‹ Traité de physiologieChapitre 43 sur 76 · LVII · texte numérisé non relu

LVII

Dans le feuillet vasculaire s'effectue l'achèvement complet de la première circulation ( circulation vitelline ) , qui atteint , comme on sait, son maximum de développement au quatrième jour (fig?. IV). L'embryon présente sous la tête trois points de couleur rouge, qui exécutent des pulsations (fig. IV. d.) et sont les indices des contractions alternatives des trois divisions du cœur maintenant en voie de formation , savoir : de Voreillette (fig. V. k. VII. 1.) qui reçoit les veines, et qui à la fin du troisième jour, présente déjà des traces des deux appendices auriculaires; du ventricule (V. i. VII. m.), et du hulbe aortique (V. 1. VII. n.) qui se détache de ce dernier. Le cœur éprouve pendant cette période, de tels changements qu'il offre des métamorphoses continuelles dans sa forme et dans sa position. Au second jour, ce n'est encore qu'un canal flexueux, placé sous le cerveau (Tab. III. fig. XIV.); le troisième jour, il se retire plusen arrière, contractesesdiverses parties sur elles-mêmes, et seplie même de manière à former uneanse (Tab. IV. fig. VII. m.),

de sorte que cet organe représente alors une sorte de goîlre apparaissant entre les lames ventrales (VII. m. VIII. h.), mais toujours en dedans du capuchon céphalique (figf. II. V.); dans l'origine le cœur se porte à gauche ; mais plus tard il penche vers la droite. Le yentricule , qui , au troisième jour, présentait encore la forme d'un canal, s'arrondit le quatrième jour (%. IX. h.), se termine en pointe et devient cordiforme (X. B. g.); il est dirigé vers la droite, tandis que l'oreillette (X.B.h.) prend des limites plus arrêtées et se porte à gauche (fig. IX. derrière h.). A la fin du troisième jour, l'étranglement, entre le ventricule et le bulbe aortique {fretum de Haller), devient sensible (fig. VII. n. ). Le quatrième jour , on voit se former la masse musculaire du cœur et la cloison intermédiaire du ventricule ; au cinquième jour, on voit apparaître aussi le seplum dans l'oreillette, et les deux dilatations, qui déjà recevaient les veines au troisième jour (fig. VII. derrière 1.), deviennent les appendices auriculaires. Avant que le bulbe de l'aorte ne se soit encore nettement détaché du reste du cœur (fig. IL), il se divise, au commencement du troisième jour, en quatre paires d'arcs vasculaires , que l'on aperçoit par transparence,, à travers les lames ventrales, et dont la dernière est la plus faible (fig. II. 1-4) ,• après que les fentes branchiales se sont développées, ces arcs se trouvent situés derrière les arcs branchiaux (fig. V. VI. B. VII.) ', ceux de chaque côté se réunissent ensuite près de la colonne vertébrale pour former une des racines de V aorte ; plus bas ces deux racines se réunissent pour former l'aorte (fig. II.). Les arcs vasculaires éprouvent, le quatrième jour , des changements prononcés ; la première paire disparaît peu à peu en s'oblitérant, et la deuxième devient plus grêle ; par compensation, il se développe, de chaque côté, un cinquième arc, qui au cinquième jour devient plus fort, pendant que le deuxième arc disparaît, de sorte qu'alors de chaque côté , l'on a trois arcs vasculaires d'une grosseur à peu près égale (fig. X. A. h', h^.). Les carotides d'abord, et plus tard les artères vertébrales , se détachent des racines de l'aorte , dans l'intérieur du bulbe de ce dernier s'efTectue une division en deux canaux. Au quatrième jour, l'aorte fournit

