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CHAPITRE IV SYSTÉMATISATIONS SUPÉRIEURES

Morphologiquement et fonctionnellement, les masses nerveuses situées au-dessus de la protubérance, le cervelet et le cerveau proprement dit, forment des systèmes à la fois très importants et très différenciés. Ces systèmes sont sans communicalion directe avec les organes périphériques, les uns récepteurs des impressions, les autres exécuteurs des fonctions. Ils reçoivent des excitations déjà transformées et associées entre elles dans la moelle épinière et allongée ; ils agissent de même sur des associations motrices appar-

harmonise leurs contractions, en vue du maintien de l'attitude du corps dans la station debout et dans la marche.

Historique. — La situation particulière et la configuration extérieure du cervelet ont suscité, sur son fonctionnement, un certain nombre d'hypolhèses qu'il est à peine besoin de rapræler. Pour Wiuus, c'était le centre des fonctions organiques. — RuLaxno compare ses lames aux Couples de la pile de Volta et en fait un générateur de force motrice. — Gaui y place le penchant à l'amour physique et l'instinct de la propagation.

L'étude expérimentale et analytique de ses fonctions s'ouvre avec FLoUREYS, en 182%. Les recherches de cel auteur ont été failes sur un grand nombre d'espèces, principalement sur les oiseaux et en particulier sur le pigeon, mais ur les mammifères, Ses animaux survivent el lui laissent voir les effets expériences, méhodiquement faites, lui livrent des faits bien déterminés, qui, même complétés par ses successeurs, continueront à former la base de nos connaissances sur les fonctions du cervelet.

Fonction de coordination motrice. — 1 voit nellement qu'après l'ablation du cervelet, la sensibilité, l'intelligence, la volonté sont conservées Fanimal n'a pas perdu l'aptitude à se mouvoir, mais ses mouvements, auparavant ordonnés, sont devenus désordonnés et ne réalisent plus le but auquel tend sa volonté ou son instinct. — Ce désordre est d'autant plus grand qu'on eonsidère des mouvements mieux ordonnés; dans l'oiseau qui vole, c'est le ol; dans l'oiseau qui marche, la marche; dans l'oiseau qui nage, la nage. Les mouvements de locomotion sont perdus, mais ceux de conservation subsistent. Si on fait dans le cervelel des retranchements successifs, couche par couche, la désharmonie va en augmentant; l'organe une fois enlevé, l'animal est incapable de se tenir debout ou de progresser.

FLounexs conclut de ces faits à une fonction de coordination des mouvements volontaires) dont le siège ct dans le cervelet. L'attribution à cet organe particulier d'une fonction de coordination s doute les faits observés el mème la pensée de l'auteur; car il remarque lui-même que la nutrition reste ecordonnée el nous savons, d'autre part, que la coordination des mouvements de locomotion peut être détruite par la lésion d'organes autres que le cervelet &ataxie locomolrice d’origine tabétique; lésion des racines et des cordons de la moelle épinière).

Dans l'adaptation des mouvements musculaires à une fonction déterminée eomme la station où la marche, le rôle du cervelel n'est pas exclusif, mais il est néanmoins essentiel, el à défaut d'un terme particulier qui nous manque encore pour préciser ce rôle, on a dû en prendre un d'une valeur plus générale pour fixer les idées.

Les expériences de Bouitzaup, de Lussaxa, de Wacxen, de Vripax et de Beaucoup d'autres amenèrent ces auteurs à le constatation de faits en somme peu différents de ceux de Fiounexs et à des conclusions qui se rapprochent des siennes. Lssaxa, dans l'interprétation qu'il donne de ces faits, considère le cervelet comme l'organe du sens musculaire. La localisation qu'on attribue présentement au sens musculaire est tout autre : on le silue dans l'écorce des circonvolutions centrales du cerveau, avec le sens du taet dont il est une forme dépendante. En tant que le sens musculaire est la conscience plus ou moins claire que nous avons de nos muscles el de leur état de contraction, celte localisation n'est pas discutable; mais il faut considérer que, comme la motricité

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pement est en rapport avec la complication des conditions qui assurent l'équilibre chez ces animaux. — C'est du moins ce qui ressort d'une étude sommaire de ces conditions et du développement comparé de l'organe en question (Taomas).

Reptiles. — Le cervelet est presque nul cher les reptiles, où il est réduit à une lame transversale placée en travers du quatrième ventricule (couleuvre, crapaud, grenouille, lézard, salamandre terrestre.) ; — chez la tortue, il forme une masse globuleuse, supérieure à celle d'un des lobes optiques ; — chez Le crocodile, il présente quelques pliset on y voit deux appendices latéraux (Levaer).

Poissns. — Chez les poissons, il est presque aussi réduit que chez les reptiles {Sennes): il à la forme d'une leme allongée, adhérente en avant, libre en arrière, rattachée aux côés de la moelle épinière. Chez le squale et le requin, il possède deux appendices latéraux.

