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XLVII

L'œuf de la poule est entouré d'une coquille calcaire, dure (le. phys. Tab. II. fig. XI. a.), qui consiste presqu'entièrement en carbonate calcaire. Quoiqu'elle soit dépourvue de pores évidents et visibles, cependant l'air la traverse ; pendant l'incubation une certaine quantité des parties aqueuses constituantes

de l'œuf s'évapore par celle voie et si l'on recouvre des œufs d'une couche de vernis, on fail périr le germe qu'ils conliennent. A l'intérieur de la coquille il existe de petites dépressions dans lesquelles se fixent des prolongements, en forme de villosités, de la membrane de la coquille, memhrana testœ (fig. XL c) . Cette membrane consiste en deux feuillets , dont l'externe est inégal , par suite des prolongements dont nous venons de parler, et l'interne, qui est appliqué sur l'albumine, est lisse. Au gros bout de l'œuf, ces deux feuillets se séparent l'un de l'autre (fig. XI. d.), et c'est dans cet endroit qu'on peut le plus facilement les démontrer. L'espace vide , résultant de cette séparation, est appelé sac à air; il se forme peu après la ponte et il s'augmente dans les œufs pondus depuis longtemps ou soumis à l'incubation. La membrane de la coquille, formée d'un tissu de fibres solides, se comporte, sous le rapport chimique, comme de l'albumine coagulée. Entre celte membrane et le vitellus se trouve l'albumine , dont la couche externe (fig. XI entre c et e) est très-liquide, et par suite s'écoule facilement , lorsqu'on perce la coquille ; l'albumine visqueuse et épaisse, qui environne le vitellus (fig. XI entre e et f), tient plus fortement à ce dernier , surtout par sa couche la plus interne , qui l'entoure immédiatement ainsi que les chalazes (XI. f. f.). Le blanc d'œuf est alcalin, il contient de l'albumine, de la ptyaline, des sulfates et des chlorures en petite quantité. Les chalazes (XI. g. g.) sont deux prolongements formés d'albumine coagulée et consistant en fibres contournées en spiralec'est, à proprement parler, une membrane fine contournée, qui environne le globe vitellin, sous le nom de membrane clialazifère, et qui se continue , par deux points diamétralement opposés , en formant ces deux prolongements flexueux , spiroïdes , vers les deux pôles de l'œuf. Parfois aussi il arrive qu'un plissement circulaire de cette membrane traverse le vitellus , en allant d'une chalaze à l'autre, c'est la zone ', elle n'est pas constante et n'a pas de signification particulière. Les chalazes difTèrent beaucoup dans leur forme et dans leur développement. Le globe vitellin est un peu plus léger que l'albumine , et, quelle que soit la position que l'on donne à l'œuf , il se rapproche

toujours un peu plus de la partie de la coquille qui est tournée en haut. La membrane vitelline, cuticula vitelli, (fig. XII a, fig. II. c.) est simple, mince, transparente et un peu chatoyante. Elle entoure de près le vitellus (§ XVII) et sa cavité centrale (figr. XI. i.). Immédiatement sous la membrane vitelline, dans la partie regardant en haut, on aperçoit, par transparence, la cîcatncule sous forme d'une petite tache blanche arrondie. Elle consiste principalement en une couche membraneuse del et 1^2 à 2 lignes de grandeur, dans laquelle était insérée auparavant la vésicule proligère (§ XVIII) ; c'est là le germe , hlastos , dont se forme la membrane proligère ou le blastoderme , au commencement de l'incubation (le. phys. Tab. II. fig. XIII. A. b.). Dans des œufs frais, le germe adhère légèrement à la membrane vitelline ; dans des œufs pondus depuis un certain temps, il est isolé, mais toujours il est d'une consistance à se liquéfier facilement j au centre il est un peu plus clair et plus translucide (Tab. II. fig. XII. e.) et on y voit, par transparence , le tubercule proligère. Ce dernier appelé aussi nucleus cicatriculœ s. hlastodermatïs (Pander) (fig. XIII. A. d.) est encore désigné par Baer, sous le nom ûe stratum jwoligerum; il est formé d'une couche granuleuse, lâche, d'un blanc jaunâtre , un peu conique et insérée dans le vitellus ; entre lui et le germe il existe un certain espace , rempli d'un liquide, qui semble être en connexion avec le canal de la cavité centrale.

Dans la description et la terminologie de ce g ainsi que des suivants, je me suis fait un devoir de m'astreindre, autant que possible , à l'ouvrage de Baer , dont le 2e vol. p. 10-22 contient la description détaillée de l'œuf après îa ponte — Pour la composition chimique , comparez Berzelius, Chimie animale. Le blanc d'œuf est compose de 12 à 13 parties d'albumine, de 85 parîles d'eau et de 3 parties de soude, de sel de cuisine et d'une substance extractive ; suivant Bostock , il contiendrait aussi de la ptyaline , en assez grande quantité , des sulfates et des hydrochlorales ; la réaction alcaline est produite par un excès de soude libre. Le sac à air contient d'après Bisghoff, de l'air atmosphérique avec un excès d'oxigène.

