération atteignant ainsi les fibres, les unes croisées, les autres directes. Pas de dégénération de la racine allant à la cir convolution du corps calleux (Loewenthal).

Absence de données expérimentales et cliniques.— Aucune <les localisations corticales n'est plus pauvre de données précises (cliniques ou expérimentales) capables de contrôler les inductions lie Tanatomie à son égard. Un cas suivi d'autopsie a été observé, <lans lequel la compression de Thippocampe par un néoplasme a donné lieu à des attaques précédées d'une aura, consistant en sensations d'odeurs très désagréables. Outre qu'il est isolé, ce fait par luimême n'est guère démonstratif. C'est par le déficit de la fonction que les localisations sensorielles peuvent le mieux s'établir ; car l'exagération fonctionnelle peut s'expliquer aussi bien, et môme mieux, par une irritation à distance que par une action directement localisée sur la région corticale qui est en discussion. — Une lésion double portant sur la zone corticale olfactive réaliserait le cas type appelé à décider sur la question, à supposer quel'anosmie ait été conslatée pendant la vie du sujet. Une telle lésion doit être forcément rare.

S. — Voies motrices olfactives.

L'activité motrice est la mesure extérieure de la sensibilité. Les sens étant multiples, le plus important d'entre eux sera celui qui aura le plus de relations habituelles avec la motricité, autrement dit celui qui est la source ordinaire des renseignements sur lesquels s'élaborent les idées et se déterminent les actes. De ce point de vue il est facile de voir combien le sens de l'olfaction a perdu, chez nous, de l'importance qu'il avait chez les premiers vertébrés et qu'il a conservée chez quelques mammifères. Dans la chasse que l'homme a dû faire pour ses besoins et qu'il ne fait (parmi les races civilisées} plus que pour son plaisir, il s'associe le chien, en raison de ses aptitudes osmatiques. D'après cet exemple, il est facile de voir le rôle que joue l'olfaction dans les représentations que cet animal se fait des choses qui l'entourent. Son cerveau est fourni d'images olfactives d'une intensité et d'une précision de détail, dont notre propre sens de l'olfaction nous donne la notion, mais dont notre sens de l'audition, par exemple, peut nous donner une idée plus ou moins équivalente.

Chez l'homme, le sens olfactif non seulement ne dirige plus Tactivité motrice extérieure, mais il n'y intervient que très accidentellement, soit dans un

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but défensif, soit pour la recherche de la sensation elle-même. Aussi, l'activité motrice directement liée à Tolfaction est-elle réduite à quelques mouvements des narines et de la cage thoracique, coordonnés dans des actes d'inspiration, d'expiration ou d'occlusion plus ou moins complète de l'orifice i^espiraloire. Le facial et avec lui les nerfs de la respiration sont ainsi associés au nerf olfactif dans un réflexe, suivant les cas, de défense (constriclion) ou d'adaptation à l'exercice de l'odorat (ouverture des narines et inspiration).

Réflexes d'adaptation. — Dans les organes des sens les plus perfectionnes (œil, oreille), nous voyons, en dehors des mouvemenls raisonnes et volontaires qui procèdent de l'activité de ces sens, des mouvements réflexes d'adaptation qui sont de trois ordres : 1° une motricité extérieure de direction ;2° une motricité intérieure d'adaptation ; 3° des activités vaso-motrices et sécrétoires également nécessaires qui entrent en jeu.

a. Adaptation extérieure. — Dans le mouvement des narines (et celui du thorax) nous reconnaissons, à peu près, le jeu des muscles^ directeurs de l'œil ou du pavillon de Toreille. Nous ne connaissons pas, dans la narine, de muscle interne fonctionnant comme l'iris et le muscle ciliaire, ou comme les muscles des osselets dans Toreille moyenne; mais des épithéliums sécréteurs règlent l'état d'humidité convenable à l'impression des odeurs sur la muqueuse olfactive, et des actions vaso-motrices règlent également la circulation dans cette muqueuse.

b. Adaptation intérieure. — Autant qu'on en peut juger par ce qui se passe à Tentrée et à la partie inférieure de la narine, l'innervation vaso-motrice et secrétaire de l'organe de l'olfaction est calquée sur celle des organes visuel et auditif. Le grand sympathique, par des fibres qui viennent de la moelle thoracique et par d'autres qui, contenues originellement dans le tronc du trijumeau, convergent avec les précédentes vers le ganglion sphéno-palatin, équilibre la circulation de cette région, la modère par ses constricteurs, l'exagère par ses dilatateurs, qui viennent soit du sympathique cervical, soit du trijumeau, et qui sont très excitables chez le chien, dans l'un et l'autre nerf. Le système des nerfs sécréteurs a vraisemblablement la même topographie et la même dualité fonctionnelle.

