‹ Traité de physiologieChapitre 56 sur 76 · LXXI · texte numérisé non relu

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Comme l'œuf du chien est celui qui est le mieux connu , par suite des descriptions de différents observateurs, qui se confirment et se complètent réciproquement, nous donnerons ici un

âbrégfé de son histoire; l'œuf du lapin ou même de la brebis qui est celui que l'on connaît le mieux ai)rè8 l'œuf du chien, se comporte d'une manière analogue à ce dernier pour tous les points principaux. Les diverses périodes de développement sont ordinairement calculées à compter du dernier accouplement; mais elles sont très-variables , comme nous l'avons déjà dit plus haut. Du douzième au seizième jour l'ovule, qui a déjà passé de la forme ronde à l'ovale, s'allonge en pointe à ses deux pôles et prend presque la forme d'un citron (Tab. VI. fig. IX); il a atteint une longueur de trois lignes environ , et une épaisseur d'une ligne et demie; la membrane externe ou le chorion est encore lisse; la membrane ou vésicule interne est ovale et offre, dans son centre, un espace plus clair, piriforme [auréole transparente ou germinative), (Tab. VI. fig. IX. B. c), limité en dehors par l'auréole vasculaire qui contient encore des granules plus gros ; en même temps apparaît la bandelette primitive (fig. IX. B. fig. X. a.). Un peu plus tard, dans des œufs de quaire lignes de longueur et qui ont pris complètement la forme d'un citron, l'auréole transparente s'allonge et prend de plus en plus la forme de biscuit ; la corde dorsale , un renflement qui est !a tête , ainsi que les lames dorsales , se sont formés ; ces dernières se réunissent d'abord sur la ligne médiane du dos futur, après que les plaques vertébrales ont paru , sous forme de petites taches obscures , quadrangulaires ; cela a lieu au dix-septième ou au dix-huitième jour ; l'embryon a une longueur de deux lignes. Après que les lames dorsales se sont fermées, l'embryon , dont l'axe longitudinal correspond toujours à l'axe transversal de l'ovule et de l'utérus, se recourbe en basa son extrémité céphalique , puis à son extrémité caudale; il se détache aussi de plus en plus de la membrane germinative ou proligère , qui , sous forme d'une vésicule allongée , a entouré tout le vitellus et qui , à l'état de vésicule ombilicale, se sépare successivement du canal digestif en voie de formation; néanmoins elle communique encore au moyen d'une large ouverture , avec la cavité abdominale qui a la forme de bateau et contient un réseau vasculaire très-riche. Vers cette époque {le vingtième jour environ) l'œuf (fig. XI. A.) a une longueur

