XXXIII
' Nous savons que chez les verlébrés inférieurs les œufs se détachent avant d'avoir été fécondés et, par conséquent, que leur expulsion n'est pas en connexion directe avec la fécondation , mais plutôt une suite de l'excitation causée par l'accouplement. Chez les mammifères et chez l'homme, au contraire^ il paraît qu'en général les œufs ne se détachent des vésicules de Graaf, que lorsque la fécondation a eu lieu. H suit de là que l'opinion, d'après laquelle, lors de la fécondation intérieure, le produit de l'ovaire irait au-devant du sperme, semble invraisemblable (1). liCS raisons qui militent en faveur de la fécondation de l'œuf, dans l'ovaire, sont : 1° le fait incontestable du transport du sperme jusqu'à cet organe ; 2° que les œufs chez les oiseaux, ainsi que chez les mammifères, ne mûrissent et ne se détachent que successivement de l'ovaire; tandis que d'un autre côté les œufs fécondés, même chez les mammifères et suivant les différentes familles , ne passent souvent que plus ou moins longtemps après la dernière copulation dans l'utérus où un aussi long séjour du sperme est invraisemblable (2)5 3° les grossesses exlra-ulérines , qu'il n'est pas rare d'observer chez l'homme et les animaux , notamment les grossesses ovarienne et abdominale, qui indiquent que la fécondation des œufs a lieu dans les ovaires. II n'est pas rare que , dans ces cas^ ces œufs arrivent à une maturité complète et contiennent des embryons normalement formés ; 4° des expériences directes qui , à la vérité , n'ont pas une valeur décisive , appuient aussi notre opinion : ainsi, si on lie ou si l'on coupe les trompes , chez des animaux, après l'accouplement , avant que le sperme ait pu arriver aux ovaires , la fécondation des œufs n'a pas lieu , tandis que si l'une ou l'autre de ses opérations est exécutée un peu
plus tard, par exemple, deux ou trois jours après la copulation, elle n'empêche pas le développement des œufs (3).
(1) Comparez l'exposition détaillée des raisons pour et contre cette opinion, dans le deuxième volume de Burdach, p. 190. Cet auteur admet que , dans la fécondation intérieure absolue , comme dans la fécondation extérieure, le produit de l'ovaire va au-devant du sperme.
(2) Chez les lapins on trouve déjà des œufs , dans les cornes de l'utérus, le troisième jour après une copulation suivie de fécondation, ce qui n'a pas lieu chez le chien et probablement aussi chez l'homme , avant le huitième jour. Sous ce rapport les chevreuils sont très-remarquables; le temps des amours et l'accouplement ont lieu pour eux en août et au commencement de septembre. A cette époque Pockels, trouva l'utérus turgescent et congestionné ; sa muqueuse était gonflée; quant aux ovaires ils n'avaient subi aucun changement ; immédiatement après cette époque la turgescence de l'utérus diminua. Ce ne fut qu'à la fin de décembre que les suites de la fécondation se manifestèrent : nouvelle turgescence , l'ovaire est embrassé par la trompe , il y a gonflement des vésicules de Oraaf; enfin, au commencement de janvier, on trouve les embryons encore très-petits dans les cornes de l'utérus. Comparez le mémoire très-important de Pockels, inséré dans les Archives de MuL- LER, 1836, p. 193.
(3) Les expériences de Haighton sur des lapins sont très-importantes : il empêchait la rupture des vésicules des deux côtés , en coupant un oviducte une heure et demie à quatre heures après l'accouplement. Quand il pratiquait l'opération six à quarante-huit heures après cet acte , il ne s'ouvrait qu'un petit nombre de vésicules et il ne se formait pas d'œufs du côté opéré , tandis que les phénomènes de la gestation se déployaient comme à l'ordinaire de l'autre côté. La section faite soixante heures après l'accouplement n'empêchait la formation des embryons ni d'un côté ni de l'autre. Lorsque l'accouplement avait eu lieu après la section et l'oblitération d'un oviducte, Haighton trouvait du même côté une vésicule crevée dans l'ovaire ; mais il ne s'était point formé d'œuf. L'état de gestation était complet, au contraire, du côté opposé à l'opération. Comparez Philosoph. transactions, year 1797. Burdach en contient un extrait, deuxième vol. p. 188.— On a souvent donné une fausse interprétation de ces observations et on s'en est servi pour appuyer l'opinion que l'orgasme , résultat de la copulation , occasionne une rupture régulière des vésicules de Graaf. Comparez aussi le g XLI.