SEPARATION DS L'OEUF DE L'OVAIRE ET FORMATION ULTERIEURE DANS L'OVIDUCTE.

§ XLVllI.

Nous avons vu (§ XVI) comment la membrane externe de l'œuf (le chorion) s'unit dans l'ovaire à une couche du stroma pour former une enveloppe solide, la capsule ou theca (Tab. II. fig. II. a.). Celte capsule est extérieurement environnée de tissu cellulaire et de vaisseaux sang^uins, surtout dans sa partie postérieure {Tab. II. fig. II. b.) où se trouve le pétiole. Le globe vitellin se trouve à l'intérieur de ces enveloppes et forme, avec la capsule , une espèce de baie pétiolée j chaque ovaire contient une quantité de ces corps à différents degrés de maturité (Tab. II. fig. I.). Dans la moitié de chaque baie ou capsule, opposée à celle qui est péliolée (fig. II. b, ), on voit une bande circulaire blanchâtre, assez large, désignée sous le nom de cicatrice, stigma (Tab. II. fig. I. b. b. c); elle est dépourvue de vaisseaux sanguins, tandis que les autres parties de la capsule sont pourvues d'un réseau très-rempli à mailles rhomboïdales. Cette bande est la partie la plus mince de la capsule, et le vitellus la touche de près (Tab. II. fig. II.), il y est même unij enfin c'est dans celle partie que se rompt la capsule, pour laisser sortir le vitellus ; on peut sans peine pratiquer artificiellement cette opération sur des capsules un peu moins avancées et en faire sortir les globes vitellins (Tab. II. fig. I. d.). Lorsque ceux-ci sont arrivés à maturité, cette rupture a lieu naturellement à la suite de la fécondation. Après la sortie du vitellus , ce qui reste de la capsule représente un entonnoir, ou calice (fig. I. d.), qui demeure suspendu à son pétiole ; bientôt ce reste se flétrit, se ratatine etrentredans le stroma de l'ovaire , où il ne tarde pas à disparaître entièrement. La séparation du globe vitellin a lieu, en partie parce qu'il a pris tout son accroissement, en partie par suite du développement plus fort de la substance capsulaire des environs du pétiole, qui refoule ainsi le vitellus du côté de la cicatrice

OU stigrma (Tab. II. fig". II.)- Le phénomène a de grandes analogies avec la rupture des vésicules de Graaf, dans la formation du corps jaune, chez les mammifères (§ LXVII). Par son extrémité abdominale ouverte , coupée obliquement, et appelée infimdibulmn , l'oviducte s'attache au calice, qui contient le vitellus le plus avancé et l'entoure complètement. En sortant du calice , le globe vitellin se meut en spirale dans l'oviducte qui est rausculeux ; ce dernier est très-élargl , congestionné et sécrète, par sa surface muqueuse, l'albumine, qui s'applique successivement autour du globe vitellin et forme en se coagulant , les différentes couches décrites plus haut ; la formation des chalazes est une suite de cette torsion de l'œuf autour de son axe et de la coagulation de l'albumine. La partie inférieure de l'oviducte est élargie et forme un réceptacle; c'est là que se forme la membrane de la coquille et cette dernière elle-même ) le liquide laiteux calcaire qui y est sécrété se dépose sur l'œuf, il en résulte des cristaux d'abord séparés et qui se confondent bientôt. L'œuf reste au delà de 24 heures darts ce réceptacle. Au commencement , lors du passage de l'œuf dans l'oviducte, le germe a déjà sa forme essentielle, la vésicule proligère ayant disparu -, seulement ses couches disoiformes supérieures et le cumulus ou tubercule proligère se séparent de plus en plus. L'œuf, après avoir été ainsi complètement formé , est expulsé rapidement à travers le cloaque ; chez d'autres oiseaux c'est peut-être ici qu'il reçoit, au moins en partie, les couleurs variées qu'il présente, telles que le rouge , le vert , le jaune et leurs diverses nuances , et qui seraient dues aux différentes teintes de la matière colorante du sang, chimiquement modifiée.

Comparez la description détaillée de Baer. Puis mon Lehrbuch der vergl. anal. p. 347. Comparez aussi la belle exposition de Carus .• Erlâuterungstafeln zur vergl. anatom. heft. IlL lab. VIÎI et le texte p. 22, qui contient des remarques physiologiques sur la formation des couleurs des œufs chez différents oiseaux.

FREUIERE PERIODE DU DEVELOPPEUXENT DU POULET. DE LA PREMIÈRE ORIGINE DE L'EMBRYON JUSQU'A L'ÉTABLISSEMENT COMPLET DE LA PREMIERE CIRCULATION.

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