SYSTEM \TISAT10NS SUPÉRIEURES
cèdent clos pliénomènes sensori-motcurs dits émotifs. La liaison de la sensibilité et du mouvement y est directe et étroite, en ce sens que la réaction motrice y suit de près l'impression, ce qui les a fait comparer aux actes réflexes ; mais les sensations y acquièrent une valeur plus grande et une organisation plus complète que dans Taxe gris bulbo-médullaire, et leur ton aff'ectif y est très prononcé.
I. Actes nerveux réflexes et conscients- volontaires. — La base du classement des actes nerveux sensitivo-moteurs réside dans Topposition que nous faisons entre les actes réflexes et les actes conscients-volontaires. Dans les premiers, le phénomène de sensibilité est indistinct du phénomène moteur, la réponse à l'excitation est immédiate, Tacte est inconscient, automatique, c'est-àdire assimilable à un mécanisme ; dans les seconds, il y a dissociation des deux ordres de phénomènes ; la réponse à l'excitation peut être indéfiniment différée ; Tacte est conscient et, comme le mouvement n'y est plus étroitement enchaîné, soit dans le temps et dans l'espace, à l'impression sensitive immédiate, mais que les relations ont pris une infmie complexité qui nous paraît impliquer le choix, nous l'appelons volontaire.
IL Actes émotifs. — Dans l'émotion, l'enchaînement immédiat du mouvement à la sensibilité existe, ou peut exister, comme dans le réflexe ; la réaction motrice est souvent immédiate, elle est toujours involontaire ; elle affecte d'une façon typique un plus ou moins grand nombre de muscles tant de la vie extérieure que de la vie interne ou organique, mais l'impression est consciente et nous affecte profondément. En tenant compte de ce caractère mixte de conscience involontaire, on appelle parfois l'émotion un acte psychoré /lexe.
Point de départ. — La source de l'émotion, son point de départ, est, en principe, comme pour tout acte nerveux, toujours extérieure à nous; mais elle a deux manières de naître, et l'excitation initiale qui la produit, deux chemins pour manifester ses effets : l'un en quelque sorte direct, par lequel elle se réfléchit immédiatement en actes moteurs et que l'on assimile comme mécanisme à un réflexe ordinaire, l'autre indirect, qui la fait dériver d'une excitation antérieure conservée dans le système nerveux.
En d'autres termes, l'émotion peut naître d'une impression soudaine (vue d'un objet, audition d'un bruit...); elle peut au contraire naître d'une idée, d'un souvenir, du rapprochement soudain de deux notions conservées à l'état séparé et que l'activité du cerveau vient de réunir.
Traduction extérieure et intérieure. — L'émotion se traduit
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extérieurement par des manifestations motrices qui la décèlent aux yeux qui nous observent ; elle a aussi un retentissement sur nos organes intérieurs et nos grandes fonctions (respiration, circulation, excrétions, etc.); quand elle est vive, elle affecte tout Tètre. Cette répercussion de Texcitalion émotive sur nos organes internes est si prompte et si évidente, qu'on en a pris prétexte pour situer l'émotion dans lorgane le plus directement affecté, principalement le cœur, et cette théorie souvent réfutée retrouve à chaque instant des défenseurs. C'est prendre manifestement l'effet pour la cause. Sans doute, si toutes les voies motrices qui commandent les changements intérieurs ou extérieurs par lesquels se traduit l'émotion étaient interrompues, les effets secondaires de ces changements faisant défaut, Tenchaînement des phénomènes en serait troublé, et l'émotion probablement amoindrie ; mais, tant que les associations principales qui sont l'origine de ces effets moteurs subsistent dans les masses profondes du système nerveux, l'émotion reste possible.
C'est au sujet surtout des modifications circulatoii*es qui accompagnent les émotions, que la théorie de leur siè^e extracérébral a pris occasion de se formuler.— Le cerveau, comme tout organe quelconque, est sous la dépendance de la circulation. Privé de sang, il cesse de léaliser ses fonctions. Partant de ce fait facile à vérifier, quelques-uns supposent qu'il subit passivement les oscillations de la pression générale et que son activité suit elle-même ces oscillations dont elle ne pouri-ait éviter le contre-coup. Le primum movens des réactions émotives seraitdonc, non dans le cerveau, mais dans le système circulatoire, et le cerveau ne ferait que les traduire en action motrice par son genre pi'opre d'activité, (^ette doctrine est fausse de tout point. Le cerveau, comme tout oi*gane, dépend de la circulation ; mais, comme tout organe également, il dispose de cycles régulateui'squi proportionnent celle-ci à ses besoins. De la surface de ses artères des nerfs sensitifs se dirigent vers la moelle épinière et allongée, où sont situés les centres vaso-moteurs, et de ces centres qui la réfléchissent l'excitation revient à ses artères, par un double système de nerfs constricteurs et dilatateui^ contenus dans le grand sympathique. Comme celle de tout organe, l'activité du cerveau règle, par ce mécanisme de l'ordre réflexe et inconscient, l'activité de sa propre circulation, bien loin que ce soit celle-ci qui ivgle la sienne propre. Non seulement il règle sa circulation propre, mais il a pouvoir |)our agir sur les centres nerveux bulbo-médullaires et, par ceux-ci, sur la circulation des autres organes, et de plus, par des influences parallèles, sur l'activité propre de ceux-ci. Les excitations, en temps ordinaire ordonnées, qui descendent du cerveau sur ces centres, prennent dans les émotions vives une intensité exceptionnelle et traduisent ces émotions mêmes par le désordre temporaire de ces activités. Tel est l'enchaînement des phénomènes.