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LVI

Des métamorphoses très-importantes ont lieu, à cette époque, dans les lames ventrales, placées à côté de la partie médiane (les lames dorsales) j une séparation s'opère entre leurs parties constituantes; le feuillet séreux, qui les compose, se détache, à la façon d'un épiderme, de la couche plus profonde, dans la périphérie de l'embryon , sous la forme d'une couche mince, superficielle, (fig. III. VI. b^ et f.) ', celle-ci s'était déjà auparavant réfléchie au cœur pour former le capuchon céphalique, à l'extrémité postérieure pour former le capuchon caudal et sur les côtés pour former les capuchons latéraux. Ainsi le feuillet séreux de la membrane proligère , ou la couche supérieure des lames

ventrales , s'élève de tous côtés pour converger en un anneau elliptique placé au dos de l'embryon ; le quatrième jour, les plis qui forment cet anneau sont très-rapprochés ; l'antérieur s'appelle coiffe cépJialique (vagina capitis) (fig. VI. B. f. en avant), le postérieur, coiffe caudale (vagina caudje, fig. VI. B. f. en arrière), et l'on pourrait désigner les plis latéraux sous le nom dé coiffes latérales (vaginae latérales) ; vers la fin du quatrième jour, l'anneau elliptique, s'étant rétréci peu à peu, disparaît complètement en laissant une cicatrice apparente au-dessus de la région lombaire de l'embryon. Il résulte de là, que l'embryon se trouve enfermé dans une enveloppe sacciforme , appelée amnios (fig. XI. a. a.), qui est remplie de liquide. Le feuillet supérieur du pli ou anneau , qui s'est oblitéré (fig. VI. A. B. sous la membrane vitelline a), couvre toute la membrane proligère et s'étend autour du vilellus comme enveloppe séreuse (vesica serosa), (faux amnios de Pander). Ce feuillet est séparé par un vaste espace, du reste de la membrane proligère, dans l'embryon. La couche inférieure des lames ventrales séreuses forme les parois abdominales, ainsi que les os et les muscles composant le cou et le tronc. Au-dessous de cette couche se trouve le feuillet vasculaire qui forme, avec le feuillet séreux, les productions que nous allons décrire. Des deux côtés et audessous de la colonne vertébrale, il se détache un feuillet qui s'épaissit et descend perpendiculairement : c'est la lame mésentérique, lamina mesenterica; entre elle et sa congénère, il existe d'abord une gouttière ouverte, appelée le vide du mésentère (ce que WoLFF considérait, par erreur, comme la gouttière intestinale) ; ces deux lames poussent devant elles le feuillet muqueux et se réunissent bientôt sous un angle aigu (fig. VI. A. h. B. m.) en une suture; le vide du mésentère ressemble à un triangle isocèle, dont la pointe serait tournée en bas. Après la réunion des deux lames qui forment le mésentère, cet organe se développe rapidement dans la moitié postérieure du ventre, et partage cette cavité en deux moitiés. A la partie supérieure du canal alimentaire, se forment les arcs branchiaux dans les lames ventrales, qui convergent dans ce point ; en effet, tandis que la paroi abdotninale s'amincit, plusieurs fentes apparais-

sent dans la rég^ion (actuelle) du cou, et pénètrent jusque dans le feuillet muqueux ; il existe trois paires de ces fentes et même quatre, en y comprenant la bouche ; la postérieure est trèspetite, on les appelle fentes hrancMales (1) ; entre elles se trouvent trois seg-ments des lames ventrales , arrondis en avant, concaves du côté de la cavité digestive, et, par conséquent, falciformes, qu'on désigne sous le nom d'arcs hrancMaux (fig. V et VI. 1, 2, 3. fig. VII. K.)," le quatrième arc branchial est le plus postérieur et n'est pas encore séparé des lames ventrales. Au quatrième jour, le premier arc branchial grossit beaucoup (fig. VIII, entre g' et g"") ; en arrière, il se forme une nouvelle fente (fig. VIII. IX. g4); au cinquième jour, la première fente s'oblitère (fig. X. A. entre d et e.): le premier arc branchial se réunit à son congénère pour former la mâchoire inférieure (fig. X. A. d. B. e.), et le deuxième se transforme en os hyoïde (fig. X. A. e. B. f.). Les deux dernières fentes branchiales s'oblitèrent aussi au cinquième jour, tandis que la première disparaît complètement et que la seconde (fig. X. A. g'.) persiste plus longtemps (2). Pendant les troisième et quatrième jours, on voit grossir les lames ventrales , placées en avant de la mâchoire inférieure pour former la mâchoire supérieure (VIII en avant de g% IX. 1); celle-ci est plus fortement indiquée le cinquième jour (X. A. c). D'abord les deux maxillaires supérieurs ne se joignent pas (fig. X. B. d. d.), et ce n'est que plus tard qu'ils se réunissent au moyen d'une apophyse frontale qui s'avance entre les yeux (X. B. au-dessus de D.). Les rudiments des côtes se forment dans les parties des lames ventrales situées en arrière des arcs branchiaux ; il en est de même des membres. Dans la première moitié du troisième jour, on ne remarque encore aucune trace de membres (fig. V) j ce n'est que dans la seconde moitié de ce jour qu'on les voit faire saillie sur les bords des lames ventrales, sous la forme de petits lisérés étroits qui, à la fin du troisième jour , se portent de plus en plus en haut, sur la face externe des lames ventrales, et se transforment en feuillets arrondis (fig. VIII. o. p.) ; les extrémités postérieures se distinguent bientôt par leur plus grande largeur (fig. IX); le cinquième jour, ces organes se rapprochent

encore des lames dorsales ; ils consistent en un pédicule arrondi, qui se termine par une lame lingfuiforme (XI. f. g.) •

(1) La découverte des fentes branchiales et l'interprétation exacte de leur valeur, dans les embryons des vertébrés supérieurs , sont dues à Rathke; Voyez ses mémoires : Isis, 1825. 1" vol. 747. 1827. p. 84, puis Nov. act. Acad. Leopold. XIV. I. p. 159. Peu après, Huschke a éclairci ce sujet particulièrement sur des poulets. Isîs, 1826. p. 401 et 1827. p. 102, avec des planches. — Récemment Reichert a suivi ce sujet dans toute son étendue et d'une manière très-complète ; il désigne les arcs branchiaux sous le nom d'arcs viscéraux (visceralbogea ). Muller's Àrchiv. 1837. p. 121. avec des planches. — L'opinion de cet auteur, qui consiste à dire que ce ne sont pas des arcs branchiaux , ne repose que sur une dispute de mots ; sans aucun doute il n'existe pas de branchies fonctionnant réellement ; mais il y a des arcs vasculaires, qui sont tout à fait analogues aux troncs vasculaires branchiaux des poissons , si ce n'est seulement qu'ils ne se ramifient pas.

(2) La première fente branchiale se transforme en dedans en trompe d'Ec- STACHE , en dehors en conduit auditif externe (Tab. IV. fig. X. f.) Au reste, j'ai trouvé que la disparition des fentes branchiales n'est pas aussi complètement régulière et que souvent toutes les fentes peuvent être plus ou moins perçues en même temps (fig. V-IX).

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