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de dix lignes; celle de l'embryon surpasse trois lignes (XI. a.). Des petites viilosilés cylindriques ont poussé sur le chorion , excepté dans l'endroit où l'embryon repose sur la membrane germinative ; là il est encore uni et transparent (fig. XII. A. b.)j cependant un peu plus tard il se développe aussi des villosités à cette place; les deux pôles de l'œuf (fig. XI. b. b.) n'en ont jamais ; on voit les vaisseaux de l'embryon passer dans la membrane germinative, comme vaisseaux omphaîo-mésentériques (fig. XII. c. c. c.) et former des réseaux sur la vésicule ombilicale. Les lames dorsales se sont soudées dans toute leur longueur, bien qu'en arrière (XII. d.) elles s'écartent encore un peu l'une de l'autre ; de sorte qu'il reste dans cet endroit un espace vide en forme de lancette (comme chez le poussin Tab. m. fig. XII. f.) ; le cerveau et la moelle épinière se sont formés; le premier est partagé en plusieurs cellules ; le nombre des plaques vertébrales s'est augmenté ; l'œil et l'oreille sont indiqués. Les lames ventrales se sont séparées des lames dorsales et convergent pour former la cavité abdominale ; trois fentes branchiales, ainsi que trois arcs branchiaux, sont visibles (fig. XIII. b. XIV. c. ce); la lamelle supérieure du feuillet séreux s'est détachée pour former les gaines céphalique et caudale , puis l'amnios , qui au commencement entoure de très-près l'embryon (Tab. V. fig. XIV. a. b. c), et enfin l'enveloppe séreuse. Dans le feuillet vasculaire le cœur et les vaisseaux se sont formés ; le premier, qui a bientôt l'aspect d'un canal contourné (Tab. V. fig. XIV. h. Tab. VI. fig. XIII. c. et XIV. d.) reçoit, à la partie inférieure , où se formera l'oreillette future, les deux veines omphalo-mésentériques (fig. XIII. d. d.) et se partage, à l'endroit où se formera le bulbe futur de l'aorte, CD quatre arcs vasculaires (Tab. V. fig. XIV. 1,2, 3, 4.) qui se réunissent pour former l'aorte , celle-ci se partage en deux branches qui descendent le long de la colonne vertébrale et donnent des rameaux transversaux (artères omphalo-mésentériques) (Tab. VI. fig. XIIL f. f.) , formant, avec les veines de même nom, des réseaux sur la membrane germinative devenue vésicule ombilicale. De l'extrémité inférieure du canal digestif Tallantoïde fait hernie, sous forme d'une petite vésicule (Tab. V.

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fîg". XiV. z.). D'un autre côté le vilellus se fluidifie de plus en plus, dans l'intérieur de la vésicule ombilicale, et contient de nombreuses gouttelettes d'huile. Les vaisseaux de la surface interne de l'utérus deviennent turgescents; une exsudation, qui acquiert bientôt une consistance membraneuse [decidua], en est la suite; celle-ci consiste en grande partie en cellules épithéliques , qui sont réunies par une sorte d'albumine et par des vaisseaux; les villosilés du chorion s'engagent en croissant dans cette enveloppe. L'allantoïde s'accroît rapidement, entoure bientôt tout l'embryon ainsi que la vésicule ombilicale, reçoit deux artères de l'aorte et consiste en une lamelle externe vasculaire et en une lamelle i<n terne muqueuse; elle s'applique sur le chorion dans presque toute l'étendue de l'œuf , à l'exception de ses pôles , qui n'ont pas de villosilés , et forme ainsi la plaque interne du chorion [Endochorion) ; les vaisseaux de l'allantoïde pénètrent dans les villosités cylindriques et les petits troncs artériels , s'y recourbent en petits troncs veineux qui passent dans une veine laquelle s'abouche dans la veine cave inférieure; c'est ainsi que se forment les vaisseaux ombilicaux, tandis que les vaisseaux répandus sur la membrane germinative ou vésicule ombilicale, s'oblitèrent. Plus tard un placenta, en forme de ceinture , entoure l'œuf; c'est une masse formée aux dépens de la decidua et des vaisseaux de la matrice qui s'y sont accrus, comme les vaisseaux ombilicaux de l'embryon dans les villosités du chorion ; néanmoins ces deux espèces de vaisseaux ne communiquent pas ensemble. Bientôt le chorion crève aux deux pôles et la vésicule ombilicale fait hernie de chaque côté, de sorte que l'œuf prend une forme cylindrique. Chez un embryon, dans sa quatrième semaine (ïab. VI. fig. XV.), les fentes branchiales sont fermées; les extrémités sont sorties des lames ventrales, sous forme de feuillets (n. o.), le cœur (a) présente ses divisions; le canal digestif se prolonge, vers la vésicule ombilicale, en un canal (g) qui devient de plus en plus étroit et finit par être filiforme ; les poumons (c.) et le foie (d.) se sont détachés du canal digestif, comme des portions de celui-ci qui se seraient renversées en dehors ; les corps de Wolff ou les faux reins (fig. XV. k. k) occupent le reste de la cavité abdominale,

dans toute sa longueur, sous forme de deux corps symétriques, placés sur les côtés de la colonne vertébrale ; il n'y a pas encore de traces d'organes génitaux et de rems ; la queue (p) est déjà très-développée.

