C. sitié
Fig. 173. — Cerveau île poisson osseux (d'après Edinger). Le manteau est réduit à une lame épilhéliale.
fonctions qu'il a peu à peu abandonnées au cerveau. Par contre, ce dernier organe a pris un développement qui frappe les yeux les moins prévenus.
Dans les espèces animales^, le développement du cerveau soutient un certain rapport avec le développement de leur intelligence. Les plus rapprochés de l'homme ont un cerveau qui, par ses dimensions, sa configuration d'ensemble et ses divisions principales, rappelle le cerveau humain (primates). Chez d'autres mammifères, ce type se modifie pendant que la structure tend à se simplifier (carnivores). — Cette simplification a une expression significative dans la disparition des sillons qui limitent les circonvolutions: le cerveau, de gyrencéphale ^ deyient lissencéphale. Cette dégradation résulte non pas d'une réduction uniforme des différentes parties du cerveau, mais au contraire du développement inégal ou de l'absence de certaines de ces parties : ou, pour prendre, ce qui vaut mieux, les choses en sens inverse, l'évolution du système nerveux s'est faite en
SYSTÉMATISATIONS SUPÉRIEURES. 447
ajoutant et superposant peu à peu des systèmes nouveaux à des systèmes préexistants, qui n'étaient plus susceptibles de perfectionnement. Ces systèmes nouveaux donnent une valeur nouvelle à l'organisation, en augmentant la cohésion des systèmes anciens, en môme temps qu'ils déplacent le lien primitif qui les solidarisait. Chez l'amphioxus, le cerveau est h peine indiqué et la moelle
Bulh'> filf. Œil pin. Manteau C. opt. Cervelet
C, êtrià A', opt. Hyp, Mésoc, Bulbe
Fig. 174. — Cerveau de reptile.
Le inanleau apparaît eoniiiie substance neiTeusc.
épinière fait fonction de centre directeur. Chez certains poissons, les ganglions de la base sont très développés, maïs Técorce des hémisphères fait encore défaut, figurée qu'elle est par une lame épithéliale ectodermique non différenciée. Chez les reptiles, cette écorce commence à se dessiner. Chez les oiseaux et les mammifères, elle suit une progression continue et tend à usurper de plus en plus les fonctions des centres sous-jacents.
Difficulté des estimations quantitatives. — Cette valeur fonctionnelle, à la fois inéf^ale et changeante, des assises superposées du système nerveux rend très difficile l'estimation du rapport existant entre son développement et le perfectionnement de ces fonctions elles-mêmes. Aucune fonction n'est incluse «lansun segment circonscrit de l'organisme ou du système nerveux; toutes sont <Ians un état de mutuelle dépendance; les localisations que nous en traçons répondent seulement à des modalités caractéristiques de ces fonctions, mais ne les renferment pas dans leur totalité. La moelle éi»inière est douée d'une sensi-motricilé qui est une ébauche de l'intelligence. La fonction intellectuelle <lu cerveau n'exclut pas de cet organe une sensi-molncilé qui n'y est pas nécessairement dépendante de ses plus hautes manifestations psychiques. Une limite anatomique entre les deux ordi-es de fonctions est pui-ement arbitraire, difficile à imaginer, impossible à tracer.
D'autre part, les animaux dilfèrent non seulement pai' leur degré d'intelligence, mais par les appareils à l'aide desquels ils l'alimentent et la manifestent. (iOs appareils sont ceux des sens et des organes moteurs qui en dépendent. Dans l'évolution des animaux, les sens prennent une importance inégale, se substituent ou se remplacent mutuellement, mais sans s'équivaloir. Ln sens
d'une nature inférieure, comme l'odorat, a été le premier rattaché au cerveao commençant et se tmuve de ce l'ait à l'orij^'ine des instincts et de l'intelligenfe. Des sens supérieurs, comme la vue et l'ouïe, sont par conti-e associés à son plus grand développement. (Ihez des animaux d'organisation parallèle, le sens de l'odorat a pu persister chez les uns pendant qu'il s'ati-ophiait chez les auliv* (osmaliciues, anosmatiques).
Vn grand nomhre de circonstances viennent ainsi compliquer le problème et
À/anteau.