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XLIX

La première période comprend environ deux jours. Dans les premières heures, qui suivent la fécondation , le germe se sépare davantag^e du viteilus et de la membrane vitelline, à laquelle cependant il adhère encore ; il prend une consistance plus membraneuse; l'espace rempli de liquide, situé entre lui et le cumulus (noyau de la cicatricule de Paivder), devient plus grand (Tab. II. fig. XIII. A.). Vers la sixième ou huitième heure, il s'opère une séparation du centre à la circonférence dans le germe devenu membrane proligère ; dans son centre apparaît un espace clair, arrondi, d'environ une ligne de diamètre; c'est l'auréole transparente, area peUucida s. germinativa (Tab. II. fig. XII. e.); son pourtour devient plus foncé et entoure l'auréole comme un anneau (fig. XII. d.) dont la largeur serait d'environ une ligne ; c'est là que se développera bientôt Tauréole vasculeuse, area vasculosa. A travers le centre de la membrane proligère, on voit, par transparence, le cumulus apparaître dans la profondeur. En même temps, dans le pourtour de la membrane proligère, apparaissent deux à trois lignes circulaires (XII. ce); ce sont les halos, halones, qui forment dans le viteilus des cloisons circulaires, entre lesquelles se trouvent des sillons remplis d'un liquide clair. On remarque aussi à celte époque que la membrane proligère s'est séparée en deux feuillets ou couches, qui sont, à la vérité, unis intimement , mais déjà distincts, quant à leur histologie ; on les appelle feuillets de la membrane proligère ; la couche supérieure est le feuillet séreux ou animal, l'inférieure est le feuillet muqueux ou végétatif; les limites du premier ne dépassent guère l'auréole transparente ; le second s'étend dans le pourtour jusqu'au delà de l'auréole vasculaire. Le blanc de l'œuf, placé au-dessus de la membrane proligère, disparaît, et le globe vi-

di TBAiTE

tellin s'élève de plus en plus, en se rapprochant de la membrane de la coquille ; la membrane vilelllne est un peu plus bombée dans ce point, d'où il résuite une saillie comparable à celle de la cornée transparente de l'œil, ce qu'on remarque souvent aussi sur des œufs non couvés (fig". XI. au-dessus de m.). En général, il n'est pas rare de rencontrer ces premiers phénomènes dans des œufs pondus en été et soumis à une température élevée , sans que celle-ci atteigne la chaleur nécessaire à l'incubation.

Dans ce g, ainsi que dans tous les suivants, je me suis conformé, autant que possible, à l'exposition de Baer , ce que je considère d'autant plus comme un devoir, qu'ordinairement mes observations concordent complètement avec les résultats obtenus par cet observateur et n'en diffèrent que sur un petit nombre de points (et peut-être plutôt dans la manière de considérer les faits). Nous indiquerons les différences essentielles dans nos remarques. On doit se servir de la planche II de mes Icon. phys., pour !a description qui précède ; pour celles qui suivent de la planche IIl. Les figures ont été faites d'après nature, mais afin de les rendre plus intelligibles, on a pris seulement les contours , et on leur a donné une forme schématique. Les premiers effets de l'incubation, dessinés d'après nature, sur un œuf de corneille, se voient clairement tab. V. fig. I. A et B. Comparez aussi Pander tab. I- et l'exposition de Baer dans le l^^r vol. p. 9 de son Entwickelungsgesch. et l'extrait complet qui est inséré dans la Phxjsiologie de Bdrdach, vol. III, p. 202.

Vers le milieu du premier jour, après 12 à IS heures, la membrane proligère, hlastoderma, s'est séparée complètement de la membrane vitelline et on peut l'enlever par incision comme une membrane cohérente {Jah. III. fig. II. III.). L'auréole transparente, area germinativa, a pris une forme allongée et même souvent celle d'une poire ( fig. I et III. b. ) ; elle a une longueur de 2 lignes. L'auréole vasculaire (c. c.) s'est aussi allongée et la membrane proligère s'étend d'une manière indéterminée au-dessus d'elle, jusque dans les halos, qui deviennent bientôt irréguliers. Celte partie externe de la membrane proligère est désignée sous le nom d'auréole vitelline , area vileUina. Vers cette époque la séparation dans l'épaisseur de la membrane proligère se prononce aussi d'une manière plus

évidente ; entre le feuillet séreux , qui est limité à l'auréole transparente et le feuillet muqueux , qui s'étend jusqu'à l'auréole vitelline inclusivement, il se forme une nouvelle couche, qui est nettement limitée à sa périphérie par les bords de l'auréole vasculeuse et qui est placée dans l'épaisseur de la membrane proligère, comme si elle appartenait aux deux autres feuillets et s'introduisait entr'eux ; cette couche , moins bien limitée, est appelée feuillet vasculaire, parce que c'est dans son intérieur que se développent le sang? et les vaisseaux. Cette formation n'est évidente que vers la seizième ou vingtième heure (fig?. VII. A. B. d.). Déjà auparavant, vers la quatorzième heure , on voit clairement , dans le milieu de l'auréole transparente, le premier rudiment de l'embryon, sous forme d'une bandelette délicate, blanche, ayant une longueur d'environ une ligne et demie j elle a reçu le nom de bandelette primitive, nota primitiva, et occupe l'axe longitudinal de l'auréole transparente, lequel coupe toujours à angles droits l'axe longitudinal de l'œuf ( fig. III. a.). — Sous la bandelette primitive, on voit clairement apparaître, par transparence, le cumulus situé dans la profondeur (fig. IV. A. B. d.). La bandelette primitive s'élève un peu au-dessus de la surface de l'auréole transparente (fig. IV.) ; elle est plus épaisse en avant, vers la tête de l'embryon futur, et va en s'amincissant dans le sens opposé; c'est probablement l'ébauche première du cerveau et de la moelle épinière.

