‹ Traité de physiologieChapitre 40 sur 76 · LII · texte numérisé non relu

LII

Le deuxième jour de l'incubation, l'embryon s'éloigfne encore davantage de la membrane proligère, ainsi que du vitellus, et s'élève considérablement au-dessus de l'auréole transparente. En effet , le pli antérieur (capuchon céphalique) se porte de plus en plus en arrière (fig. XII. e.) ; à l'extrémité postérieure, il se forme un pli semblable, qui dans l'origine est également falciforme ou semilunaire (XII. g.), c'est le capuchon caudal futur 5 les côtés commencent aussi à rentrer, et, par suite , l'auréole transparente se retire latéralement sur elle-même et prend complètement la forme d'un biscuit (fig. XI. XII.). L'embryon a une longueur de trois lignes ; l'extrémité céphalique et la fente transversale (capuchon céphalique) sont visibles à l'œil nu. Les crêtes des lames dorsales se sont rapprochées l'une de l'autre dans une grande étendue , elles se louchent bientôt (fig. XII.), se soudent enfin complètement, et forment ainsi le canal destiné à loger la moelle épinière (fig. XIII. A. g.), sous lequel se trouve la corde dorsale et sa gaîne (e). Le nombre des petites plaques vertébrales s'est augmenté, des nouvelles s'étant développées en avant et en arrière des premières-

vers la trente-sixième heure, il existe dix à douze rudiments vertébraux de chaque côté [Vig. XII. c. c. c. c). Vers cette époques les lames dorsales s'écartent plus fortement dans leur partie antérieure, de sorte qu'on peut distinctement reconnaître entre elles plusieurs cellules ou divisions; la plus grande ou la plus antérieure de ces cellules (fig. XII. d'.) s'est légèrement allongée en pointe par devant , tandis que sa partie inférieure s'est arrondie ; de chaque côté , elle a donné naissance à une élévation , qui est le rudiment de l'œil; c'est la cellule destinée aux couches optiques et aux cuisses du cerveau ; la deuxième cellule, qui est plus petite (d^), est destinée aux tubercules quadrijumeaux ; la troisième, qui est allongée (d^) reçoit la moelle allongée. La substance jusque là transparente du cerveau et de la moelle épinière, devient plus consistante; elle est recouverte d'une couche solide très-transparente, qui représente les enveloppes membraneuses futures du cerveau; il résulte de là que le cerveau et la moelle allongée sont réellement des vésicules closes qui , à cause de leur transparence , n'apparaissent que comme des espaces ouverts situés entre les crêtes ondulées des lames dorsales. En dehors des crêtes des lames dorsales et des rudiments vertébraux, on voit s'accroître et s'épaissir le feuillet séreux, qui se courbe en même temps des deux côtés vers l'intérieur et qui présente aussi des petites lames obscures , qui sont surtout visibles sur des coupes transversales ( fig. XIII. A. et surtout Tab. IV, fig. III. A. b^ ) ; ces lames sont à la fois les rudiments des apophyses transverses, et à leur partie externe ceux des côtes; ces excroissances latérales du feuillet séreux sont désignées sous les noms de lames ventrales , lames viscérales de Burdach, fasciœ abdominales de Wolff, plis ventraux de Pahder. De même que les lames dorsales s'élèvent perpendiculairement et convergent en haut pour former le canal destiné à loger la moelle épinière, les lames ventrales , après avoir fait une plus forte saillie en dehors, se courbent en bas et convergent pour former les parois latérales de la cavité abdominale et clore cette dernière. Les feuillets vasculaire et muqueux suivent les courbures du feuillet séreux et s'enfoncent en avant sous la tête de

l'embryon; d'où il résulte que l'excavation antérieure du canal alimentaire (Tab. 111. fig. X. B. f. et XllI. B.) devient plus profonde, (fovea cardiaca de Wolff). De cette excavation les feuillets vasculaire et muqueux se réfléchissent et reviennent en avant, pour se continuer avec le reste de la surface de la membrane proligère (Qg-. XIII. B. où le cœur d^ est déjà indiqué). Lorsqu'on examine l'embryon par sa face inférieure, celte partie de la membrane proligère recouvre donc la tête, et elle a été désignée en conséquence par les auteurs sous le nom de capuchon cépJialique (involucrum capîtis); ce n'est pas une partie indépendante. En même temps que ces métamorphoses morphologiques du feuillet séreux s'accomplissent , d'autres ont lieu dans le feuillet vasculaire; elles apparaissent à partir de la fin du premier jour jusqu'au milieu du second, de la manière suivante : l'auréole vasculaire ( Tab. III. fig. VIII. XI. c.) devient plus grande et échange sa forme allongée contre une plus arrondie. Dans son pourtour externe s'accumulent de petits îlots de couleur foncée (flg. XI), entre lesquels se manifestent des fissures, qui se confondent bientôt et forment des rigoles ; celles-ci s'unissent en un réseau de mailles , dans lesquelles on voit se mouvoir un liquide clair, incolore ou d'un jaune pâle, qui est le sang. Les halos (fig. VIII.) qui, au commencement du deuxième jour, sont plus fortement ondulés, se perdent bientôt complètement. A côté de ces phénomènes, qui ont lieu à la périphérie du feuillet vasculaire , la formation du cœur s'efTectue dans le centre , sous l'auréole transparente et le feuillet séreux de l'embryon. Le feuillet vasculaire s'épaissit dans ce point et devient plus obscur; le cœur apparaît sous forme d'un canal un peu flexueux , qui écarte 1 un de l'autre les feuillets muqueux et séreux (fig. XIII. B.d=). A un degré de formation plus avancé (fig. XIV. a) cet organe, vu du côté inférieur de l'embryon , se présente comme un canal irréguiier, large en arrière et simple en avant, qui se termine en arrière par deux (XIV. d. f.)ou trois (XIV. e.) prolongements ; ces derniers sont les futurs grands troncs veineux , qui maintenant se perdent encore dans la membrane proligère, d'une manière indéterminée. Déjà on remarque des mouvements on-

cîulaloires, des conlraclions rhythmiques du cœur, qui sonl la cause de la forme flexueuse de cet organe ; un liquide clair, semblable à celui que nous avons indiqué à la périphérie , se meut dans ce canal. Le cœur s'étend dans toute la longueur de l'espace compris entre le point d'inflexion de la membrane proligère et le sommet de la tête de l'embryon (fig. XIV) , de manière que, si Ion regarde l'embryon par sa face inférieure, on trouve que cet organe est recoiivert par la partie du feuillet rauqueux , concourant à former le capuchon céphalique. L'embryon qui, à la fin du premier jour, présentait la forme «l'un bateau plat renversé , prend , vers le milieu du second jour, celle d'une chaloupe renversée, dont les parois latérales (lames ventrales) convergent, et dont l'extrémité antérieure, fortement recourbée (inflexion de la tête), est pourvue d'une enveloppe particulière ( le capuchon céphalique ) ; l'extrémité postérieure est aussi un peu recourbée , mais beaucoup moins que l'exlrémité antérieure, par le capuchon caudal déjà en train de se former. L'excavation ventrale s'étend du bord postérieur du cœur (fig.XIV.) jusqu'au pli falciforme du capuchon céphalique (fig. XII. de e àg, vu par le dos, par transparence).

l'étude des métamorphoses qui ont lieu dans la première moitié du second jour, présente des difficultés spéciales, surtout pour ee qui concerne l'apparition du système vasculaire. Comparez Baer, ensuite Pander, p. 13. Quant aux métamorphoses histologiques du feuillet vasculaire , à la formation du sang , voyez plus loin le troisième chapitre.

Page 1