Rapports avec la sensibilité générale. — On pourrait redire du sens de l'olfaction ce que nous avons dit des autres sens, en considérant leurs rappoHs avec la sensibilité générale. La muriueuse olfactive, organe périphérique du sens de Tolfaction, possèdedes nerfs spéciaux pour les odeurs : elle en possède d'autres qui y représentent la sensibilité tactile, celte dernière universellement dévolue aux organes et que, pour cette raison, on appelle générale. Le trijumeau assure celte sensibilité générale à l'intérieur comme à Textérieur de la narine.

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Sa paralysie (de nature fonctionnelle ou Iraumatique : hystérie, section du nerf) entraîne, en plus de la perte de la sensibilité générale, une altération -ou même une paralysie de l'olfaction. Ces faits, bien vus par Magendie, pouvaient faire croire alors à uneparticipation directe du trijumeau à la fonction osma- (ique.

La paralysie sensorielle est ici (comme pour la vue et l'ouïe) un phénomène secondaire. Elle ne suivra pas immédiatement la section expérimentale du nerf iiensitif (trijumeau), mais sera la, conséquence des troubles de nutrition qui se •<léroulent à la suite. L'interprétation de ces troubles de nutrition a souvent varié. Le fait qu'ils succèdent à la paralysie d'un nerf manifestement sensitif les fait attribuer^eux-mémes à une disparition de la sensibilité générale, qui en serait la cause immédiate et sufiisanle. Nous croyons à l'existence de nerfs 'Centrifuges gouvernant les fonctions propres (et par l'inlermédiaii^e de celles-ci la nutrition) des éléments fixes de la muqueuse, lesquels éléments dégénèrent à la suite de la section de leui's nerfs proj)res, comme tout organe qui ne reçoit plus d'excitation.

B. - SYSTÈME GUSTATIF.

I. Champ des impressions. — Le champ des impressions gustatives est limité à certaines régions de la muqueuse buccale, à savoir: i** la base de la langue en arrière du V lingual ; 2** la pointe de celle- <îi et un peu les bords ; 3° les bords du voile du palais. Ces limites peuvent du reste varier avec les individus.

Papilles de la langue. — C'est à la base de la langue que les organes récepteurs des impressions guslatives ont été surtout bien étudiées. La muqueuse est pourvue de papilles de forme variée (filiformes, fongif ormes ^ calici formes). Les organes du goût sont des bourgeons disséminés sur les papilles fongiformes, mais surtout caliciformes, sur les bords du fossé de circumvallation qui entoure ces papilles, lesquelles seraient mieux nommées ea/îc/co/^5 puisqu'elles s'élèvent dans Tintérieur du calice au lieu de le constituer (M. De val).

Bourgeons du goût. — Les bourgeons du goût sont de petits organes ovoïdes, à grand axe dirigé perpendiculairement à la surface de la muqueuse. Ils apparaissent striés à leur surface, et ces stries correspondent à des cellules allongées suivant des méridiens parallèles au grand axe.

Cellules guslatives. — Os cellules sont de deux sortes : les unes sont des éléments de soutien ; les autres sont des éléments spécifiquement différenciés, adaptés à la réception de l'impression gustative [cellules gustatives). Les premières existent tout au pourtour du bourgeon du goût, et aussi dans son intérieur. ■C'est parmi elles que se trouvent les secondes: leur forme est celle d'un élément nucléé prolongé d'un côté par un bâtonnet cilié qui fait issue hors du bourgeon, -et de Tautre par une fibre mince qui se dirige vers la face profonde de la mu- <|ueuse. Le bourgeon gustatif est muni d'une sorte de pore^ situé dans le prolongement superficiel de son axe. Par ce pore sortent les prolongements ciliés des

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cellules gustatives, qui se trouvent ainsi baigner dans le liquide buccal contenant les substances sapides.

Équivalence. — Les cellules gustatives ne sont pas les équivalents des cellules olfaclives : elles ne sont pas des éléments nerveux ; elles sont seulement

en contact immédiat avec les arborisations de«4 nerfs du goût, dont les cellules ganglionnaii^s sont dans le ganglion d'ANDERSii pour le glosso-pharyngien. Les extréniités initiales de ces nerfs pénètrent dans les bourgeons du goût par des librilles inti-agemmales et couvrent les cellules gustatives de leurs arborisations. Elles reçoivent ainsi de seconde main l'ébranlement excilaleur des substances

Fig. 259. — Appareil folié guslatif du lapin.

/), porc du goût ; *, cellules gustatives ; i, fibres nerveuses intraépithélîales ; n, nerf afférent au bourgeon gustalif. (D'après Ran-

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