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VI

Une question de grande importance qui , si elle était résolue, ne laisserait aucun doute sur la nature des spermatozoaires, est celle de savoir s'ils possèdent réellement une organisation interne, à la manière des enlozoaires ou desinfusoires, chez qui la bonté des instruments , le soin et la patience des observateurs ont fait découvrir, dans les formes les plus petites et en apparence les plus simples, des organes fonctionnant et notamment un appareil compliqué pour la digestion. Différentes opinions sont ici en présence. D'abord on a placé les spermatozoaires parmi les cercaires, sous le nom de cercaria sernmis et quelques observateurs des plus exacts et des plus récents, partagent celte manière de voir ( 1 ). D'autres ont cru reconnaître au centre de la surface plate du corps des spermatozoaires de l'homme, un suçoir analogue à celui des cercaires et des douves (distoma) (2): quelques-uns prétendent y trouver des cavités stomacales, comme chez les infusoires polygaslriques (3). D'un autre côté il en est d'autres qui, en employant les grossissements les plus forts et l'observation la plus sévère, n'ont pu parvenir à reconnaître, avec quelque certitude, des traces d'organes internes dans le corps transparent des spermatozoaires (4). Les spermatozoaires filiformes des invertébrés ressemblent à des fils transparents sans autre structure • on ne peut y reconnaître aucune trace de tissu cellulaire , granuleux ou fibreux. Les spermatozoaires qui , comme ceux des mammifères , possèdent un corps plus épais ou plus large , séparé de la partie filiforme , offrent parfois un tissu finement granulé ; mais jusqu'à présent on n'a pu encore , au moyen des grossissements les plus forts , y reconnaître des cellules ou d'autres éléments. Chez les spermatozoaires de l'homme

(Tl. ViQ. I. ce.) OU du chien (fig III. 4. a.) on remarque parfois au centre du côté plat du corps, une petite tache, qui souvent apparaît sous forme d'anneau ou de croissant et qui semble être ce que quelques-uns ont indiqué comme étant un suçoir. On voit aussi çà et là, mais non constamment, des spermatozoaires humains , dont le corps offre en avant un petit nodule, semblable à une trompe (fig I.). Chez plusieurs spermatozoaires de chauves-souris, ce nodule ressemble plus clairement et plus régulièrement à un aiguillon (figlll. 2. b.c). Enfm les spermatozoaires supposés des actinies offrent des indications d'une structure plus composée , mais qui peut-être permettent une autre interprétation (5). En résumé il semble que la réponse à la question : si les spermatozoaires ont une organisation animale , est encore impossible maintenant , et tout ce que l'on sait ou suppose à cet égard, se réduit à quelques indices obscurs , qui ne suffisent pas pour établir une opinion certaine.

(1) On ne peut pas douter que les différentes formes de spermatozoaires, que je crois avoir reconnues dans une foule d'animaux , ne doivent être regardées comme des espèces différentes , dans le cas où leur nature animale viendrait à être démontrée, et qu'ainsi l'expression de Cercaria seminis ne soit qu'un nom collectif. Comparez Wiegmann {Handbuch der Zool. 584. Manuel de Zoologie). Ehrenberg a aussi placé les spermatozoaires parmi les vers suceurs (Saugwiirmer). Voyez son grand ouvrage sur les infusoires. Leipzig, 1838,465.

(2) Henle et ScHWANN admettent qu'il existe un suçoir médian chez les spermatozoaires de l'homme ; sans aucun doute ils ont considéré comme tel, la tache que nous avons décrite et figurée. Suivant Wiegmann (archiv. 1837. Bd : II, 134) Henle a maintenant renoncé à cette opinion.

(3) Valentin parle dans différents écrits de la structure polygastrique des spermatozoaires et récemment encore {Repertorium 1837, 134) il dit, que les spermatozoaires de l'ours , qui à l'extérieur se rapprochent de ceux du lapin, présentent des traces évidentes d'organisation interne, savoir un suçoir antérieur et postérieur et des cavités internes absorbantes (ou circonvolutions de l'intestin).

(4) Malgré un examen des plus variés et des plus continus , je n'ai jamais pu reconnaître de véritables organes internes chez les spermatozoaires ; de plus , un des observateurs les plus zélés et les plus exacts , qui connaît parfaitement la structure ténue des entozoaires , partage la même opinion. Voyez SiEBOLD dans les Archives de Wiegmann 1838, 1, 303. Tout ce que j'ai vu se réduit aux faits rapportés plus bas. Comparez aussi mes observations sur les organes supposés des spermatozoaires dans mes « Fragmenten zur physiolo-

gie der Zeugung 406. » J'ai aussi vu çà et là le point obscur, analogue à un suçoir, chez d'autres spermatozoaires , par exemple chez ceux du lapin. La pointe apparente (aiguillon) , située à l'extrémité antérieure du corps des spermatozoaires du Rhinolophus , n'est non plus jamais constante , ni tellement évidente que des doutes ne puissent s'élever sur sa valeur. Si c'est réellement un corps en forme de stylet, cette structure rappelle celle que j'ai décrite la première fois chez le Cercan'a armata de Siebold. Comparez Isis 1834, 131, et la correction de Siebold, dans la physiologie de Burdach (Joitrdan, 3«> vol p. 32). Je crois devoir remarquer d'ailleurs que la nomenclature , adoptée jusqu'à présent pour les spermatozoaires et qui les partage en queue, corps , tête , etc., est tout à fait provisoire et qu'elle peut être justifiée ou rejetée , dès que la découverte possible d'une organisation nous aura révélé la valeur réelle des différentes parties du corps de ces êtres. Il se pourrait par exemple que , comme dans le Trtchocephalus , l'extrémité caudale, filiforme, fût l'extrémité de la tête, etc.

(5) Comparez , pour les spermatozoaires des actinies , mon mémoire dans les Archives de Wiegmann 1835 , II, 215. J'ai cru avoir trouvé des spermatozoaires particuliers dans les organes désignés comme étant les testicules des actinies : c'étaient de gros corps allongés, d'où se développait soudainement une très-longue queue filiforme , qui semblait contenue en spirale dans le corps de l'animalcule. L'analogie que présentent les autres spermatozoaires entre-eux , m'a rendu depuis, cette interprétation douteuse. Ces corps ovales ne seraient-ils pas des capsules ou des kystes , dans lesquels se développeraient les spermatozoaires très-longs et filiformes , qui en sortent ensuite sous forme de queue? Je considère maintenant cette opinion comme admissible.

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