XIX
Il est difficile d'arriver à des résultats certains, pour ce qui concerne la formation successive des éléments particuliers de i'œuf , tels qu'ils viennent d'être décrits dans les paragraphes précédents. Une comparaison générale de la formation de l'œuf, dans le règne animal, indique que la vésicule el la macule proligères sont les parties qui atteignent le plus tôt leur formation complète; chez les insectes, il semblerait même que ces parties seraient formées les premières et que le vitellus ne les entourerait que plus tard. Quoi qu'il en soit, on trouve généralement de très-bonne heure les enveloppes extérieures de l'œuf (chorion et membrane vitelline) ainsi qu'une très-petite quantité de la masse vitelline j mais à cette époque, la vésicule proligère occupe encore la plus grande partie de l'œuf (l). Parfois il semblerait qu'il existe déjà dans l'ovaire de l'albumine déposée entre le choiion et la membrane vitelline et notamment
dans le cas où le chorion avec l'œuf entier a passé de l'ovaire dans l'oviducte ou dans les réservoirs propres à l'incubation (2). Chez les vertébrés ovipares, où le chorion se soude à la capsule externe , formée par le slroma de l'ovaire et reste dans ce dernier, sous le nom de calice, l'albumine n'est sécrétée que postérieurement dans l'oviducte et s'applique ainsi autour du vitellus (5). On peut considérer la vésicule prolig^ère comme une cellule, comme la cellule primitive, dont la macule prolifère forme le nucléus; on désignerait plus convenablement peut être la macule proligère sous le nom de nucléus germinatif ; cette macule disparaît lorsque de nouvelles granulations apparaissent dans le contenu de la cellule (liquide de la vésicule proligère). Cette cellule primitive est placée dans une autre, la cellule vitelline, dont le contenu s'emplit de nouvelles cellules, les globules vilellins. La cellule la plus extérieure, dans laquelle les deux cellules sont emboîtées, serait le chorion et en même temps la capsule formée par l'ovaire (4).
(1) Il se présente des cas où le vitellus est encore très-peu développé et où !a vésicule proligère occupe la plus grande partie de l'œuf, par exemple chez les astéries (voyez mon Prodromus, fig. III), puis chez les insectes , les poissons et même chez les grenouilles. — La formation successive des dififérentes parties de l'œuf peut être bien suivie surtout dans les ovaires tubuleux des insectes, par exemple chez l'agrion , voyez lieitr. zur gesch. der zeugung , Tab. II fig. I. Néanmoins on reconnaît déjà ici , dans les œufs les plus petits que la membrane vitelline enveloppe la vésicule proligère ; quant aux formalions annulaires, ayant un nucleus dans leur intérieur , qui sont placées les unes derrière les autres dans les culs-de-sac des ovaires , c'est encore une question de savoir si ce sont des vésicules proligères.
(2) Il semble qu'il en est ainsi , par exemple chez les moules ; en effet si on place l'œuf pris de l'ovaire dans de l'eau , il se forme un espace plus ou moins grand entre le vitellus etle chorion qui peut-être est rempli d'albumine. Prodromus, fig. V-
(3) Cette formation de l'albumine dans l'oviducte peut être suivie très-facilement chez les oiseaux ; nous la décrirons plus loin en faisant l'histoire du développement.
(4) Les vues si ingénieuses de Schwann et ses excellentes observations ont conduit à l'essai ci-dessus pour l'interprétation des parties de l'œuf et notamment de la vésicule proligère. Schwann croit donc pouvoir appliquer à la forme primitive des tissus animaux la mêmeloi que Schleiden a démontrée pour les plantes , savoir, que toutes les formations consistent en cellules , qui ont un iiucleus excentrique, lequel peut disparaître dans la suite , ce qui arrive prin-
cipalement , lorsque à côté de lui il se forme un nouveau contenu dans la cellule. Le nucleus présente souvent dans son intérieur des corpuscules. La membrane , qui limite la cellule est souvent difficile à reconnaître , par exemple lorsqu'elle est très-mince ou lorsqu'elle est appliquée très-près du nucleus, etc. Dans la plupart des cellules le nucleus est plus tard résorbé et ce n'est que dans quelques-unes qu'il reste comme une formation permanente; dans des cellules anciennes il s'en développe souvent de plus récentes. Dans l'application de cette loi à la vésicule proligère , Schwann se fait plusieurs questions et il doute s'il doit considérer la vésicule proligère comme la jeune cellule et la macule proligère comme le nucleus cellulaire, ou bien si la vésicule proligère toute entière ne serait pas le nucleus de la cellule vitelliue. Comparez ScHWANN iiher die ubereinstimmung in de,r structur der Thiere und Pflanzen, p. 50. J'ai beaucoup de raisons de croire que la cellule , qui forme la vésicule germinative, n'est pas le nucleus ; souvent d'ailleurs il semble que la macule proligère, comme nucleus, renferme réellement des nucleoli. Voyez Prodromus, Tab. IL Gg. XXX. b.