‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturellesChapitre 22 sur 157 · GO TKAITIÉ DE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

GO TKAITIÉ DE PHYSIQUE

pérature de l'atmosphère et celle de l'insecte, afin d'avoir des résultats bien comparables. L'insecte était placé de manière que la surface de son abdomen s'appliquât contre la boule du thermomètre. L'insecte s'agitait-il , on le retenait entre les branches d'une pince recouverte de laine. Malgré les précautions prises pour garantir l'insecte de tout rayonnement extérieur, nous ne voyons pas comment M. JNewport s'est mis en garde contre la chaleur transmise à la pince par la main. On peut cependant y parer facilement.

Quant aux insectes volants et actifs, M. Newport les renfermait dans une petite fiole au moyen de pinces. Le frottement des anneaux du corps de l'insecte contre la boule du thermomètre ne produisait qu'une augmentation insensible de température ; les appareils thermo- électriques auraient été employés avec beaucoup plus de succès. Quoi qu'il en soit, voici les résultats obtenus avec le thermomètre. La température de la larve est inférieure à celle de l'insecte, pourvu que les deux individus se trouvent dans un état semblable d'activité.

L'abeille commune, les bombyx aJitophorœ, etc., ont dans toutes leurs phases une température plus élevée que celle des autres insectes ;^'environ r,i i à 2°, 22, au-dessus du milieu ambiant, à l'état de larve, tandis qu'à l'état d'insecte parfait et en action modérée, ils ont de 3 à s" au-dessus du milieu , et même plus quand ils sont fortement excités. Les diptères présentent dans leurs divers états une différence beaucoup plus faible, et paraissent ne pas avoir autant de chaleur que les hyménoptères : la différence est plus grande encore dans les lépidoptères, qui, pour cela, se rapprochent des hyménoptères.

Avant de terminer ce qui concerne la température des insectes , nous allons rapporter les résultats obtenus , en faisant concourir en même temps à cette détermination l'appareil thermo-électrique et le thermomètre.

La température de la pièce où l'on opérait était de 22°, 50; une des soudures a été placée dans le sens de la longueur d'une blatte, et l'autre est restée dans l'air ; ou a eu une différence de température égale à o'',7o en faveur de la blatte.

La larve d'Oryctès a donné une différence de température d'un degré et demi environ. Un thermomètre ayant été introduit dans l'insecte, au moyen d'une incision, on a trouvé également une température sensiblement égale à 1°,50.

L'appareil thermo-électrique a iudiqué dans la chenille du ver à

soie O^jST, et le thermomètre environ T, résultat assez concordant.

Parmi les lépidoptères, une larve très-avancée du sphynx atropos s'est trouvée avoir une température de i\G6 au-dessus de l'air ambiant, tandis que lorsque l'animal est en repos, la température est à peu près celle de l'atmosphère; mais elle s'élève dès qu'il devient actif, et d'autant qu'il est plus agité. Dans la larve du sphynx et du sovara, la température interne est de 0",27 à o^jSS environ supérieure à celle externe. Suivant M. Newport , les coléoptères doivent se comporter comme les hyménoptères et les diptères. Ayant examiné la température des msectes à l'état de poupa , qui indique une condition de repos absolu, il a trouvé que la température est plus basse, égale, ou du moins peu supérieure à celle du milieu ambiant; dans les Insectes qui n'éprouvent pas de métamorphose , la température est probablement intermédiaire à celle de la larve et de l'état parfait. L'insecte à l'état parfait possède la plus haute température, et se laisse même influencer par les changements soudains de température,

Lorsque l'insecte est privé de nourriture , sa température est inférieure à celle de l'air ; elle baisse par l'inactivité ; il en est de même pendant le sommeil. Si la température de l'atmosphère vient à changer, l'insecte en éprouve les efl'ets, mais pas aussi rapidement que lorsqu'il est en activité. L'hivernage produit le même effet que le repos. L'excitation augmente la température , comme on peut le voir facilement sur plusieurs individus réunis. Les insectes volants ont la plus haute température ; en tête sont les abeilles, les papillons , ensuite les frelons, les guêpes, puis les fourmis : on savait déjà que la température d'une fourmilière était de 17" quand celle de l'air était de 10"; viennent enfin les insectes crépusculaires, en tête les sphinx et les teignes.

Relativement aux abeilles nourricières, M. Newport a trouvé que les femelles chargées de l'incubation ont la faculté de produire de la chaleur à volonté au moyen de la respiration. L'expérience suivante paraît concluante. La température du couvercle en cire étant de 25", 40 à 8 heures et demie, celle de l'atmosphère de 22",5, l'intérieur du nid dans les cellules où étaient les nourricières marquait SI',/? une demi-heure après, 32°,33, à 1 2 heures l'atmosphère n'étant plusque de 2 1",22, latcmpérature des abeilles nourricières, après réclusion, était de 21) ,44.

