XLV
L'époque la plus favorable, pour l'incubation des œufs, est le printemps • ceux qui sont fécondés et frais éclosent alors presque tous , soit que l'opération ait lieu au moyen de la chaleur artificielle, soit qu'on se serve d'une poule. Ce dernier procédé est le plus facile, pour tout observateur auquel d'autres occupations ne permettent pas de donner l'attention nécessaire pour conserver une température égale dans l'appareil d'incubation. Ces appareils se construisent de différentes manières : la plupart sont formés de deux boîtes en tôle ; l'une , intérieure, est remplie de duvet ou de morceaux de papier et renferme les œufs ; l'autre , externe et qui entoure la précédente, contient de l'eau; une lampe à l'huile ou à l'esprit-devin permet de porter le tout à la température nécessaire, qui est de 30 à 32° Réaumur ; quelques degrés de plus accélèrent le développement; mais à une température de plus de 3S° les embryons périssent ordinairement ; à une température de 28" , ils se développent avec plus de lenteur. En Egypte on fait éclore les jeunes poulets dans des fours construits pour cet usage ', en France, on a imité ce procédé • mais il ne semble pas être devenu d'un usage général.
Celui qui ne veut avoir qu'un aperçu général du développement du poulet , peut déjà observer beaucoup au moyen de deux poules couvant en même temps. On place sous chaque poule 12 à 15 œufs, suivant sa grosseur, mais de sorte qu'elle puisse bien les couvrir; on indique sur chaque œuf le jour où il a été placé dans la couvée. On peut ainsi chaque jour prendre plusieurs
œufs et en replacer d'autres; de sorte qu'on en a constamment de dilîérentes époques; on doit toujours prendre la précaution d'échaufTer dans la main les œufs que l'on veut placer avec les autres , car sans cela la poule ne reste pas tranquille et quitte son nid; on lui laisse quatre ou cinq œufs pour faire éclore les poulets. — Baumgartner a fait connaître un appareil d'incubation très-simple dans ses Beobachtungen uber die Nerven und das blut. Freiburg, 1830. p. 6S. — Un autre, plus compliqué, a été décrit par Coste et Delpech dans leurs Recherches sur la formation des embryons des oiseaux. Paris, 1834. 4. Tab. I. p. 48. Rennie , Lebensweise der Vogel, traduit de l'anglais , Leipsig , 1835. p. 151 , a donné une description et des figures des fours égyptiens, ainsi que des recherches de Reaumcr , etc. Baer, Entwickelungsgesch. der Thiere, I. p. 2, s'est occupé de l'influence des différents degrés de température.
§ XLVL
Pour s'orienter dans l'histoire du développement, l'étude de descriptions et de planches exactes est indispensable ; il nous manque encore un recueil complet de bonnes figures , faites d'après nature , de tous les degrés du développement et de la formation successive de chaque organe ; nous possédons cependant, sur ce sujet, des fragments excellents qui nous ont été fournis dans les temps anciens et modernes. Parmi les premiers observateurs on doit distinguer Fabrice d'Aquapendiînte et Malpighi ; dans le siècle dernier, H aller et plus encore WoLiT se sont acquis une grande célébrité. Les premières recherches scientifiques et suivies sont dues à Dollinger, Pander et d'Alton, qui y employèrent des milliers d'œufs. Les observations de Baer ont formé une nouvelle époque^ les écrits de cet observateur sont les plus complets que nous possédions sur cette matière. Un grand nombre de physiologistes se sont occupés dans ces derniers temps de quelques points spéciaux du développement des organes.
L'ouvrage posthume de Hierontmus Fabricius ab Aquapendente , De formatione ovi et pulli , se trouve dans l'édition de Fabricius VonBohn, Lips. 1687, et dans celle d' Albin, qui est meilleure. Leyde, 1737. fol. Les figures sont assez nombreuses , mais grossières et peuvent à peine servir encore. Les nombreuses figures données par Malpighi dans ses ouvrages De ovo incubato et De formatione pulli in ovo (opéra omnia. Londini , 1686. fol.) , peuvent encore être utiles , du moins en se servant de l'excellent commentaire de J. Dollinger , publié en 1818 : M. Malpighii Iconum ad
Mstormm cvi incubali spectunlium censurae spécimen. WiecLurgi, 4. — Les observations de Haller concernent principalement la formation du cœur : Deux Mémoires sur la formation du cœur dans le poulet. Lausanne, 1758. Ils ont été réimprimés avec des augmentations dans ses Opéra anatomica minora, T. II. Lausann. 1766. 4. — L'étude des ouvrages de Gasp. Frédéric WoLFF doit être recommandée à tous les physiologistes : Theoria generationis. Edit. nova. Halae, 1774. 8. avec quelques figures sur le développement du poulet. De formatione intestinorum, etc. Observationes in ovis incubatis institutae auct G. F. Wolff. Nov. Commentar. Petropolit. Tom. XII (1767) p. 403. Tab. VII. Contin. Tom. XIII (1768) p 478. Tab. XIÏI. — Le même : ïJber die bildung des Darmkanals im bebruteten hilhnchen. Traduit du latin avec des remarques par J. F. Meckel , avec deux planches. Halle, 1812. — Le meilleur recueil de planches et le plus complet que nous possédions, se trouve dans : Beitraege sur entivickelungsgeschichte des hilhnchens im eie von Z)>" Pander. Wurzbourg, 1817. petit in-fol. Les planches ont été dessinées d'une manière très-remarquable par d'Alton aîné. Le tout comprend particulièrement la période des cinq premiers jours. — Les figures contenues dans la dissertation du comte Von Tredern sont trèsjolies et extrêmement correctes : Diss. sistens ovi avium historiae et incubationis prodromum. Jenae, 1808. 8. — L'ouvrage le plus complet, sur ce sujet, est celui de Von Baer , qui est devenu classique : Zur Entwickelungsgeschichte der Thiere , lieobachtung und Reflexion, dont le premier volume a paru en 1817 et le second en 1837, in-4o. La grande quantité de détails qu'il renferme en rend l'étude un peu difBcile, et on doit plutôt recommander l'extrait qui en est donné dans le 3^ volume de la Physiologie de Burdach à ceux qui commencent l'étude de cette science. Les coupes idéales , données dans ces deux ouvrages, sont d'une grande utilité pour l'intelligence du texte. Les planches , données par Coste et Delpech (voyez § XLII), sont en partie inexactes, en partie bonnes. Les planches II , lïï , IV, V (et comme complément la XXII ) de mes Icon. phys. fournissent ce qui est de plus important pour l'explication des descriptions qui suivent et sont citées entre parenthèses. Autant que possible , j'ai suIaI Baer.
STRUCTUBS: DE L'OEUF APRES LA POKTE.