C. dentelé
Fig. 157. — Les pédoncules cérébelleux supérieurs. Origine et cntrc-croisement (figure demi-schématique de Charpy).
donne lieu à des manifestations de sensibilité (Longetj.Lcs mouvements de rotation sont moins faciles à préciser à cause des grands délabrements que nécessite une opération réalisée sur ces parties. La section d'un pédoncule supérieur produit une courbure en arc du corps du côté lésé et un mouvement de manège..
La section des pédoncules cérébraux a les mômes effets que celle des pédoncules cérébelleux supérieurs, ce qui tient sans doute à a grande difficulté d'agir isolément sur ces tractus qui sont voisins et se confondent. D'après Longet, le mouvement de manège se fait dans le sens opposé au côté de la section.
IV. Olives et noyaux du pont; leurs connexions. — L'olive bulbaire est dans un rapport étroit de développement avec le noyau denté et le lobe cérébelleux du côté opposé. L'atrophie de ce lobe amène la sienne propre. Rattachée à la substance grise de la moelle épinière, rattachée au cervelet, l'olive est encore reliée
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au cerveau par un faisceau, qui suit le pédoncule cérébral dans la région de celui-ci dite de la calotte (faisceau de la calotte) et qui se perd dans le voisinage du noyau rouge appartenant au pédoncule cérébelleux supérieur.
Expérience. — La destruction expérimentale de Yolive bulbaire produit des troubles de l'équilibre dans la station et dans la marche (Bechterew). Sa lésion chez l'homme produit le vertige, la titubation, la latéro-pulsion du côté correspondant, véritable syndrome pseudoeérébelleux (Leclerc).
L'olive bulbaire, Tolive protubérantielle, les noyaux du pont sont 4les lieux de substance grise très remarquables par les connexions qu'ils établissent. — Avec la périphérie, ils sont en échange d'excitations (centripètes etcentrifuges)par l'intermédiaire del'axegrisbulbomédullaire. Avec le cervelet, ils sont en échange d'excitations par les fibres afférentes et efférentes de ses pédoncules inférieurs et moyens, en vue d'une fonction définie, l'équilibration. Enfin (nous l'avons déjà vu pour l'olive bulbaire) ils sont en relation avec le cerveau.
L'olive protubérantielle reçoit des excitations du noyau antérieur de Vacoustique^ ainsi que des stries acoustiques. Elle réfléchit ces excitations sur le noyau du moteur oculaire externe^ avec lequel elle est en relation. Elle en fournit au cervelet, avec lequel elle est également reliée.
Les noyaux du pont sont en échange d'excitations avec le cervelet par des fibres afférentes et efférentes. Ces mêmes noyaux reçoivent des fibres descendant de l'écorcç, fibres cortico-protubérantielles réparties en deux faisceaux [faisceau cortico-protubérantiel antérieur venant du lobe frontal, faisceau cortico-protubérantiel postérieur venant du lobe temporal). Les noyaux du pont ont encore avec i'écorce une relation d'un genre particulier : le faisceau pyramidal les côtoie et leur donne de nombreuses collatérales. — Ces relations avec I'écorce forment la voie dite cortico-ponto-cérébelleuse,
V. Mouvements^de rotation. — On peut produire des mouvements de rotation par la lésion unilatérale d'un assez grand nombre de parties du système nerveux. Vllpian donne Ténumération suivante de ces parties : les hémisphères cérébraux, les corps striés, les couches optiques, les pédoncules cérébraux, le pont de Varole, les tubercules quadrijumeaux et bijumeaux, les pédoncules du cervelet (surtout le moyen) et les parties latérales du cervelet, les corps olivaires, les corps restiformes, la partie externe des pyramides antérieures (Magendie), la partie du bulbe d'où naît le nerf facial (Browx-Séquard), les nerfs optiques, les canaux demi-circulaires (Flourens), le nerf auditif (Bro>vn-Séquard).
Grénéralité. — Ces mouvements s'observent chez tous les vertébrés ; on peut les reproduire sur la grenouille, sur les poissons. Une lésion unilatérale de Tisthme de Tencéphale détermine une rotation du corps autour de son axe, moins rapide que chez les mammifères.
Classement. — Ces mouvements diffèrent les uns des autres suivant le siège de la partie nerveuse qui a été lésée. On peut les classer sous trois catégories : les mouvements de rotation sur faxe^ comme ceux dont il vient d'être question ; les mouvements en rayon de rotie, l'axe de la rotation perpendiculaire au tronc passant par les membres postérieurs; les mouvements de manège^ dans lesquels Tanimal suit une piste circulaire.
