‹ Traité de physiologieChapitre 25 sur 76 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

Les fécondations artificielles, que des observateurs du siècle dernier entreprirent avec tant de précaution et de persévérance et que de nouvelles recherches ont confirmées, corroborent l'opinion que le sperme doit entrer en contact immédiat avec les œufs. D'anciennes expériences ont prouvé depuis long^temps que chez les plantes diclines (monoecie et dioécie) une fécondation artificielle s'opérait avec facilité, en transportant du pollen de la fleur mâle sur la fleur femelle. Des œufs de grenouilles, de crapauds, de salamandres et de différents poissons peuvent être très-facilement fécondés artificiellement , en les arrosant de sperme , et même chez les mammifères on prétend avoir produit une fécondation réelle en injectant du sperme, au moyen d'une seringue.

Comparez, pour les expériences sur les plantes,KoLREDTER vorlaeufige nach-

richt von einigen das gescMecht derphlanzen betreffendenversuchen ; Leipzig. 1761 ; et ses continuations 1763-1766; ensuite Conrad Sprengel, das entdecJcte geheimniss der nalur im Bau und in der hefruchtung derhlumen; Berlin, 1793, in-4o. Comparez aussi l'exposition complète, donnée sur ce sujet et sur les objets contenus dans les gg suivants , dans Treviranus, Biologie m. — Pour la fécondation artificielle des œufs de grenouilles et de crapauds , comparez l'ouvrage classique de Spallanzani. Cet auteur raconte ua fait remarquable de fécondation artificielle ( expér. clxxhi ) ; il prit du sperme obtenu d'un chien par une éjaculation spontanée et l'injecta au moyen d'une petite seringue , chauffée à 30" R., dans l'utérus d'une chienne en chaleur. Celle-ci fut enfermée pendant treize jours avant qu'elle donnât des signes évidents de chaleur et l'expérience n'eut lieu que le vingt-troisième jour de sa réclusion, alors qu'elle paraissait désirer ardemment l'accouplement. Deux jours après cette injection , la chienne cessa d'être en chaleur ; au bout de vingt jours le ventre se gonfla et le soixante-deuxième jour , elle mit bas trois petits bien vivants , deux mâles et une femelle , qui, par leur forme et leur couleur, ressemblaient non-seulement à la mère, mais aussi au mâle qui avait fourni la liqueur séminale. La chienne appartenait à la race des barbets ; elle avait déjà mis bas antérieurement. Le professeur Rossi, à Pise, prétend avoir répété avec succès celte expérience. OpuscoU scelti di Milano ; tom. v, p. 96. — RuscoNia fécondé des œufs de tanches ( cyprinus tinca) en comprimant , au temps du frai , le ventre de la femelle , et rassemblant dans un vase contenant de l'eau , les œufs qu'il faisait sortir de l'anus par cette manœuvre et en obtenant, par le même procédé , quelques gouttes de sperme , qu'il répandait dans l'eau. Archives de Miller, 1636, p. 278.

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