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LUI

Les métamorphoses qui s'efTectuent dans la deuxième moitié du second jour, de la trente-sixième à la cinquantième heure, sont les suivantes : les lames dorsales se réunissent dans toute leurétendue ; la tête se courbe plus fortement en bas, ainsi que lextrémité caudale; les capuchons céphalique et caudal se rénéchissent vers le dos ; les élévations qui forment les rudiments des yeux se détachent mieux de la cellule cérébrale antérieure, qui maintenant est placée tout à fait inférieurement ^ la cellule

DE PHYSIOLOGIE. loi

des corps quadrijumeaux prend un grand accroissement ; l'organe auditif sort de la cellule de la moelle allongée, sous forme d'un cylindre creux; dans la partie antérieure de cette dernière cellule, on observe souvent une séparation particulière destinée au cervelet; la moelle épinière représente un tube comprimé latéralement. Le sang s'accumule à la périphérie du feuillet vasculaire , dans un sinus circulaire ou cercle vasculaire , qui devient plus tard la veine terminale. Le cœur sépare bientôt les lames ventrales, en agissant comme un coin, et fait ainsi hernie derrière le point d'inflexion que fait la membrane proligère pour former le capuchon céphalique ; c'est ici que s'enfoncent les troncs veineux, destinés à conduire le sang de la périphérie du feuillet vasculaire au cœur. Ce dernier organe est devenu un canal plus étroit, à courbure plus continue, et il se contracte plus énergiquement.Son extrémité antérieure se partage en deux branches, qui se rendent jusqu'à la voûte de la cavité gutturale future et marchent le long de la face inférieure du rachis, où elles se confondent pour former l'aorte; ces branches se partagent ensuite de nouveau et donnent deux gros rameaux transversaux, comme troncs artériels, qui se dirigent dans la membrane proligère vers la périphérie de l'auréole vasculeuse. Le sang prend bientôt une couleur rouge. L'auréole transparente conserve sa forme de biscuit. A la périphérie, le feuillet séreux s'éloigne déjà fortement des autres feuillets de la membrane proligère, placés au-dessous de lui, et forme un pli qui s'élève dans toute la circonférence et croît rapidement à commencer du troisième jour (Tab. IV, fig. III. A. B. f. ). La courbure de l'embryon augmente beaucoup; la cellule , destinée aux tubercules quadrijumeaux, vient former l'extrémité antérieure et supérieure de la portion céphalique; l'extrémité caudale éprouve une inflexion plus forte, d'où il résulte que le feuillet muqueux produit en arrière une fosse analogue à celle désignée sous le nom d'excavation antérieure du canal alimentaire ; la cavité digestive se présente maintenant comme un canal assez profond , qui néanmoins offre toujours une grande ouverture du côté du vitellus, dont il reçoit la matière nutritive.

On peut utiliser, pour éclaircir cette exposition, les figures des le. phys. tab. IV, qui représentent l'embryon au commencement du troisième jour. Comparez aussi les figures dessinées d'après nature sur des embryons de corneilles , tab, V, fig. III. A et B ; elles représentent la première formation du système vasculaire.

CEUSIEME PERIODE DU DEVELOPPEMENT DU POULET , JUSQU'A 1.A FORMATION COMPLÈTE DE LA SECONDE CIRCULATION.

La deuxième période du développement du poulet commence au troisième jour , alors que la circulation est parfaitement établie dans les vaisseaux vitellins ( Icon. physiol. Tab. IV, fig. I-VII); elle embrasse de plus les quatrième et cinquième jours, jusqu'au moment où l'allanloïde faisant une saillie trèsmarquée, atteint la membrane testacée, et établit ainsi la seconde circulation ; d'un autre côté , la circulation dans les vaisseaux vitellins étant parvenue à son plus haut degré de développement , vers la fin du quatrième jour , commence à s'oblitérer (Tab. IV, ûg. VIIT-IX). Pendant cette période l'embryon se sépare complètement de la membrane proligère et s'enveloppe d'une production périphérique de cette dernière. Le troisième jour est le plus remarquable dans toute l'histoire du développement , attendu que par suite d'une activité créatrice très-énergique, tous les organes commencent à se former et l'embryon prend une forme indépendante. Pour donner un aperçu convenable, nous considérerons les phénomènes dans chaque feuillet de la membrane proligère, et nous suivrons chaque formation principale et chaque organe depuis le commencement jusqu'à la fin de cette période.

Nous devons faire remarquer ici que l'adoption de périodes et de jours déterminés présente toujours quelque chose d'arbitraire, les différents œufs se comportant souvent d'une manière très-différente dans leur développement, alors même qu'ils sont soumis en même temps à une température tout à fait égale. De plus les différents organes ne se développent pas toujours dans un

même rapport , de sorte que souvent l'un se développe , tandis que l'autre reste un peu stationaire.