Comparez les coupes idéales (d'après Baeu avec de légères modifications), tab. III. fig. IV. VII. X et XIII. A coupes transversales. B coupes longitudinales, a membrane vitelline, b feuillet séreux, c feuillet muqueux, d feuillet vasculaire ponctué. Mon opinion, quant à la bandelette primitive, diffère un peu de celle de Baer ; cet observateur la considère comme le précurseur de la colonne vertébrale et comme devant disparaître bientôt, tandis qu'elle r.e me semble que se métamorphoser histologiquement.

Dans l'origine la bandelette primitive se compose d'un agrégat de granules obscurs ; bientôt elle devient flu|de et apparaît

comme une couche d'une matière délicate, transparente, sur les côtés de laquelle s'élève, vers la seizième ou la dix-huitième heure, une paire d'élévations nouvelles symétriques. Ce sont les lames dorsales ou spinales (plis primitifs de Pander) formées par deux bourrelets, qui s'élèvent parallèlement à la bandelette primitive, sous forme de deux crêtes (fiff. Vl.b.b.), qui divergent en avant et en arrière et se rapprochent vers leur milieu; les bords des crêtes sont légèrement arrondis, et chacune d'elles ressemble à une ligne large, claire, qui serait comprise entre deux lignes plus obscures. L'auréole transparente est pyriforme (fig. V et VI.). Sous le canal, qui est destiné à loger la moelle épinière et que limitent ces lames dorsales, apparaît la corde dorsale, chorda dorsalis s. verlehralis (fig. VI. X. XIII. A. e. et fig. IX. Xll. f. ), formée par une bandelette très-fine, entourée d'une gaîne transparente; de ces deux formations naît plus tard la colonne cartilagineuse, dont se forme la colonne vertébrale. Bientôt l'embryon se recourbe en avant, ainsi que les lames dorsales , en formant un pli transparent falciforme{fig. VI. c), qui est le capuchon céphalique futur. De la vingtième à la vingt-quatrième heure l'auréole transparente s'allonge et prend une forme analogue à celle d'un biscuit. Les crêtes ou plis des lames dorsales semblent présenter des ondulations, dans l'espace où ils se rapprochent le plus (fig. IX. b. b.) ; dans la région pectorale, apparaissent des deux côtés des lamés dorsales , à côté de leurs crêtes , de petites plaques obscures, presque carrées, qui sont les arcs vertébraux futurs (fig. IX. c. c. fig. X. A. f.) ; le nombre de ces petites plaques n'est d'abord que de trois à quatre paires ,• on voit aussi les crêtes se rapprocher pour fermer le canal vertébral (fig. X. A. au-dessus de la corde dorsale, e.). En avant, elles i:.estent plus écartées pour former le crâne (fig. IX. d.), il en est de même en arrière, pour le futur sacrum j le pli antérieur ou le futur capuchon céphalique est repoussé plus en arrière (fig. IX. e. e.j; les feuillets muqueuxet vasculaire accompagnent ce pli (fig.X.f.)j d'où résulte l'apparition du commencement du canal digestif, qui n'est encore qu'un enfoncement sur le côté vitellin du feuillet muqueux. L'embryon est placé sur la membrane pro-

ligère comme un bateau plat relourné (fig. X. B.) ; !a lèle est déjà fortement indiquée (fig. X. B. e.).

Baer considère autrement plusieurs des formations ci-dessus; suivant lui le cerveau et la moelle épinière manqueraient avant la fermeture des lames dorsales ; cependant ces organes paraissent réellement exister; seulement ils sont liquides et très-transparents; ils paraissent aussi être le produit d'une métamorphose de la bandelette primitive. La corde dorsale et sa gaîne ne peuvent être aperçues distinctement que sur des coupes transversales (fig. VII. X. XIII. A e), et non pas en regardant d'en haut la membrane proligère, sur laquelle elle n'est indiquée que comme une simple ligne, comme l'axe idéal de la colonne vertébrale (flg. IX. XII. f) ; celte partie disparaît complètement lors de la formation de la colonne vertébrale Dans la fig. IX, les ondulations et la séparation des crêtes des lames dorsales ont été exprimées plus fortement, qu'elles n'apparaissent dans l'état frais ; c'est un effet de l'eau chaude, dans laquelle était placée la membrane proligère qui a servi pour cette figure. — Baer professe l'opinion, à laquelle je n'adhère pas , que la bandelette primitive , bientôt après son apparition , se divise en deux moitiés latérales , les lames dorsales , et en une bandelette médiane , la corde dorsale.

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