I . — Sensibilité et motricité dans la moelle allongée
A. V«ui:.s M<)T«u.K.s; pvramidk axtérieurk. — A la partie infcrioure lin btilbo, losfaiscoaux antérieurs (à conduction descendanlo)sViitre-
Parol
V\^. I \"i. — i>Hhstance yrlse dite {/anytionnaire du tronc iêrrhral (dapirs Charpvi.
Massrs grises siirajout»''»'s aux noyaiiv sonsitivoluotouis.
croisent partiellement, d'un côté à l'autre, sur la ligne médiane. Cet entre-croisement, qui se fait ici faisceau par faisceau^ rend visible à Tœil nu une disposition du même ordre, qui est très générale dans toute rétendue de Taxe nerveux encéphalo-méduUaire, où elle se fait fibre par fibre et qui n'est de ce fait visible que par les méthodes histologiques. 11 faut se rappeler que Tentre-croisement des pyramides n'est qu'une fraction de Tentre-croisement total (même en ne comptant que les fibres descendantes) ; qu'il est incomplet au niveau du bulbe (faisceau direct ; faisceau croisé) et n'explique pas à lui seul le rapport qui, dans les paralysies motrices, relie l'hémisphère d'un côté aux muscles du côté opposé.
Eîxcitation. — Longet, Laborde, et plus récemment Wertheimer et Lepage, ont excité directement les pyramides antérieures bulbaires et vu que cette excitation produit'des mouvements dans les muscles du côté opposé. Si on coupe ces faisceaux, l'excitation du bout inférieur aie même résultat. — 11 n'y a donc aucun doute que la pyramide antérieure bulbaire possède la fonction motrice que paraissent, de prime abord, lui attribuer sa continuité avec les faisceaux moteurs de la couronne rayonnante et ceux de la moelle épinière, ainsi que ses connexions (par l'intermédiaire de ces faisceaux) avec la zone motrice de Técorce d'une part et avec les cornes antérieures de la moelle d'autre part. — On peut faire la contre-épreuve, en coupant tous les faisceaux bulbaires, moins les pyramides : on constate que, dans ce cas, l'excitation de la zone motrice cérébrale produit encore des mouvements dans les membres (Brown-Séqlard).
Section. — La pyramide bulbaire est une voie motrice descendant de l'écorce à la moelle, mais elle n'est pas la seule, ainsi que le prouvent les expériences suivantes qui à leur tour servent de contre-partie aux précédentes. — Si on coupe les deux pyramides bulbaires antérieures, l'animal n'a pas perdu toute motilité de ses membres. Audébut, les mouvements peuvent être troublés et plus ou moins empêchés, mais, au bout d'un certain temps, ils se rétablissent, au point que l'on a quelque peine à s'apercevoir du trouble dépendant de cette suppression (Langley et Grlnbaum, Herzen et Lœwenthal). Chez l'animal qui a subi cette section, l'excitation de la zone motrice produit encore des mouvements localisés dans les membres, quoique moins intenses (Unverricht).
Ainsi, soil que, par des sections autour d'elle, nous obligions l'excitation descendante à passer par là pyramide, soit que, par sa propre section, nous l'empêchions d'y passer, elle trouve un chemin dans les voies bulbaires. Nous ne sommes pas autorisés à dire que ces voies soient rigoureusement équivalentes, et il est invr^semblable qu'elles le soient. Si elles nous paraissent telles, c'est
sans doute que nous ne savons pas distinguer les différences qui caractérisent les fonctions subsistantes dans Tun et dans Tautre cas. Nous pouvons toutefois admettre qu'après la suppression des unes il y a une rééducation du système nerveux et une tendance à la suppléance des unes par les autres : suppléance et rééducation qui sont indiquées par le temps qui est nécessaire au rétablissement plus ou moins complet de la fonction.
