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XXXIV

Pour qu'un accouplement soit fécond , chez l'homme et les mammifères, il n'est pas absolument nécessaire que le pénis soit complètement introduit dans le vagin, bien que celle introduction facilite et favorise la fécondation ; il suffît que le sperme soit éjaculé dans l'organe femelle, de sorte qu'il puisse

être lancé jusqu'au col de l'ulérus : cela peut arriver même lorsque l'hymen reste intact. Les causes de la marche du sperme dans l'utérus et dans les trompes sont : les mouvements ciliaires, qui ne commencent qu'au col de l'utérus, les contractions des trompes, les mouvements spontanés des spermatozoairesj il n'est pas possible de déterminer actuellement, laquelle de ces circonstances est réellement essentielle ou capitale. On a observé des cas chez l'homme où il y a eu fécondation sans introduction réelle du pénis (l). Des hommes atteints dhypospadias et d'épispadias, d'autres, qui avaient subi une amputation partielle du pénis et qui ne pouvaient suffire qu'à un accouplement très-incomplet, ont donné des preuves de leur fécondité (2). D'un autre côté, il est extrêmement invraisemblable qu'il y ait eu réellement fécondation à la suite d'une copulation incomplète ou tentée chez des femmes dont le vag^in était complètement oblitéré, l'hymen imperforé , et dont l'abdomen ou la chemise avaient été seulement mouillés par l'éjaculation.

(1) On trouve des exemples avérés de ce genre dans tous les écrits anciens et modernes. Comparez sur ce sujet la Phys. de Burdach n, 203. De nouveaux faits ont été publiés par Heim, Ribke, Casper et moi dans Casper's wochenschrift 1835, n» 1-3 et n"29, et dans Henke's zeîtschrift fur die staatsarzneikunde, 1838.

(2) Burdach cite avec raison les cas où le vice de conformation était héréditaire, pour répondre à l'objection delà possibilité d'une erreur.

(3) Dans les cas d'oblitération, etc., il y avait toujours une ouverture du vagin, quelque petite qu'elle fût, etc. Comparez encore l'article indiqué de Hencke pour connaître les raisons alléguées contre la possibilité de la fécondation , à la suite de l'imprégnation de la chemise par le sperme.

§ XXXY.

Nous allons examiner maintenant les conditions prochaines de la fécondation, sous le rapport de la quantité et de la qualité du sperme relativement à l'œuf, et l'action réciproque de l'un sur l'autre. Les conditions principales sont : 1° que les éléments de l'œuf et principalement à ce qu'il paraît le vitellus , soient arrivés à un certain degré de maturité- mais il n'est pas toujours nécessaire que le dernier soit parfai-

lement développé. Ainsi chez les oiseaux plusieurs vitelli sont fécondés à la fois et mûrissent successivement; tandis qu'une grande quantité restent sans être fécondés et ne se développent pas. Chez des reptiles et des poissons, il n'y a que les œufs parfaitement murs et détachés déjà de l'ovaire, qui peuvent être artificiellement fécondés. Chez l'homme et chez les mammifères ce ne sont surtout que les vésicules les plus grosses, et, à ce qu'il semble, les plus mûres qui crèvent; 2° le sperme doit être le plus frais possible pour pouvoir féconder; il se présente des difTérences, sous ce rapport, chez différents animaux. Ainsi chez les grenouilles et les poissons, on peut encore féconder des œufs au moyen du sperme pris sur des animaux morts depuis quelques heures; la limite de la durée de cette action réside probablement dans la cessation de la vitalité des spermatozoaires ; on rencontre ces derniers en mouvement dans le mucus de l'utérus et des trompes des mammifères plusieurs jours encore après la copulation ; en dehors de ces organes, au contraire, ils cessent de vivre beaucoup plus tôt; 3° la quantité de sperme n'a qu'une faible influence sur sa force fécondante, puisque chez des animaux inférieurs une très-minime quantité suffit pour féconder une grande masse d'œufs, tandis que chez l'homme et les mammifères, la quantité produite est en excès ; une grande partie reste dans le vagin et en sort; une partie considérable reste dans l'utérus et il n'en arrive qu'une faible quantité en contact immédiat avec l'ovaire; 4° le sperme, pour féconder, doit toujours contenir des spermatozoaires ; les quantités même les plus petites en contiennent , d'où il suit que les expériences célèbres, où du sperme privé d'animalcules aurait fécondé, reposent sur une erreur; nous n'avons pas de moyens pour séparer les spermatozoaires du liquide spermatique; 8° il n'existe absolument aucun rapport de réciprocité entre la quantité de sperme et le nombre d'œufs fécondés.

Les expériences de Spallanzani ont répandu beaucoup de lumière sur ce sujet. Le sperme de grenouilles, de crapauds, etc., conserva son activité de six à hultiheures après la mort; l'addition d'eau, de bile, de salive, d'urine, de vinaigre, en petite quantité, n'anéantissait pas la force fécondante. RcscoNi a

fécondé des œufs avec du sperme pris dans les testicules de grenouilles écorchées et préparées pour la table. JACOBien a fait autant au moyen du sperme pris sur une carpe morte depuis quatre jours. La température influe sur cette action ; par un temps froid , la force fécondante du sperme se conserve plus longtemps. Les œufs de grenouilles se développèrent très-bien, lorsque Spal- LANZANi les arrosa avec trois grains de sperme dissous dans dix-huit onces d'eau; lorsqu'il les eut dissout dans deux livres d'eau, la force fécondante diminua sensiblement, et de plus en plus lorsqu'il porta la quantité d'eau à trois et quatre livres; cependant ayant dissous trois grains de sperme dans vingt-deux livres d'eau, il y eut encore quelques œufs fécondés par cette solution. L'action fécondante était la même, soit que les œufs fussent plongés dans le liquide , plus ou moiiis longtemps, soit que l'œuf n'eût été touché que par la pointe d'une épingle préalablement plongée dans le liquide. Comparez les expériences variées de Spallanzani , ensuite Burdach, et le J/émoire de Ucscom, Archives de Muller , 1835 , n» 207. Ce dernier a observé que les œufs renfermés dans les femelles de grenouilles sont encore susceptibles d'être fécondés , trois heures après la décapitation de l'animal.

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