Différences suivant la partie lésée. — La blessure d'une partie antérieure de l'encéphale, telle qu'un hémisphère, aura pour conséquence le mouvement de manège. A mesure qu'on se rapproche de la protubérance, ce mouvement se changera en une rotation en rayon de roue, soit que l'animal tourne sur son train postérieur, soit que le rayon, se prolongeant en arrière du corps, ail son axe fictif à une certaine distance de lui. Quand la lésion atteint la protubérance ou les parties qui la représentent, c'est le roulement qui se produit.
De fréquentes discussions ont eu lieu entre observateurs ou expérimentateurs, relativement à la détermination du sens de la rotation par rapport au côté droit ou gauche, suivant lequel se fait la rotation.
Règles pour définir le sens du mouvement. — Prévost observe que ces discussions ont pour point de départ, le plus souvent, non les résultais diverpenls des expériences ou des observations, mais la façon conventionnelle différente dont on définit le mouvenienl du sujet observé par rapport à lui-même et par rapport à celui qui l'observe. Cet auteur monti^e que la déviation conjuguée de$^ yeux et le déplacement de la tète qui l'accompagne peuvent senir à préciser le sens de ces mouvements. La déviation des yeux et de la tète est souvent le point de départ de mouvements de rotation par extension aux autres muscles du corps. La relation de cette déviation par rapport à la lésion est facile à établir; elle estconstante : la déviation a lieu du côté de la lésion.
Si, par exemple, la lésion cérébrale est à gauche, les yeux et la tète seront déviés à gauche (par rapport au sujet observé?. Si un mouvement de rotation se produit, il fera pivoter le corps du sujet observé dans le même sens, de droite à gauche par rapport à lui-même. Mais si ce sujet tombe sur le sol la face en avant et que nous l'observions en nous plaçant derrière ses pieds, il nous paraîtra rouler de gauche à droite (par rapport à notre propre gauche et à notre pn>|>n* droite), tandis qu'en idéalité il continue son même mouvement. Toutes 1»'^ descriptions des njouvementsde rotation sont à vérifier en tenant compte de ces définitions.
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Lésions paralytiques et lésions irritatives. — Les observalions cliniques de déviation conjuguée des yeux et de la tête nous apprennent encore que les attitudes ou mouvements asymétriques du même genre sont dus à la paralysie des parties lésées, interrompues dans leur continuité, et à la prédominance d'action des parties nerveuses symétriques maintenues intactes. Mais de plus, au cours des affections cérébrales de nature paralytique qui occasionnent ces déviations, il peut intervenir des lésions de nature irritative qui, comme l'ont établi Landouzy et Grasset, en changent le sens (contractui'es, épilepsie jacksonienne). Ces crises sont de courte durée, témoignant ainsi que les modifications durables de Fattitude ou même les tendances motrices asymétriques qui en résultent sont bien de nature paralytique.
Hors les cas de déviation simple, le mécanisme de ces changements d'attitude et celui des mouvements de rotation est resté très obscur et inconnu. Ni la paralysie unilatéralede conducteurs ou de centres représentés en double dans lesystème nerveux (Lafargue), ni celle des adducteurs d'un côté coïncidant avec celle des abducteurs de l'autre (Schiff), ni la suppression de forces modératrices nécessairesàFéquilibre (Magendie), ni l'inhibition à distance ne suffisent à nous expliquer complètement ce mécanisme.
B. Effets de la destruction du cervelet. — La destruction du cervelet peut être totale ou partielle. Elle peut porter sur le vermis isolé ou sur l'ensemble. Elle peut aussi porter sur une moitié de Torgane, l'autre étant respectée. Elle peut encore afTecter, dans le vermis, sa partie antérieure ou sa partie postérieure. Flourens enlevait le cervelet par couches successives, en notant les désordres produits après chaque ablation.
Trois ordres de phénomènes. — L'effet primitif sera un effet d'excitation. Puis, une fois dissipé, il laissera apparaître des effets inverses dits de suppression^ qu'on doit rapporter à la perte de la fonction cérébelleuse. Mais, k la longue, se manifesteront des effets de suppléance qui, développés par l'exercice et une sorte d'éducation nouvelle, masqueront plus ou moins les précédents, malgré que la lésion ne soit susceptible d'aucune réparation. Il est donc difficile d'avoir à Tétat pur et isolé les uns ou les autres deces trois ordres de phénomènes. Les auteurs sont du reste hésitants sur la durée de chacune des ces phases : les uns, avec Llxiani, donnent une grande importance aux effets d'irritation ; les autres, avec Thomas, les restreignent au moment de l'opération (action des instruments, compression par des caillots). Le critère, pour leur distinction, est à rechercher dans l'inversion des effets, à mesure qu'on s'éloigne du moment de l'opération.
Nous exposerons les effets de la destruction du cervelet, en prenant pour guide la description très circonstanciée qu'en a donnée Thomas.