‹ Traité de physiologieChapitre 24 sur 76 · XXX · texte numérisé non relu

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Il est bien plus difficile de démontrer que le sperme pénètre dans les parties sexuelles internes chez les femelles des vertébrés supérieurs. Les anciennes relations de la découverte de sperme dans l'utérus de cadavres humains sont incertaines , parce que le seul moyen certain de le reconnaître, l'emploi du microscope, n'a pas eu lieu. Quoi qu'il en soit, on peut démontrer chez les oiseaux et les mammifères , par des expériences directes , la présence des spermatozoaires , après le coït, dans les voies internes des parties génitales femelles. D'anciens observateurs avaient déjà trouvé, chez des chiens, des lapins, des spermatozoaires vivants, quelques jours même après l'accouplement, dans le vagin, dans l'utérus, jusqu'au commencement des trompes (1). Des observateurs modernes ont fait des recherches qui concordent avec ces dernières (2). Ces recherches sont souvent couronnées de succès lorsqu'on examine au hasard i)eu de temps après leur mort des animaux qui s'accouplent fréquemment; ainsi il n'est pas rare de trouver chez les souris et les rats, les spermatozoaires reconnaissables à leur forme caractéristique, rassemblés en masses jusque dans les cornes de l'utérus , et même entre les œufs déjà arrivés dans cette cavité (3) . Chez les oiseaux ces recherches réussissent souvent aussi. En général, on n'a pas réussi à poursuivre les spermatozoaires jusque dans les environs des ovaires; cependant on a des observations récentes et non douteuses , de sperma-

tozoaires arrivés, chez des chiens, jusque dans les capsules qui entourent les ovaires, comme des prolongements des trompes (4).

(1) On trouve dans les excellents ouvrages de Leecwenhoek des observations très-remarquables sur ce sujet et qui n'ont pas été appréciées par ceux qui sont venusaprès lui. Elles ont été faites dès 168 î . Il flt couvrir des chiennes à plusieurs reprises , de manière à ce que le dernier accouplement eut toujours lieu un à deux jours après le premier; il vit toujours les spermatozoaires en grande quantité dans l'utérus et dans les deux cornes jusqu'au commencement des-'trompes. Voyez la description très-complète de ces faits dans Leecwenhoek, Opéra omnia , i, p. 149. Le même auteur a fait des observations tout à fait semblables sur les lapins, p. 166.

(2) Les observations de Prévost et Dumas , qui ont été conGrmées par d'autres et par moi, sont très-exactes. Ces observateurs ouvrirent des femelles de chiens et de lapins vingt-quatre heures après l'accouplement; ils trouvèrent les spermatozoaires en masses et se mouvant avec vivacité dans les cornes de l'utérus; le vagin n'en contenait pas; plusieurs fois ils rencontrèrent, dans la capsule qui entoure l'ovaire, un liquide séreux, clair, transparent, mais pas de spermatozoaires. Chez des chiennes, trois ou quatre jours après l'accouplement, les trompes contenaient parfois des spermatozoaires en petite quantité ; les cornes de l'utérus en contenaient toujours beaucoup , qui étaient très-vivaces ; dans le liquide pris autour des ovaires , on n'en trouvait pas. Ils trouvèrent encore des spermatozoaires dans les cornes au sixième et au septième jour; mais leur nombre était remarquablement diminué; ils n'en virent pas dans les trompes. Annales des sciences naturelles , tome m, pages 119-122.

(3) Comparez mes observations sur les rats dans les Nouvelles notices de Froriep. N. 51 (juillet 1837). J'ai même trouvé, entre des œufs déjà attachés à l'utérus, des masses de spermatozoaires présentant la forme caractéristique décrite plus haut. Chacun peut facilement répéter cette observation.

(4) BiscHOFF de Heidelberg m'a écrit pour me communiquer l'observation suivante : « Je suis maintenant convaincu que le sperme parvient jusqu'aux ovaires après la copulation Déjà à diverses reprises j'avais trouvé, après l'accouplement , des spermatozoaires dans le vagin, et un grand nombre surtout dans les trompes des chiennes , mais ils n'étaient plus vivants ; enfin j'ai été assez heureux pour en rencontrer de vivants et se mouvant avec vivacité dans le vagin , l'utérus, les trompes et entre leurs franges, et enfin dans la poche que forme le péritoine autour de l'ovaire , et même sur ce dernier. J'ai fait cette observation sur une chienne en rut pour la première fois , que j'avais auparavant en ma possession ; elle fut couverte en premier lieu , le jeudi 21 juin 1838 à sept heures du soir, et le vendredi à deux heures après midi pour la seconde fois; je l'examinai deux heures après le deuxième accouplement. Il ne peut plus y avoir de doute sur ce point; je conserve l'autre corne dans de l'esprit de vin. Peut-être reconnaîtrait-on encore dans celle-ci les spermatozoaires. » J'ai fait le 3 décembre 1838, une observation qui confirme pleinement celle qui m'a été communiquée par Riscuoff ; elle ne diffère de cette dernière que par l'époque où elle a été faite, et n'en est que plus in-

téressante Une chienne vivant déjà depuis quatre ans à l'amphithéâtre d'anatomie et qui y avait mis bas huit fois (la dernière fois au printemps de cette année), était en chaleur depuis huit jours; elle fut couverte en ma présence, le premier décembre , à une heure après midi, et après l'accouplement, qui dura environ douze minutes , elle fut enfermée. Quarante-huit heures après , l'animal fut tué. Le vagin bien qu'un peu sanguinolent , était sec; entre les grands feuillets d'épithélium , on voyait partout des spermatozoaires , mais qui tous étaient morts. Le nombre de ceux contenus dans l'utérus était plus considérable et tous étaient vivants ; ils étaient plus nombreux encore dans les cornes et dans les trompes et leur mobilité était plus apparente; l'extrémité abdominale des trompes en présentait en grand nombre , ils remplissaient tous les enfoncements de la muqueuse; placés dans de l'albumine sur le porte objet , ils conservaient leur mobilité pendant trois heures. Je n'ai pas trouvé d'animalcules dans la capsule ou poche qui entoure l'ovaire ; mais j'c!i ai rencontré de très-forts à droite entre les franges, très-près de l'ovaire ; ce dernier présentait trois vésicules de Graaf très-développées et une crevée. A gauche je n'ai pas trouvé de spermatozoaires entre les franges, mais bien, près de Vostium abdominale de la trompe ; de ce côté deux vésicules de Graaf étaient sur le point de crever. Les cils de la muqueuse des franges étaient dans un état d'ondulation très-actif; mais dans l'utérus et dans les trompes, je ne vis plus de cils , bien que l'épithélium ciliaire cylindrique y existât encore. Dans le vagin il n'y avait que de l'épithélium en pavés. Le liquide laiteux (contenant des gouttelettes d'huile) qui a été considéré comme du sperme par d'anciens observateurs, se trouvait dans la poche entourant l'ovaire, principalement du côté droit; il ne contenait pas de spermatozoaires,

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