DU DEVELOPPEMENT
OBJET ET FLAN DE L'EXFOSïTSON.
§ XLllI.
L'élude du développement est une des parties les plus difficiles de la physiologie. Celui de l'embryon humain , l'objet principal de notre étude , est en quelqiie sorte inconnu dans ses premiers moments, et à une période plus avancée son histoire présente plus d'une lacune. La cause de cet état peu avancé de la science réside dans la difficulté de faire des observations en nombre suffisant sur des cadavres humains frais, et dans l'incertitude de l'examen des œufs avortés, qui la plupart sont malades et par conséquent ne donnent des jalons certains qu'après une longue habitude et lorsqu'on a la connaissance exacte de l'état normal. C'est pourquoi, dans les temps anciens et modernes , on a fait des recherches sur des animaux dont le développement est analogue à celui de 1 homme , et qui procurent plus facilement une suite nombreuse d'observations. Les mammifères offrent la plus grande analogie avec l'homme et promettent les meilleurs résultats; mais ici aussi les recherches sont entravées par des difficultés sérieuses, sans compter les grandes dépenses qu'elles occasionnent; ainsi les œufs des mammifères sont très-petits ; il est difficile de suivre leur passage dans les trompes ; l'époque de leur première période de développement n'est pas exactement connue, et elle semble d'ailleurs varier beaucoup chez quelques individus; enfin les différents ordres et genres de cette classe s'écartent tellement
lesuns des autres dans une fouie de circonstances de leur développement, que de nouvelles difficultés viennent encore se joindre aux autres. Dans la classe des oiseaux on ne rencontre pas cette foule d'obstacles, ou du moins ils n'existent pas en aussi grand nombre que chez les mammifères; leur développement est , parmi les vertébrés , celui qui se rapproche le plus de celui des mammifères, et même dans son type fondamental il est entièrement semblable ; c'est pourquoi tous les observateurs anciens et modernes , qui ont fait époque dans l'histoire du développement, ont d'abord étudié l'embryon des oiseaux. Comme la poule est l'oiseau dont on obtient le plus d'œufs et qu'on peut faire couver le plus facilement, c'est sur l'embryon du poulet que nous possédons les suites les plus complètes d'observations.
Valentin expose très-bien l'importance de l'étude de l'embryon des oiseaux pour l'histoire du développement : « La classe des oiseaux, dit-il, est absolument le centre autour duquel tournent toutes les observations sur le développement , non pas par suite de causes internes , mais à cause des circonstances extérieures auxquelles nous pouvons commander. Dans aucune classe animale il n'est autant en notre pouvoir que dans celle-ci d'obtenir des embryons à différentes époques. Nulle part nous ne pouvons multiplier et varier autant nos observations. Aussi Fabricius d'Aquapendente commença-t-il ses observations sur des œufs de poule soumis à l'incubation : Harvet et Malpighi continuèrent leurs recherches de la même manière ; ce fut encore par ce moyen que Wolff fit ses importantes découvertes sur la formation du canal digestif, du sang, des extrémités et des reins; enfin, dans ces derniers temps, c'est à l'aide de l'embryon du poulet que Dollinger et ses élèves ont fait de l'histoire du développement une science positive. L'oiseau est donc, sous ce rapport, le point de départ pour les recherches ultérieures et l'état normal ainsi que la base auxquels les faits isolés du développement des mammifères et de l'homme doivent être ramenés. » Va- LENTiN , nandbuch der Entwickelungsgeschichte. Vorrede, x.