Les lames dorsales sont devenues plus épaisses ; les rudiments des vertèbres ( plaques vertébrales) qu'elles contiennent augmentent en nombre en avant et en arrière (fig. V. h. h.); ils bordent latéralement le canal de la moelle épinière ; d'autres se forment à la moelle allongée et quelques-uns restent encore visibles au-devant de l'oreille (fig. VU. d.) (1). En dehors de la corde dorsale , entre elle et les plaques vertébrales , apparaissent les premiers rudiments cartilagineux des vertèbres qui, en haut se confondent avec les plaques des arcs vertébraux , en bas renferment le canal de la moelle épinière, et embrassent la colonne cartilagineuse (gaîne) de la corde dorsale. Vers le cinquième jour, la corde dorsale commence à disparaître. La moelle épinière est comprimée latéralement et divisée en deux moitiés, dont chacune est également partagée, par un sillon, en deux cordons , l'un supérieur et l'autre inférieur ; ce n'est qu'au cinquième jour qu'on y remarque les saillies des extrémités futures; dès le quatrième jour, on y voit déjà les premiers rudiments des enveloppes cérébrales. La moelle allongée (fig. VII entre c et d.) est très-plate en haut, par suite de l'écartement des deux cordons supérieurs , formant la base du quatrième ventricule qui paraît recouvert par une lamelle particulière (2). En avant, les cordons de la moelle allongée s'élèvent vers les tubercules quadrijumeaux , en formant dçux feuillets perpendiculaires, qui, au cinquième jour, se rapprochent et recouvrent le quatrième ventricule , en haut et en avant j c'est ainsi que naît le cervelet qui, vu de côté, présente l'aspect d'un renHement (fig. V. e. fig. VII. d. fig. VIII et IX entre d et a.); derrière lui, le quatrième ventricule offre un enfoncement marqué (fig. VIII, IX. d.). Les tubercules quadrijumeaux forment une cellule simple , très-considérable, qui présente une convexité très-apparente, et se dirige de plus en plus vers le bas; à mesure que la courbure de la tête de l'em^

bryon aiigraenle ( ûg. II. V. d. figr. VIL e. fig. YUî. IX. a. fig". VI. B. o. fig.X. b. fig.XI. c), les feuillets qui forment le cervelet passent en haut dans les tubercules quadrijuraeaux en se confondant entre eux, et circonscrivent ainsi en dessous le prolongement du quatrième ventricule, qui se continue enun aqueduc. En avant des tubercules quadrijumeaux se trouve la cellule cérébrale moyenne qui est également impaire et plus petite que la précédente (fig. V. IX. c. fig. VII. VIII. f. fig. VLB. devant r) ; elle est formée par les prolongements des feuillets de la moelle allongée (cuisses du cerveau) ; en haut , elle est ouverte et constitue le troisième ventricule, qui présente ainsi une large ouverture j elle se prolonge jusqu'à Ventonnoir, qui, au deuxième jour, était dirigé de haut en bas, et qui, par suite de la courbure plus forte de l'extrémité antérieure de l'embryon, s'est porté maintenant en arrière et même en haut. C'est dans cette cellule, qui s'était développée la première et qui était la plus antérieure (Tab. IIL fig. XII. d'), qu'apparaissent les couches optiques vers la fin de cette période. La cellule cérébrale, qui est maintenant la plus antérieure, est paire et contient les hémisphères (fig. V. VIII. IX. b. fig. VIL g. fig. XL d. fig. VI. B. p), elle repose tout à fait en bas dans la courbure naturelle de l'embryon. Entre les cellules cérébrales les plus antérieures et la cellule moyenne, on voit sortir de chaque côté , le nerf optique , sous la forme d'une vésicule, sur laquelle les enveloppes externes (la partie externe du feuillet «éreux ) se renversent en dedans en forme de sac, pour produire le glohe de l'œil ; elles forment en dehors un bourrelet, ouvert à sa partie inférieure par une fente, qui peu à peu se ferme et ne présente enfin qu'une bandelette mince, incolore, tandis que le pigment noir se dépose dans le reste du bulbe oculaire. Le cristallin apparaît de très-bonne heure (le troisième jour); il forme une capsule propre , fermée dans le sac renversé des enveloppes externes , et se trouve placé dans un globe albumineux {le corps vitré). Comparez, pour les métamorphoses de l'œil, les fig. V-XI.) (3). Le nerf auditif, qui d'abord n'était qu'un petit cylindre faisant saillie sur la moelle allongée, prend bientôt la forme d'une vésicule qui, vue par le côté pos-

iérieur, est allacliée à la moelle allongée par un pédicule ( le nerf acoustique) (Rg. VIL i.); en face de cette vésicule apparaît, dans la paroi crânienne, une fente (fig. X. A. f.) qui, en s'agrandissant, marche à la rencontre de la vésicule auditive, et s'implante dans cette dernière pour former le méat auditif externe. Si l'on place l'embryon sur le côté, la vésicule auditive (qui répond au labyrinthe) se présente comme une tumeur arrondie (fig. V. g. Vlïl. e. X. A. n.) qui, pendant le cours de cette période , tend constamment à se porter en avant. Au commencement du troisième jour, le nerf olfactif fait saillie vers la base des cellules des hémisphères j plus tard, on distingue, en regardant du dehors, les fosses nasales (lig. VïlI. c.) sous la forme d'un enfoncement entouré d'un bourrelet ; le cinquième jour, ces fosses deviennent plus profondes et s'écartent l'une de l'autre.

(1) Ordinairement on voit encore deux paires de vertèbres à la vésicule auditive , comme dans la fig. YIl, d. tab. IV.

(2) Les recherches sur cette partie sont difficiles, et je n'ai pu me convaincre de l'existence de cette lamelle recouvrant le quatrième ventricule ; les enveloppes externes sont ici épaisses et d'une teinte obscure.

(3) L'étude de la formation de l'œil est une des plus difficiles de l'histoire du développement ; il y a encore ici beaucoup à faire. Les travaux de Huschkb sont néanmoins excellents ; voyez les Archives de Meckel pour 183?, p. 1, elle Zettschrîft fur Ophthalmologie \on Ammot^ , vol. IV, p. 272.

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