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LXVIII

A l'époque des amours , quelques œufs arrivent à maturité dans les follicules deGRAAF, chez les mammifères; à la suite de l'accouplement, le sang afflue en plus grande quantité dans l'ovaire, la membrane très-vasculaire du follicule de Graaf se gonfle, les granules ou cellules de son intérieur se développent et changent considérablement [1); il en résulte un accroisse-

DÉ PHYSIOLOGIE. il\i

ment et un épaississement des parois du follicule, siirloul à sa base et sur les côlés (Tab. II. ûq. VII. B. b.), tout à fait analogues à ce que l'on observe dans la capsule ou calice chez l'oiseau (même pi. figf. il. a.). L'ovule et le reste du contenu granuleux du follicule sont poussés , par suite de ce travail, vers la face supérieure, qui regarde le péritoine , celle-ci s'amincit de plus en plus et finit par se rompre, de sorte que l'ovule sort (fig. VII. B. d. fig. V. c.) et qu'il reste dans le follicule une cavité (fig. VII. c. fig. V. b.), qui disparaît bientôt par l'accroissement continu de la membrane interne. Une masse rougeâtre et comme charnue s'élève des parois et remplit peu à peu !a cavité d'où l'ovule est sorti (2). On a donné à un follicule ainsi transformé, le nom de corps jaune, corpus îuleum; chez l'homme et chez plusieurs mammifères , la couleur en est , dans la suite , réellement jaune ; chez d'autres, elle est rougeâtre ou blanchâtre. Chez quelques animaux , le corps jaune se gonfle très-fortement; ainsi chez le cochon, ces corps apparaissent quelques jours après la séparation de l'ovule, comme de gros grains d'un rouge-brun (Tab. II. fig. VI. a. a.) ; leur cavité est remplie de sang coagulé, qui souvent présente une forme dendritique ( fig. VII. A. b.). A côté de ces corps, on en trouve d'autres plus petits, retirés sur euxmêmes et provenant de conceptions antérieures (fig. VI. b. b. b.); ils sont réellement jaunes et ont un volume double de celui des follicules murs et encore pleins (même fig. c. c. c); leur section (fig. VII. A. c.) fait reconnaître que leur cavité s'est remplie par l'accroissement de leurs parois, et qu'il ne reste qu'une cicatrice ou une petite fente au milieu. Ainsi donc la différence dans le mécanisme de la séparation de l'œuf de l'ovaire , chez les mammifères et les oiseaux, n'est pas aussi grande qu'elle le paraît au premier abord. Chez ces derniers, le jaune est poussé vers le péritoine , par suite de l'accroissement des parois du calice ou de la capsule, et expulsé ainsi du stroma (§ XLVIII) ; chez les mammifères, ce qui se passe dans le follicule, est tout à fait analogue ; cette analogie devient encore plus frappante, quand on compare des animaux à stroma de peu de volume , dont les follicules sont pétioles comme des baies (la taupe et

mieux encore l'ornilhorinque Tab. II. fig. IV. a.); ici l'ovaire a beaucoup d'analogie avec celui des oiseaux (Tab. II. Vig. I.) et la différence n'existe , à proprement parler , que dans la masse granuleuse, qui existe encore dans le follicule.

(1) Chez le chien, j'ai vu, 48 heures après un accouplement fécond, les follicules prendre un accroissement quatre à cinq fois plus grand que dans leur état primitif et être entourés d'un réseau vasculaire , comme celui que nous avons décrit et figuré chez les oiseaux (Tab. II. fig. I). Les granules de l'intérieur étaient devenus de grandes cellules ovales , remplies de molécules obscures et le nucléus était aussi diaphane qu'une vésicule transparente ; de sorte que ces cellules avaient la plus grande analogie avec celles du pigment de la choroïde (Tab. XI. fig. X.) ; quelques-unes étaient plus petites , plus pâles et ne contenaient pas de molécules obscures

(2) Comparez la description de ce phénomène dans Valentin , p. 38 , et dans Baer, p. 182. Ce dernier dit encore : «En réalité les capsules vides, chez les oiseaux , prennent parfois la forme du corps jaune des mammifères , surtout lorsque les bords de la déchirure se réunissent comme cela arrive parfois. Alors même que cela n'a pas lieu , le calice , retiré sur lui-même et devenu très-petit , présente , en se colorant en jaune, une analogie frappante avec un très-petit corps jaune de mammifères, non fermé et encore envoie de formation. » — Le corps jaune est toujours l'expression d'une vésicule fécondée et déchirée. Meckel , dans son Manuel d'anatomie humaine , dit : «Au reste , je suis très-porté à regarder les faits, d'après lesquels il existerait une différence entre le nombre des corps jaunes et celui des petits conçus , comme le résultat d'observations très-incertaines ; en effet dans plus de 200 cas , recueillis sur des femmes et des mammifères de différentes espèces, j'ai, sans exception, trouvé que le nombre des corps jaunes correspondait au nombre des petits , et les observateurs les plus exacts ( Haller , Hunier ) annoncent le même résultat. »

TRANSFORT DE L'OEUF DAKS LES TROMPES JUSQU'A SOW ARRIVEE DANS LA MATRICE.

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