RÉACTIONS MOTRICES
Amvéc des aliments dans le tube digestif.
Mouvement de l'opsopliage, de restomac et de l'intestin.
Brusque mouvement menaçant l'œil.
Clignement des paupières.
Prt^scnce de vers irritant l'intestin.
Convulsions des membres.
Excitation douloureuse de la peau.
Constriction vasculairo généralisée.
Ces exemples pourraient être multipliés à Tinfini. 11 y aurait peu d'effort à faire pour établir dans chacune de ces catégories de nombreuses divisions et subdivisions, répondant aux différents ordres de la sensibilité et de la réaction motrice. Le nombre des combinaisons s'y accroîtrait de manière à défier toute description et toute représentation schématique. 11 est plus simple de dire que tout élément sensitif quelconque peut être mis en relation réflexe avec tout élément moteur également quelconque pour Texercice des multiples fonctions de détail ou d'ensemble par lesquelles s'entretient la vie.
IX. Centres réflexes de la moelle épinière. — Les centres réflexes existent partout où existe de la substance grise. La moelle épinière en présente tout le long de son trajet. La physiologie le démontre, en constatant qu'après isolement de chacun des tronçons métamériqucs de cet organe, l'excitation trouve à travers lui un chemin, pour aller de la racine postérieure à la racine antérieure. L'anatomie précise cette donnée, en montrant les arborisations terminales des neurones de la première allant au contact des arborisations initiales de ceux de la seconde.
Centre principal médullaire, noyau de Goll. — La physiologie désigne également depuis longtemps (même chez le chien et la grenouille) un ou des centres réflexes plus importants que les autres, situés dans la partie tout à fait supérieure de la moelle épinière et empiétant même sur la moelle allongée. Des expériences anciennes ont montré quel gain il y a pour les excitations sensitives à passer par ces régions élevées, pour atteindre avec sûreté et efficacité les nerfs de la vie organique (nerfs pupillaires, nerfs vasomoteurs). Les expériences un peu plus récentes de Rosenthal et de Mendelshon ont montré qu'il en est de même pour celles qui vont
atleindro les nerfs moteurs des membres (nerfs de la vie dite de relation) ; elles n'ont tout leur effet, au point de vue réflexe, qu'autant qu'elles passent par le noyau dit de Goll situé h la partie supérieure de lamoelle,etranatomie,là encore, précise la donnée physiologique en nous faisant suivre les prolongements intraméduUaires des racines postérieures, dont les branches ascendantes (tout en donnant sur leur trajet les collatérales déjà mentionnées) montent jusqu'au noyau de Goll, pour trouver des voies qui ramènent l'excitation sur Jes organes des nerfs moteurs. C'est là un centre réflexe important.
X. Centres encéphaliques, sous-corticaux. — Les corps opto-striés sont, eux aussi, des centres de cette nature plus élevés en organisation et en fonction, mais réflexes encore, présidant à des mouvements instinctifs, intermédiaire entre l'automatisme réflexe et l'allure contingente des mouvements volontaires.
XI. Centres réflexes corticaux. — L'écorce du cerveau fonctionne comme centre réflexe dans une foule de circonstances ; les actes (de leur nature involontaires) des organes profonds trouvent en elle des centres automatiques de régulation Les actes les plus compliqués de la vie de relation peuvent être, comme les précédents, réalisés d'une façon automatique, sans participation directe de la conscience individuelle et de la volonté.
Les réflexes en pathologie. — Les cliniciens ont <lepuis longtemps observé que, dans les cas d'interruption plus ou moins totale des conducteurs de la moelle épinière, les mouvements réflexes persistent dans le membre inférieur et même sont souvent augmentés d'intensité. Aces faits cliniques on trouvait une explication toute naturelle dans les données si nettes de l'exjiérimenlation physiologique. Mais, en y regardant de plus près, il a fallu reconnaître que les conditions de part et d'autre n'étaient pas aussi identiques qu'on avait pu le supposer d'al ord.