Entre-croisement. — La pyramide bulbaire ne s'entre-croise que partiellement (fascicule par fascicule) avec celle du côté opposé, à la limite conventionnelle de la moelle et du bulbe. Laparjtie entrecroisée pénètre dans le cordon latéral de la moelle du côté opposé ; la partie directe reste du même côté (faisceau pyramidal direct ou faisceau de Turck), pénètre dans le cordon antérieur de la moelle du même côté. On admet assez généralement que le faisceau direct s entre-croise à son tour, dans la moelle, fibre à fibre par ses commissures, mais ni Tanatomie ni la physiologie n*ontde preuve décisive pour ou contre cet entre-croisement. Ce qui est le plus probable, c'est qu'il n'est pas total, mais que l'excitation qui descend d'une des moitiés du cerveau reste, pour partie, dans la moitié correspondante de la moelle, et va partiellement aux muscles du même côté. A cet égard, une formule univoque et absolue ne serait pas exacte, car la physiologie et la clinique s'accordent à trouver que certains mouvements sont bilatéraux, d'autres unilatéraux suivant les convenances de la fonction ; d'autres enfin peuvent être, également suivant les circonstances auxquelles ils s'associent, bilatéraux dans certains cas, unilatéraux dans d'autres.
La question d'unilatéralité ou de bilatéralité se pose non seulement pour le faisceau pyramidal direct, mais aussi pour le croisé. Pitres et Dignat, Dejerine et Thomas ont vu qu'assez souvent, en plus du faisceau direct qui suit le cordon antérieur, il est un autre faisceau direct, qui suit le cordon latéral du même côté. L'entre-croisement des pyramides peut du reste, comme l'ont noté ces auteurs, présenter un grand nombre de variétés, au point de manquer parfois totalement. — Chez les animaux, le faisceau pyramidal direct, tel qu'il existe chez l'homme (faisceau de Tûrck, allant au cordon antérieur médullaire du même côté), fait défaut ; il est remplacé par un faisceau direct allant au cordon latéral du même côté, semblable par conséquent à celui signalé chez l'homme par Pitres et Dignat, et qui, selon toute vraisemblance, le remplace fonctionnellement.
Une section longitudinale pratiquée dans le sillon antérieur du bulbe, coupant par conséquent rentre-croisement,produit un certain degré de parésie, c'est-à-dire d'affaiblissement des quatre membres, mais non leur paralysie. — Une hémisection bulbaire (au-dessus de l'entre-croisement) produira de même un affaiblissement des quatre extrémités, mais sans les paralyser entièrement; l'affaiblissement porte sur le cAté opposé à l'hémisection. Ces deux résultats sont en accord avec le mélange, dans chacune des moitiés du bulbe, des fibres destinées aux deux moitiés du corps et en proportions généralement inégales.
On n'a pas trouvi'» jusqu'ici d'aflribudon fonc(ionnollo dislincU'au faisceau croisé ♦'! au faisceau diiccl. O dernier ne dépasse pas la limite inférieure de Li in'ion dorsale, (|u'il alleinl à peine. D'aucuns (>n |)rennenl étal pour le rallaclier àrinner\alii»nde unisclesduirnnc. («onnue, chez les animaux, les deux faisceaux
F, génie.
F. pyr.
F. lié A/fynevt
Fihrc^ cran.
FntrtH^. pyr.
F. dt' Tnrrh
Fi^. \M\. — Le faiscecu pf/ramitial (dapivs (lii.vRi'Yf. b' faisri'au *?rniculr oiifinnii'n et 1«» faisroaii dr Tfin'k sont cnlre-cruisrs ni)ros à Pdin-s,
son! confondus dans l<» cordon laléral, une expéi'ience d'excilalion isolée n'es! I>as |)ossibte.
