L'ORGANISATION NERVEUSE
L'organisation nerveuse a pour base une liaison, une dépendance réciproque de la sensibilité et du mouvement. Ses perfectionnements lui viennent des formes multiples et nuancées qu'affectent Fun et l'autre phénomène, ainsi que des associations sans nombre qu'ils sont susceptibles de réaliser. Les voies centripètes canalisent des excitations qui sont multiples et diverses dès leur origine (organes des sens) ; les voies centrifuges aboutissent à des muscles (ou organes équivalents), eux-mêmes nombreux et divers, pour la réalisation d'actes visibles ou cachés, qui marquent la fin de l'évolution du processus nerveux. Du début à la fin de celui-ci s'intercale le phénomène de sensibilité : sa valeur va croissant avec la complication des voies nerveuses, suivies par l'excitation, et aussi par le séjour qu'elle fait dans ces voies.
Cette complication est ordonnée ; elle procède de lignes simples et d'un plan reconnaissable. Il nous faut d'abord indiquer ce plan général, par lequel se dessine aux yeux l'organisation des excitations. En lui superposant les données de l'expérimentation, il nous fera voir la marche de celles-ci ; leurs courants tantôt divergents, tantôt parallèles et tantôt confluents; leurs conflits multipliés; leurs renforcements, leurs partages et leurs ajournements ; toutes circonstances qui ne nous expliquent pas encore ces faits de l'observation intérieure que nous appelons la sensation et Tidée, mais qui manifestement les conditionnent et nous donnent prise sur eux, dans la pratique expérimentale et d'ores et déjà dans le traitement des maladies nerveuses.
Son schème. — On distingue en anatomie un système nerveux périphérique et un système nerveux profond (celui qu'on appelle généralement central).
a. Système inférieur. — Cette distinction est justifiée physiologiquement, à la condition de faire le partage, non pas à la terminaison et à Torigine apparentes des racines sensitiveset motrices, mais à leur terminaison et à leur origine réelles dans la substance grise bulbo-médullaire. La limite conventionnelle des deux systèmes est déedupée dans cette substance grise.
Le long cylindre qui représente celle-ci est le rendez-vous direct des impressions périphériques, en même temps que le point de départ immédiat des réactions motrices; il est un lieu de systématisation et d'organisation des excitations; il est la clef de voûte du système périphérique ou inférieur,
b. Système supérieur, — Un autre lieu de substance grise, ayant la forme d'une sphère plissée, existe à la surface du cei'veau : il est relié au précédent par des connectifs à conduction pour les uns ascendante et pour les autres descendante, qui lui apportent les excitations reçues par celui-ci et qui les lui remportent. 11 n'a de communication avec Textérieur que de façon indirecte et médiate ; il travaille sur les matériaux préparés par l'axe gris, auxquels il donne une nouvelle organisation, et il réagit sur l'extérieur par l'entremise de ce même axe gris, dont il utilise les associations motrices également toutes préparées : c'est la clef de voûte du système profond ou supérieur.
Les conducteurs qui projettent l'excitation (en deux sens différents) entre Ja périphérie et l'axe gris sont les fibres de projection dites du premier ordre. Celles qui la projettent entre les deux lieux sus-indiqués de substance grise sont les fibres de projection du second ordre.
Extension de Taxe gris hors dn raohis. — Ganglions dn grand sympathique. — Ce schème si simple demande aussitôt quelques corrections et adjonctions pour ne pas rester en dehors de la réalité. Extérieurement au canal rachidien, l'axe gris se prolonge sous forme de petites masses grises disséminées, les ganglions du grand sympathique, qui ont les fonctions sensitivo-motrices de la moelle épinière.
Prolongements supérieurs de l^aze gris. — Tout en haut, au-dessus du bulbe rachidien, après que l'axe gris a récolté tous les conducteui's de la sensibilité générale, on le voit surmonté par des masses discontinues (les corps genouHlés interne et externe, les tubercules quadrijumeaux postérieur et antérieur, les corps mamillaires), qui appartiennent à des sens spéciaux (audition, vision, olfaction) et forment, au point de vue fonctionnel, comme des prolongements différenciés de cet axe lui-même. — Plus haut encore, nous trouvons une masse grise importante, le thalamus ou couche optique, qui apporte une complication nouvelle dans cette architecture jusqu'ici en apparence si simple. Cette masse, composée de territoires distincts, dont chacun appartient à l'un des sens qui se partagent le système nerveux, n'est plus placée à Tunion des fibres de projection du premier et du second ordre, mais sur le trajet même de ces dernières. Pour mieux dire, les voies ascendantes ou sensitives, qui vont de l'axe gris à l'écoree cérébrale, sont interrompues dans la couche optique, en majeure partie pour la plupart des observateurs, toutes môme pour quelques-uns. Cette inteiTuption si visible n'est pas la seule que subissent les chemins de l'excitation ascendante ; nous en trouvons de semblables dès la moelle épinière, ce qui fait qu'on divise ces voies en deux espèces : les unes longues, allant de l'axe gris à l'écoree ; les autres courtes, affectant suivant les cas toutes les longueurs.
Un autre organe, qui lui aussi a la valeur d'un système, le cervelet, par les connexions qui le relient à l'axe gris et à l'écoree, complique encore cet ensemble que nous appelons dans sa totalité le système supérieur ou profond. De toutes façons, le trajet des excitations, qui parcourent ce système supérieur, est extrêmement accidenté et, à ce point de vue, contraste avec la simplicité relative de leur marche dans le système inférieur.
Systèmes Juxtaposés équivaients. — En plus des divisions qui viennent d'être indiquées, le système nerveux en offre encore d'autres, dans un sens tout