Réflexes médullaires. — Des anciennes conclusions qui avaient été admises sans partage, il reste ceci : ces mouvements réflexes tant normaux que provoqués par excitation des régions ou des nerfs sensibles peuvent être observés, même chez l'homme, après l'interruption complète de la moelle épinière. On les observe également chez le singe après section expérimentale de la moelle. — Seulement, au lieu de se rétablir très vite comme chez le chien et la grenouille et de s'exagérer comme chez ces animaux, ils peuvent manquer pendant des jours, des semaines, ne se rétablissent que lentement et restent affaiblis.
Réflexes cérébraux. — Les mouvements que nous appelons réflexes, en raison de leur allure automatique, ne sont pas l'attribut exclusif de la moelle épinière et de son prolongement bulbaire, pendant que les mouvements volontaires seraient celui du cerveau, comme on l'a longtemps admis. Toutes le$ rf^fjions de la suf'Stance (jrise, y compris l'écorce cérébrale, sont aptes à réfléchir automatiquement les excitations : c'est la fonction primordiale de la substance
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prise. A celle fonction, la plus simple qui réalise des mouvements adaptés à un but général suivant une loi simple, s'en surajoute une autre, qui n'en est au fond que l'expression perfectionnée, celle de produire des mouvements variés suivant des indications contingentes, mouvements que nous appelons alors volontaires. Celte fonction n'est pas l'attribut d'une substance grise d'une nature particulière et par cela même privilégiée, mais dépend d'une union plus complète des groupements nerveux entre eux. Le privilège de la substance grise de l'écorce réside dans le nombre et la puissance de ses associations, qui conditionnent l'exercice de ce que nous appelons l'intelligence et la volonté. Ces associations viennent-elles à se dissoudre en leurs systèmes élémentaii*es composants, le cerveau fonctionne alors comme organe réflexe ou automatique. Non seulement le cerveau n'est pas dépourvu de la fonction réflexe, mais les réflexes cérébraux sont les plus nombreux de tous, à cause du grand nombre de systèmes élémentaires qui entrent dans sa constitution.
Contracture post-hémiplégique. — On remarque souvent, mais non toujours, chez les hémiplégiques une augmentation du tonus musculaire des membres paralysés qui rentre dans le cadre des phénomènes réflexes (réflexe tonique et non plusclonique). Son explication est moins simple que celle des faits précédents. En fait, elle en différerait surtout en ceci, que l'interruption totale de la moelle épinière non seulement n'en est pas une condition déterminante, mais le rendrait impossible. On en a proposé des explications multiples, dontchacune est fondée sur quelque hypothèse touchant la fonction des conducteurs qui relient les masses ou surfaces grises supérieures à la colonne grise de la moelle épinière; toutes s'accordent en ceci qu'il y a, du fait de la lésion qui a produit l'hémiplégie, perte de quelque force antagoniste qui, n'étant plus contre-balancée, laisse le champ libre à l'action motrice réflexe. Pourles uns, cetantagonismeestpui*emenl moteur et s'exerce entre les puissances musculaires épargnées par la paralysie, au profit de celles dont les centres ont été le mieux conservés. Elle a fi*ap[)é par exemple inégalement les extenseui^s et les fléchisseurs, plus les premiers que les seconds : le membre alors se rétracte. Pour d'autres, l'antagonisme est entre les deux puissances nerveuses, l'une excitatrice, l'autre inhibitrice, que de plus en plus on admet coexister dans le système nerveux, représentées qu'elles sont par des fibi'es individuellement distinctes, bien que souvent mélangées dans les cordons. Du cerveau, une influence inhibitrice descendrait dans la moelle en suivant les faisceaux pyramidaux. La dégénération de ceux-ci, en supprimant cette influence, laisserait le champ libre aux excitations motrices et entraînerait de ce fait la contracture. Seulement, pour ce qui est du lieu où ces excitations se i-éfléchissent, les uns le placent simplement dans la moelle épinière, comme dans l'ancienne théorie du réflexe (P. Marie). Pour ceux-là, la condition nécessaire et suffisante de la contracture, c'est l'interruption des faisceaux pyramidaux. Pour d'autres, ces excitations devraient remonter jusqu'au cerveau, d'où elles redescendraient par des voiçs spéciales, les voies cérébro-ponlo-cérébelleuses, pour atteindre la moelle épinière. Pour ces derniers, la contractui'e réclame comme condition, non plus seulement la destruction des pyramides, mais encore la conserAation des voies cérébro-ponto-cérébelleuses.