tlO TRAITÉ

d'une manière évidente des branches, qui se rendent dans tous les espaces intervertébraux j elle se partage ensuite et donne deux branches principales , qui marchent dans une direction transversale (fig. I. c. II. i. i. V. m. m. IV. f. f.) et vont former un très-beau réseau sur la membrane proligère étendue ; l'aorte continue à marcher, séparée d'abord, puis, plus tard, réunie en un seul vaisseau, le long de la colonne vertébrale; elle donne une artère mésentérique (fig. III. VI. B. d^.), et se divise enfin en deux branches , qui se ramifient sur l'allantoïde (fig. VIII. IX. n.) . Presque en même temps il se forme un système veineux qui accompagne les artères ; cependant les veines et les artères de la membrane proligère sont en antagonisme ; ainsi, tandis que celles-ci marchent transversalement vers le sinus terminalis (fig. IV. b.), les veines se dirigent parallèlement au grand axe de l'embryon. Une veine inférieure, volumineuse, placée à gauche (fig. IV. g. V. k") à laquelle s'ajoute une deuxième plus petite et souvent à peine visible, placée à droite, et une ou deux veines supérieures (fig. IV. g. g, V. ki.) portent le sang de l'auréole vasculaire au cœur. Le système de la veine cave se forme plus tôt, dans le corps de l'embryon , que le système artériel, et déjà, au quatrième jour, le système de la veine porte se sépare clairement du système de la veine cave et se ramifie dans le foie. La circulation, qui a lieu dans la membrane proligère, est donc une circulation vitelline ; le sang passe de l'embryon par les deux artères vitellines ou omphalo-mésentériques (fig. IV. f. f.) dans le sinus terminal, qui, au quatrième jour, est très-rempli de sang : de ce point le sang retourne au cœur par les quatre troncs veineux, les veines viteîlines ou omphalo-mésentériques (fig. IV. g. g. g.). Les extrémités les plus fines des artères et des veines communiquent ensemble et forment un beau réseau à mailles rhomboïdales.

L'opinion de Reichert diffère un peu de celle que nous venons d'exposer, en ce qu'il admet qu'il n'existe jamais que trois arcs vasculaires branchiaux de chaque côté qui se retirent successivement en arrière, de sorte que l'apparition d'arcs nouveaux et la disparition des anciens ne seraient qu'apparentes. Quoi qu'il en soit , je crois avoir vu , dans mes précédentes observations , quatre arcs vasculaires branchiaux existant en même temps, comme je les ai

dessinés ; jamais je n'ai vu cinq arcs exister en même temps. Baer , que j'ai suivi dans ce paragraphe , partage donc mon opinion.

§ LVIU.

Une formation toute particulière et transitoire , n'appartenant qu'au fœtus , nous est offerte par les corps dits de Wolff, ou reim primordiaux (l). Ces organes sont un produit du feuillet vasculaire , auquel cependant le feuillet séreux semble aussi prendre part. Ils apparaissent, dans la deuxième moitié du troisième jour, sous forme d'une paire de filaments étroits , épais, qui font saillie dans l'ancre que le feuillet du mésentère forme avec la lame ventrale (fig. VL A. i.), le long de la colonne vertébrale, depuis la région du cœur jusqu'à l'ailantoïde; déjà on y aperçoit des élévations et des étranglements alternatifs et un canal longitudinal. Au quatrième jour on reconnaît que les corps de Wolff sont formés de cœcums creux , qui sont appliqués sur le canal longitudinal (fig. VIII. q. q. q. q.)j au cinquième jour, ces corps ont beaucoup augmenté en hauteur et en largeur; les cœcums se contournent. Les parties génitales préparant le germe , testicule et ovaire , se développent sous forme d'un cordon étroit , situé au côté interne des organes , qui viennent de nous occuper (2).

(1) C. Fr. Wolff doit être considéré comme ayant le premier découvert ces corps. Theoria generationîs. Il Ed. p. 139,— Valentin a publié l'histoire de la découverte et de la description complète de ces organes. Entwickelungsgescft.jp. 235.

(2) La description la plus complète et la meilleure du développement des organes génitaux des oiseaux a été publiée par JeanMcller, dans ses Pildungsgeschichte der Genitalien. Dusseldorf, 1830. p. 21, avec planches. La description des corps de Woi.ff y est aussi détaillée.

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