Chez ces animaux, qui à peu près exclusivement rampent sur terre ou

4, Pyramide du lobe moyen: £, extrémité postérieure "gent dans l'eau, les du processus vermiforme aupériour: 3, son extrémité Conditions de l'équilibre antérieure ; 4, lobe latéral el son lobule postérosupé- sont simples. Il n'en est rieur ; 5, flocculus (d'après Fenairn). plus de même pour les

deux classes suivantes.

Oiseauz. — Chez les oiseaux, le cervelet prend un développement considérable. Ilest formé par un seul lobe médian présentant dixà vingt lames parallèles (Leunrr}. Ce n'est que chez quelques oiseaux que le lobe médian se renfle latéralement (notamment chez le pigeon, l'autruche, la cigogne, ele.). D'après Snnes, ce développement serait en concordance avec la force plus grande des ailes el des membres et une aptitude supérieure au vol. Chez les oiseaux, le quatrième ventricule se prolonge dans le cerche. ou par en haut el en arrière. À droite, Yelel (xentricule de Maux este canve). Tuowas & vu que, con- «essus vermiforme supériour, 0 triremiente à -Fopaion: 48 ER Es tn Sennes, leur cervelet possède latéraux avec leur lobule semilunaire; 5, flocculus quatre noyaux, deux latéraux {d'aprés Franen). plus volumineux correspon-

dant vraisemblablement aux ires, et deux médians plus petils séparés par le ventricule de Malacarne, qui représentent le noyau du toit. Cet auteur s'est assuré que la structure du cervelet est essentiellement la même chezles repliles et les oiseaux que chez les mammifères.

Atammiféres, — Chez les mammifères, les masses latérales, encore à peine indiquées chez les oiseaux, prennent un volume relatif considérable. Le nombre

Fig. 450, — Cirvelet du chien.

À gauche, vu par derrière el en haut. À droite, vu par son côté droit.

Fig. 151. — Cervelel du singe.

398 FONCTIONS SYSTÉNATIQUES.

rendent pas à la zone auditive, mais plutôt à la zone tactile.

Ces excitations tombent dans un système réflexe, qui régit la position des yeux, de la tête et du tronc et gouverne ainsi plus ou moins directement la fonction d'orientation et d'équilibre, par une adaptation inconsciente des contractions des muscles à cette fonction. Celles de ces excitations qui vont au cervelet agissent par cet organe d'une façon tout aussi inconsciente sur le tonus musculaire, pour compenser à chaque instant les déplacements (dans la station ou la marche), qui peuvent compromettre cet équilibre.

111. Action automatique. — Tout cycle réflexe implique l’association de la sensibilité au mouvement; et de plus, nous voyons que ectte association est adaptée à un but particulier. Nos actes conscients volontaires rentrent dans cette définition. L'équilibre de la station et de la marche peut être un acte de ce genre, chez l'individu atteint de paralysie ou de destruction cérébelleuse, qui supplée au mécanisme absent par des efforts raisonnés ; chez l'enfant qui apprend à se tenir debout et à marcher ; chez l'individu même qui, dans la réalisation d'un équilibre difficile, met son cerveau au secours de son cervelet. Mais ce sont là des actes cérébraux : l'action céré- Lelleuse est automatique, c'est-à-dire sans participation de la conscience claire et de la volonté personnelle. En se constituant à l'état de système fonctionnellement différencié, le cervelet a certainement acquis des aptitudes particulières, au point de vue de la sensibilité comme au point de vue de la motricité ; seulement, perdues dans le domaine de l'inconscient, les premières nous échappent plus complètement encore que les secondes.

IV. Sources de l'excitation. — Ainsi, pour réaliser l'effet moteur par lequel il assure l'équilibre, le cervelel puise des excitations dans plusieurs sens. En premier lieu, il en reçoit, par le ner/ vestibulaire, d'un appareil spécial annexé au sens de l'ouie : Les canaux demi-circulaires. FLourexs, le premier, a vu la relation fonctionnelle très étroile qui existe entré cet appareil ct le cervelet. Les lésions des canaux demi-cireulaires provoquent les mêmes troubles que celles du cervelet : suivant qu'on lèse un canal ou l'autre, on produit des désordres de l'équilibre, rotation dans un sens ou dans l'autre el dans différentes directions, comme si on enlevait des portions dy riques du cervelet. C'est de là que l'individu tire ses images d'uttitude céphalique, lesquelles sont dues aux analyses du nerf ampullaire de l'orcille interne.

Le cervelet reçoit, d'autre part, des excitations de deux sens imporlants, le sens usuel el le sens tartile : de ce dernier il en reçoit de superficielles et de profondes, surtout de profondes

L'anatomie, par ses moyens propres, nous montre en effet que l'excitation peut se propager dans les deux sens (fibres afférentes et fibres efférentes) dans chacun des trois pédoncules qui, de chaque côté, rattachent le cervelet aux masses sus- et sous-jacentes. Il en

M. rouge

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