‹ Traité de physiologieChapitre 7 sur 76 · VU · texte numérisé non relu

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Comment se comportent les mouvements des spermatozoaires? Présentent-ils le caractère d'être sous l'empire de la volonté et peut-on en conclure quelque chose en faveur de la nature animale indépendante de ces corps? ces questions méritent une analyse très-exacte. Pour pouvoir observer et comparer les phénomènes c]ue présentent les mouvements des spermatozoaires, on doit examiner ceux-ci dans diverses conditions. Si l'on place une goulte de sperme épais , extraite du canal déférent , sur le porte-objet du microscope , on n'observe souvent alors , même sur du sperme des plus vivants , qu'un mouvement lent dans les spermatozoaires accumulés par masses et comprimés. Si l'on ajoute du sérum de sang , bientôt le mouvement devient plus vif, tantôt à l'instant même, tantôt par degrés. Quelques spermatozoaires s'agitent une ou deux fois , se retournent sur leur axe , frappent avec la queue , se-

coiient l'extrémité antérieure et rampent dans toutes les directions sur le champ du microscope. Le mouvement se communique toujours de plus en plus ; ici , un groupe tout entier commence à se mouvoir en même temps ; là , paraît un grand nombre d individus rassemblés en une masse : quelques-uns seulement se meuvent , tandis que les autres restent en apparence immobiles; parfois même ceux-ci le demeurent réellement , mais d'autres fois ils finissent aussi par s'agiter plus ou moins. Le mouvement . dans le sperme étendu par du sérum de sang, a lieu avec une régularité parfaite et sans violence ; il se modifie d'après la forme et la grandeur des sperraatozoaires. Lorsque le mouvement est accéléré , les spermatozoaires de la majorité des mammifères , des poissons osseux , des moules , etc., offrent un rhythme analogue à celui du pendule; la queue filiforme se meut avec vivacité, comme un fouet, et le petit corps ou la tête suit ce mouvement. Lorsque celui-ci est plus lent , on remarque que les animalcules rampent en serpentant dans toutes les directions. Les spermatozoaires rigides et à corps en spirale des passereaux se retournent très-fréquemment sur leur axe , et exécutent ainsi un mouvement analogue à celui d'un écrou ; alors ils restent quelque temps tranquilles , puisse meuvent en chancelant dans différentes directions. Les spermatozoaires à corps allongé , cylindriques et à queue fine des autres oiseaux, des grenouilles, etc., frappent et rament au moyen de leur queue, qui serpente lentement ou s'agite brusquement comme un fouet ; ils se recourbent en cercle, en exécutant des mouvements oscillatoires rapides tandis que le corps reste droit et étendu : rarement ils courbent ce dernier. Les spermatozoaires des salamandres et des tritons se présentent fréquemment, enroulés en spirale plane , comme un ressort de montre , puis un mouvement tremblotant, saccadé a lieu, au moyen duquel ces animalcules tournent en cercle, en restant à peu près à la même place ; on voit aussi en même temps un mouvement vif, vibratile , qui rappelle le mouvement ciliaire des muqueuses et qui , examiné plus attentivement , dépend de la queue trèsfine , tournée en spirale autour du corps , qui est livrée à un

tournoiement rapide. Quelques-uns de ces spermatozoaires s'étendent aussi et marchent avec lenteur en serpentant sur le champ du microscope (1). Tous les mouvements normaux des spermatozoaires , ici décrits d'après une multitude d'observations particulières , font naître chez l'observateur, l'idée d'une action volontaire de la part de ces animalcules ; en effet on ne peut les rapporter aux mouvements moléculaires , ni les comparer aux mouvements ciliaires , ni les considérer comme des effets produits par l'hydroscopicité ou par d'autres causes physiques (2). Ces mouvements des spermatozoaires concordent d'ailleurs complètement avec ceux qui ont lieu dans les autres fluides , mêlés au sperme pendant l'éjaculation et que nous décrirons dans le paragraphe suivant.

(1) J'ai cru précédemment que le mouvement vibratile, que présentent les spermatozoaires des salamandres , était dû à la présence d'organes ciliaires et j'avais exposé le type de cette locomotion dans mes Fragmenten zur physiologie cler Zeugung, 394. Tab : II. fig. XVII et XVIII. Depuis , Siebold a rapporté avec raison la cause de ce phénomène à l'enroulement en spirale de la queue. (Voyez Froriep's Notizen II. p. 281 , no 40.) Je me suis encore récemment convaincu de la réalité de cette cause-

(2) Tous ces mouvements remarquables, décrits plus haut, doivent être connus de tout physiologiste , qui commence à observer, afin qu'il puisse les distinguer et ne pas se laisser induire en erreur. Il saura aussi bientôt reconnaître le mouvement purement mécanique des corpuscules de différentes espèces , suspendus dans des liquides et placés sur le porte-objet du microscope , soit que ce mouvement provienne d'une position inclinée de la table , d'une compression inégale du verre , qui recouvre la gouttelette, ou de bulles d'air, etc — Le mouvement moléculaire , indiqué d'abord et décrit par Robert Brown(.4 briefaccount of microscopical observations on the particles in the pollen of plants, and on the gênerai existence of active molécules in organic andinorganic ftodies. London 1827-8), peut être démontré sur un grand nombre de substances finement pulvérisées. Le pigment noir de la choroïde de l'œil d un bœuf est celui qui convient le mieux pour cette démonstration; il offre en outre l'avantage de voir en même temps le mouvement sautillant , causé par l'attraction et la répulsion des molécules. La cause propre de ce . mouvement semble être réellement physique, bien que l'explication qu'on en donne ne suffise pas. Quant aux courants continus, qui ont lieu dans les liquides, comparez MoHL {Beitrag sur physiologie der gewachse, heft,l 1834, p. .31) , (addition à la physiologie des végétaux). Le mouvement ciliaire, dont il sera question plus tard , est le résultat de l'action de petits cils ou poils, qui ont une extrémité libre et l'autre implantée sur une surface membraneuse. Ce phénomène se voit très-clairement sur un petit morceau debrancbie ou du manteau d'une moule ordinaire de rivière ou d'étang. — On observe un mouvement hydroscopique sur les spores des Equiselum , lorsque l'on projette sonlialeine sur eux.

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