Enfin , des expériences dont nous venons de présente)' les principaux résultats, il faut conclure que les changements chimiques de l'air pendant la respiration sont la cause principale de la chaleur animale, et que l'action du système nerveux n'est que secondaire.

De la température des animaux à sang froid, en faisant concourir à sa détermination les appareils thermo-électriques et les thermomètres.

L'appareil thermo-électrique qui a servi jusqu'ici à la détermination de la température des animaux à sang chaud peut être employé pour les animaux à sang froid ; seulement, comme cette température est peu différente de celle des milieux amhiants, on peut se contenter de maintenir une des soudures dans ce milieu , en les préservant, au moyen d'écrans, de tout rayonnement de la part des ohjets environnants. A cet effet, on prend deux boîtes en carton, recouvertes intérieurement et extérieurement de papier métallique , afin d'augmenter le pouvoir réflecteur. Des deux côtés opposés de ces boîtes , on pratique des ouvertures qui permettent l'introduction des aiguilles. On place l'aiguille libre dans une de ces boîtes, en laissant le couvercle ouvert , et dans l'autre boîte, la seconde aiguille introduite dans l'animal soumis à l'expérience , par conséquent avec l'animal même ; puis on referme les deux boîtes en même temps.

Les deux aiguilles pouvant conserver de la chaleur acquise ou communiquée par les mains de l'expérimentateur, il ne faut les mettre en relation avec le multiplicateur que 5 à l o', et même plus, après qu'on a cessé de les toucher ; toutes les fois qu'il existe une différence de température entre les deux soudures, l'aiguille aimantée est projetée à une certaine distance, puis elle vient prendre une position fixe d'équilibre après un certain nombre d'oscillations. On doit noter et l'angle d'écart par première impulsion, et l'angle d'écart après la fixation de l'aiguille, attendu que ce dernier étant très-faible , et par cela même difficile à observer, les deux angles servent à se contrôler l'un l'autre.

La différence entre les températures des soudures étant toujours très-faible, il est indispensable que le pouvoir thermo-électrique des deux aiguilles soit exactement le même, sans cela on pourrait être induit en erreur. Les animaux sur lesquels on opère ayant quelquefois de très-petites dimensions, il faut toujours avoir à sa disposition un assortiment d'aiguilles tel que l'on puisse au besoin opérer avec

des aiguilles d'un 1/3, d'unl/4 ou d'un 1/5 de millimètre de diamètre.

En général , il faut éviter que les aiguilles aient une grosseur telle qu'étant introduites dans les parties intérieures des animaux , il en résulte un refroidissement sensible. Rien n'est plus simple que de s'assurer quand ce refroidissement a lieu. Il faut seulement observer si la déviation de l'aiguille aimantée reste constante toutes les fois que l'air ou le milieu dans lequel on opère n'éprouve aucune variation de température.

On doit bien se garder d'expérimenter sur des poissons , mollusques, etc. , à l'instant où on les retire de l'eau , attendu que le liquide qui adhère à leur surface abaisse naturellement, en s' évaporant, la température de l'animal. Il faut avoir la précaution que négligent quelquefois les expérimentateurs, de s'assurer, par des expériences préalables, que les deux aiguilles ont exactement le même pouvoir thermo-électrique. Il suffit pour cela de mettre successivement chaque soudure dans la bouche d'une personne dont on a d'abord déterminé la température avec une grande exactitude, au moyen d'un thermomètre. Si la température est la même dans chacune d'elles, et que leur pouvoir thermo-électrique soit égal , l'aiguille reste à zéro; mais cela n'a pas toujours lieu. Par exemple, nous avons trouvé qu'avec deux aiguilles qui paraissaient identiques , placées chacune dans la bouche d'une personne différente , les deux bouches ayant la même température, on avait toujours une déviation de l'aiguille aimantée égale à 5°. Nous fumes obligés, dans nos expériences, de faire une correction relative à cette différence qui est variable avec la température à laquelle on opère ; nous insistons beaucoup sur toutes les précautions à prendre pour déterminer rigoureusement la température à l'aide des appareils thermo-électriques , car si on les néglige, on commet des erreurs graves. Les expérimentateurs doivent s'éloigner des points de jonction du fil d'acier établissant la communication avec les bouts acier, car il n'existe jamais une homogénéité parfaite entre l'acier du fil et celui des aiguilles ; la moindre différence de température entre ces points de jonction peut influer sur la déviation de l'aiguille aimantée. Pour s'assurer de l'exactitude des résultats, il faut, autant que possible, les contrôler par des déterminations thermométriques ; à cet effet, on emploie un thermomètre à très-petit réservoir et à tube microscopique , afin d'avoir des indications presque instantanées. Nous nous sommes servi d'un thermomètre de Bellaui, très-sensible, dont les degrés occupent peu d'étendue à la vérité , mais sur lequel la chaleur de la main agit à

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