‹ Traité de physiologieChapitre 51 sur 76 · CHANGEMENTS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'OEUF PENDANT L'INCUBATION · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'OEUF PENDANT L'INCUBATION

§ LXVL

Pendant l'incubation, des changements ont lieu dans les caractères physiques et chimiques de l'œuf. Il perd en poids, dans la première semaine, S p. o^o, dans la deuxième, 13, et dans la troisième l6, de sorte qu'un œuf couvé, renfermant un embryon parvenu à sa maturité, est plus léger qu'avant l'incubation; un œuf frais tombe au fond d'un vase rempli d'eau, tandis

que l'œuf, vers la fin de l'incubation, surnage. Cette perte de poids, qui a lieu aussi, mais plus lentement, dans des œufs non couvés, dépend de l'évaporation du blanc qui, sous l'influence de la chaleur nécessaire à l'incubation, a lieu plus promptement. La formation et l'agrandissement marqué de la chambre à air, qui (§XLV1I) n'apparaît qu'après la ponte, est un autre résultat de l'évaporation du blanc. Il est probable que, pendant celte opération , des décompositions chimiques ont lieu, car l'air contenu dans la chambre à air, au gros bout de l'œuf, n'est pas de l'air atmosphérique pur, mais contient une plus grande quantité d'oxigène 0,25 à 0,27. Cet air, avec excès d'oxigene, sert à soutenir l'action respiratoire , qui a lieu par le moyen de l'allantoïde; car les œufs peuvent se développer jusqu'à la maturité de l'embryon, sans être en contact avec l'air atmosphérique extérieur j ils peuvent subir l'incubation aussi bien dans l'oxigène pur que dans des gaz irrespirables, comme l'hydrogène pur, l'azote, etc. Au commencement de 1 incubation on trouve un peu d'huile dans le blanc d'œuf liquide, qui est probablement fournie à ce dernier par le jaune; dans le cours de l'incubation , le blanc perd presque tout ce qu'il contient d'eau et de sels (§ XXI), qui semblent passer dans le jaune : cela s'explique par la rupture du sac vitellin , qui attire le blanc transformé en masse grumeleuse unique. Par suite de la réception de ces substances , le jaune se gonfle , dans la première moitié de l'incubation, sa masse a considérablement augmenté , mais élite est devenue plus liquide ; l'embryon , se développant aux dépens des substances du jaune, cehii-ci diminue, et, vers la fin de l'incubation, redevient plus consistant {§ LXIV). Les substances chimiques, contenues dans le jaune et le blanc, se modifient; la quantité de phosphore diminue dans le blanc , augmente dans le jaune , et semble alors s'unir à l'état d'acide phosphorique à la chaux , et être employé à la formation des os , dans la période de l'ossification; mais comme la quantité de chaux, dans des œufs frais (§ XXI), n'est que très-minime, et que plus tard elle est trèsgrande , il s'ensuit qu'elle doit y arriver par une source inconnue. D'un autre côté, comme il n'est pas vraisemblable que

îa chaux provienne de la coquille , il semble qu'elle doive se former de toute pièce d'autres parties constituantes, sous l'influence de l'activité organique. On peut dire la même chose pour le fer, dont la quantité augmente considérablement pendant l'incubation.

Quelqu'incomplètes que soient ces données sur les transformations chimiques extrêmement remarquables qui ont lieu pendant l'incubation , quel que soit le besoin qu'elles aient d'être confirmées et étendues,toujours est-il qu'elles présentent maintenant un grand intérêt On pourrait à peine imaginer une recherche en chimie organique, qui promettrait des résultats plus importants, que ceux fournis par les changements, qui ont lieu dans l'œuf, pendant l'incubation. Les faits rapportés ci-dessus appartiennent presque tous à Prout, Phtlosophical transactions, 1822 ; ils ont été reproduits par Bâeb, Entwickelungsgeschî'chte, 1 , 36, et par Berzelitjs, Chimie animale. Bischoff est le premier qui ait indiqué que la chambre à air contient une plus grande quantité d'oxygène que l'air atmosphérique; Dulk ensuite l'a mieux déterminé. Les expériences d'ERMANN. publiées d'abord dans l'Isis, 1818, p. 122 , ont démontré la possibilité de l'incubation d'œufs fécondés, placés dans des gaz irrespirables. Baer rapporte ces expériences d'une manière complète.

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