Il faut ici comparer l'histoire du développement du poulet , pendant les cinq premiers jours (§XLIX à § LIX) de même que les figures des Icônes physiologicœ , qui y répondent. Dans l'exposition qui précède , j'ai rassemblé en un tout les observations de Biscooff (explication manuscrite des figures Tab. VI. fig. XI-XIV), de Prévost et Dumas [Annales des se. nat. III) , de Baer (de ovi mammalium et homînis genesi a. Entwickelungsgesch. II. 237), de Gurlx {Lehrbuch d. vergl. phtjsiolog. Aer Haussàugethiere. Berlin, 1837, 213), de CosTE {Embryogénie 1. 395), de Bojanus {Nova acta academ. Leopold.Yol. X. PI. 1. 141) et j'ai donné dans les Tab. V et VI des Icon. physiologicœ, en partie des figures originales, en partie des copies qui éclaircissent suffisamment ce sujet difficile. Une forme intermédiaire entre les figures VII et IX. Tab. VI semble avoir été observée par Coste, pi. IV. fig. 3 ; mais sa figure n'est pas assez claire. J'ai remarqué , chez des lapins , que la membrane germinative , dans sa partie obscure (.tache embryonnaire) devient plus claire et montre d'abord une auréole transparente. Chez le chien l'œuf semble passer très-rapidement de la forme ronde ou ovale , à l'ellipsoïde et à celle d'un citron ; je l'ai observé dans l'œuf fig. ÏX (dix-septième jour) dont l'auréole transparente était déjà piriforme et dont la bandelette primitive semblait déjà formée. Prévost et Dtjmas décrivent l'œuf de cette époque comme piriforme (Ann. des se. nat. Tom. III. Tab. V. fig. 4. c.) et comme si un pôle s'était d'abord allongé, ce que je n'ai jamais observé , et ce qui peut-être n'est qu'un état anormal. Vient ensuite l'œuf copié d'après Prévost et Dcmas, dont l'auréole transparente a déjà la forme de biscuit (Icon. physiol. Tab. VI. fig. X) ; je considère la bandelette qui y est figurée, comme la corde dorsale. Ensuite suivent les figures de Bischoff, fig. XI à XIV d'un œuf de 23 jours ; l'embryon d'environ trois semaines , figuré par Baer [de ovi mammal. gènes, fig. VII) est à peu près au même degré de développement (il est copié Tab. V. fig. XIV); celui donné d'après Coste (Tab. VI. fig. XVj et supposé appartenir à un œuf de 24 jours qui était un peu plus gros que celui fig. XI est beaucoup plus avancé. Enfin le dessin très-exact et très-bien fait d'un œuf de chien et de l'embryon de 24 jours par I^ojanus, que nous avons copié dans nos Icon. physiol. Tab. VI. fig. XVL A. B. C. J'ai donné encore pour éclaircir et comparer dans la Tab. V. plusieurs embryons d'autres animaux , appartenant à cette période, qui répond à peu près aux quatre premières semaines de l'embryon humain. La fig. XIII est un lapin et la fig. XV un embryon de brebis, donnés d'après Coste. Les deux embryons de taupe fig. XII. A. B. sont arrivés à un degré de développement à peu près égal à celui de l'embryon de chien le plus Ecvancé (Tab. VI- fig. XVI) et du fœtus humain le plus petit (Tab. VII. fig. XL Tab. VIII. fig. IL III). Dans la figure X, j'ai donné aussi, pour point de comparaison , un embryon de lézard , dont les fentes branchiales sont en voie de se former, et dont les extrémités ont apparu. On voit ainsi l'harmonie qui existe dans la formation entre les embryons d'oiseaux et de mammifères, dans des degrés analogues de développement.

tu TRAITE

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