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ANALYSE SSSCKOSCOPSQUE DU SPERME

Chez tous les individus mâles, capables d'engendrer, la semence (semen, sperma) est sécrétée dans les testicules sous la forme d'un liquide épais et blanchâtre. On obtient le sperme à l'état le plus pur et le plus parfait , en en prenant une gouttelette dans répididyme ou dans le canal déférent, pour la placer sous le microscope.

Pour apprendre à connaître la semence à l'état normal , on doit choisir un animal tué à l'instant même, ou un cadavre humain tout frais. Une légère addition d'albumine ou de sérum du sang n'altère en aucune façon la semence , comme on peut facilement s'en convaincre , et sert à atténuer et à étendre la gouttelette de sperme , que l'on peut , sans danger , recouvrir d'une petite plaque de verre mince (1). A l'aide d'un grossissement de trois à quatre cents fois, on aperçoit aussitôt une grande quantité de petits corps encore très-rapprochés, malgré le moyen d'atténuation employé , et qui se meuvent d'une manière plus ou moins vive, si la semence a été prise sur un animal très-récemment tué. Ces petits corps mobiles ont été désignés , depuis leur découverte , sous les noms cVanimalcules spermatiques , de spermatozoaires (2). Au premier abord, lorsqu'on examine le sperme avant qu'il n'ait été étendu au moyen d'un véhicule , il semble consister entièrement en spermatozoaires. Une attention plus soutenue y fait reconnaître presque

toujours d'autres petits globules granulés , ronds , qui son» tantôt très-rares, tantôt nombreux, mais toujours en quantité moindre que les animalcules spermatiques. Nous désignons ces globules sous le nom de granules spermatiques (granula seminis). Ces deux éléments du sperme, appréciables au microscope, nagent dans une faible quantité d'un liquide clair, transparent et complètement homogène, que l'on peut reconnaître parfois sur les bords de la gouttelette de sperme non étendue ; fréquemment et même c'est le cas ordinaire , ce liquide existe en si petite quantité qu'il est extrêmement difficile de l'apercevoir; cependant on réussit assez souvent à le rendre appréciable à l'œil, en y ajoutant un réactif, par exemple l'acide acétique ou l'alcool, au moyen duquel le liquide, qui contient probablement de l'albumine, se coagule et apparaît sous forme d'une substance extrêmement ténue, granulée, placée entre les spermatozoaires et les granules spermatiques. La semence pure dans son état le plus parfait, consiste donc en grande partie en animalcules spermatiques et en quelques granules, qui se trouvent dans une petite quantité de liquide, que nous appelons liquide spermatique (liquor seminis).

(1) L'albumine et mieux encore le sérum du sang sont les substances les plus convenables pour étendre et recouvrir tous les tissus animaux et les corpuscules organiques. L'eau pure les altère fréquemment par son action ; mais si l'on y ajoute du sucre ou un peu (l/i 0,1/20) de sel de cuisine, ces solutions pourront remplacer dans beaucoup de cas , les liquides indiqués cidessus ; l'xisage apprend bientôt la vraie proportion. On peut se procurer très-promptement et très-commodément du sérum du sang sur des grenouilles, que tout individu, voulant s'occuper de physiologie, doit d'ailleurs conserver vivantes pendant toute l'année. On ouvre le cœur et on fait couler le sang dans un verre à expérience , dans lequel on le bat au moyen d'une baguette de verre ; après quelque temps les globules sanguins tombent au fond et le sérum surnage ; ce liquide se conserve plusieurs jours et plus longtemps encore en hiver. — On peut, dans beaucoup de cas, employer de petites plaques de verre pour recouvrir les objets, lorsque la compression n'altère pas ces derniers, ce que l'on apprend par l'usage; les animalcules spermatiques sont toujours si petits et si ténus, que leurs mouvements ne sont nullement troublés par cette compression.

(2) La découverte des animalcules spermatiques coïncide avec l'invention du microscope. Un étudiant de Leyde , nommé Bam , paraît être le premier qui les ait vus (en août 1677) ; il les montra à Leeuwenhoek, qui poursuivit cette première découverte et en fit l'objet d'une communication à la Société

de Londres. Les observations très-exactes et les figures qu'il en a données sont rassemblées dans : Ântonîi a Leeuwenhoek opéra omnia, sue Ârcana naturae. Lugd. Bat. 1722 et dans Arcana naturae détecta. Ibid. 1722 (comme second volume du précédent). — Des observations postérieures également très-utiles se trouvent dans : W. von Gleichen, Abhandlung Uber diesamen und infusionsthierchen oder Uber die erzeugung nebst mîcrosko'pische beobachtungen des samens der thiere. Nilrnberg , 1744. 4. Traduit en français sous le titre de : Dissertation sur la génération, les animalcules spermatiques et ceux d'infusion avec des observations microscopiques, Paris. An vu. 4, avec 32 pi.— Les observations nombreuses et les figures données par Prévost et Dumas, forment une nouvelle époque. — Czermak , de Vienne (Autriche), a publié un ouvrage spécial sur les animalcules spermatiques, intitulé : Beitraege zu derlehre von der spermatozoen. Wien, 1818. 4", mit 2 tafeln. Additions à la spermatozoologie, avec deux planches (les fins détails du contour ont été omis, dans ces planches , probablement parce que l'auteur avait fait usage d'un grossissement trop fort et qui rendait les objets peu distincts). J'ai donné un court exposé critique des travaux faits , jusqu'à cette époque , sur les sperraatozoaires , accompagnés de nouvelles figures , représentant surtout ces animaux chez lesvertébrés, dans mes Fragmenten zur physiologie der zeugung (Fragments pour la physiologie de la génération) et dans mes Beitraegen zur gescMchte der zeugung und entwiekclung , insérés dans le deuxième volume des Abhanlungen der mathematisch-physicalischeii Masse der konigl. Bair. Akademie der Wissenschaften. Mûnchen , 1837 (Mémoires de l'Académie des Sciences de Munich). — Siebold de Dantzig a donné de très-bonnes observations, particulièrement sur les spermatozoaires des invertébrés, dans Muller's archiv. fur physîol. 1836, p. 13 et 232, puis 1837, p. 38!. Comparez l'extrait critique et complet des travaux de Siebold , dans mes observations insérées dans le Repertorium de Valentin, a. 1837, p. 133. — Les connaissances et les opinions anciennes sur les spermatozoaires ont été rassemblées d'une manière très-complète par Ehrenberg, dans son grand ouvrage intitulé : Uber die infusionsthierchen, p. 465 (sur les animaux infusoires). — Mes /cônes physiologicae , t. i, servent d'éclaircissement très-utile aux g§ suivants .

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