Hémiplégie alterne. — Oibi.f.r a le |>remier al lire laMenlion sur une forme <rhéniiplégie, qui frappe la face dun colé celui correspondant à la lésion et l«s membres du cùlé opposé, e( qui a |>our causi» inie lésion limitée à une moitié «In hulbe ou de la protubérance au-dessus de Tentre-croisement. l'ne lésion ninsi située frap[»e en effet simultanément les m'urones péripliéri(|ues <lu facial «lu côté correspondant (non entre-croisés par consé«|uent et les neuiones profonds «les muscles des hiembi-es qui \ont sentre-croiser un peu [dus bas.
B. VoiKS sENsiTiVKs : lu »AN DE Rkil. — En arrière el un peu au- «lossus de l'entre-croisement «les pyramides antérieures (done dans I épaisseur môme du bulbe ise trouve un autre entre-eroisemenl, qui appartient aux voies sensitives et qui n^pMe le précédent, avec une symétrie approchée. Le faisceau croisé sensilif (par conséquent MoRAT et DoYON. — Physiologie. U. — 24
Hsceinlanl) commonco <lans los noyaux do Goll ol i\o Hurdach ot remonio vors rr»corco, avoc on sans intorrnplion (rVst lo point en ilisrussîon) dans la couche optique. O faisceau sensitif croisé se
liuhan tir Hcil [f. xfnkit.j
T. quad.
liuhan lai.
if. nrouMt )
y. cochl.
Xotf.crnn.tensit.
N. di' Coll.
y. de liurd, F. mit. la t.
Cord. pott.
Fif?. 147. — Le ruban de Reil ou faisceau sensitif {d'n\iivti CiiAUrY).
Ln voio a(>ous(i(|uo rentrait» (faisceau acoustique, ruban de Heil laU*'ral) esl sonininiri'incnl imliquée en rouge. Figure sehéiuatique.
double, sur le côté, d'un faisceau direct, qui provient de la substance grise médullaire, et les deux faisceaux réunis forment le ruban de Ueil. Ce ruban se grossit encore quelque peu dans le bulbe, par Tadjonction de nouvelles voies sensilives croi.sées égalcmenl, provenant des noyaux du trijumeau, du glosso-pharyngien et du vague, et de voies sensorielles provenant du glosso-|)haryngien (goût) el de l'acouslique (audition).
La clinique a réuni un certain nombre d'observations, qui montrent qu'une hémianesthésie (du côté oppost^) est la conséquence de Tinlerruption du ruban de Reil; maison a vu également l'insensibilité résulter de lésions bulbaires autres que celles du ruban. Il y a donc pour les voies sensitives, comme pour les voies motrices, quelque incertitude sur le rôle fonctionnel de ces différents conducteurs, autrement dit sur les conditions propres à chaque faisceau Jans Texercice de la sensibilité.
Hémianesthésie alterne. — On a signalé ileshémianeslhésies alternes dont Je mécanisme est au fond semblable à celui des hémiplégies de cette forme. Une lésion localisée à une des moitiés de Forgane portera simultanément sur les neurones périphériques (non entre-croisés) du trijumeau et-sur les neurones profonds (entre-croisés) qui correspondent aux nerfs sensitifs des membres.
L'expérimentation physiologique reproduit par l'hémisection bulbaire cette forme d'hémianesthésie. On peut constater, àla suite de cette opération, la dimiiiution de sensibilité de la moitié du corps du côté opposé et Thyperesthésie du <^6té correspondant, comme l'a signalé Brown-Séoiard pour les hémisections de la moelle épinière; l'insensibilité de la face du même côté, comme l'avait vu Magendie; enfin les troubles trophiques du globe oculaire qui accompagnent d'ordinaire la section du trijumeau et qui suivent également la section de ses racines, comme Tont constaté Duvai. et Laborde.
Expression des émotions. — Les mouvements de la face, dus à la contraction de ses muscles peauciers innervés par le facial, sont dits expressifs^ parce qu'ils concourent puissamment à Texpres- «ion des émotions^ des passions^ réellement subies ou feintes.