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POUVOIR DES POINTES

Sur un ellipsoïde, les quantités d'électricité accumulées aux extrémités des 9xes sont proportionnelles aux longueurs de ces axes.

Sur les disques circulaires, Télectricité s'accumule vers les bords.

430. Épaisscor et tension élertriqnes. — 11 résulte de ce qui précède que le fluide électrique semble former à la surface des corps une couche mince, la quaniité de fluide contenue sur des éléments de surface égaux pouvant d'ailleurs varier d'un point à l'autre. Laplace et Poisson considèrent celle couche mince comme ayanl jine épaisseur proportionnelle à la quaniité d'électricité, en sorte que, dans chaque cas, la dénomination d'épaisseur électrique peut alors être substituée à celle de quantité d'électricité.

On voit encore que, si une couche électrique est en équilibre à la sur^ face d'un corps, ses di\-ers éléments exercent les uns sur les autres une répulsion en vertu de laquelle le fluide tend à s'échapper, et se dissiperait en effet s'il n'était maintenu par un mauvais conducteur. Cette action est évidemment d'autant plus intense sur un élément situé à la surface, que l'épaisseur électrique est plus grande nu point considéré, et elle peut être regardée comme une mesure de Tériergie avec laquelle Télectricité tend à s'échapper, ou de la tension électrique; la comparaison des tensions aux différents points d'un corps peut donc servir e/icore à caractériser l'état du fluide en ces différents points (*).

Enfin, dans un système invariable de corps conducteurs isolés, les fluides arrivent immédiatement à un état d'équilibre permanent; de là le nom d'électricité statique, donné à toute cette partie de l'étude de l'électricité.

451. Propriétés des pointes et des arêtes vives. — La distribution de Télectricité sur un ellipsoïde (429) peut faire prévoir que, si le grand axe de rellipsoide s'allonge indéfiniment par rapport aux autres, c'est-à-dire si le corps se termine par une pointe, la charge électrique doit aller en ^'accumulant vers celte extrémité, et sa tension doit devenir capable de vaincre la résistance de l'air. — On prévoit donc que les corps conducteurs de cette forme devront avoir la propriété, déjà signalise par Franklin et désignée par lui sous le nom.de pouvoir des pointes, de laisser échapper incessamment l'électricité. Aussi a-l-on soin d'éviter les pointes et les arêtes vives, dans tous les appareils où l'on veut développer ou conserver l'électricité, et de limiter toujours ces appareils par des surfaces arrondies.

L'écoulement de l'électricité par les pointes peut, être manifesté par diverses expériences :

(•) Vêpaisseur électrique et la tension, lout en désignant des quantités qui croissent toujours dans le même sens, ne doivent rependant pas être considérées comme synonymes, ni même comme simplement proportionnel tes ; on démontre, par un calcul ûù*h Laplace, que les tensions aux divers points sont proportionnelles aux carrés des éjmisseurs.

ËLECTRICITâ ET MAGNÉTISME.

Le fluide qui s^échappe. par une pointe se porte sur Pair euTironnant et le charge de la même électricité; cet écoulement du fluide est manifesté* dans Tobscurité, par une aigrette lumineuse qu'on aperçoit à l'extrémité de la poinie.

De là aussi une répulsion entre l'air et la pointe, en sorte que, si la pointe est flxée sur une machine électrique en activité, en plaçant la main

Fig. »«•

près de Texlrémité, on sent un courant d'air trés-vif , et, en présentant la flamme d'une bougie à ce courant d'air (fig. ^92), on le voit courber la flamme et souvent l'éteindre.

Si au contraire la pointe est mobile, et qu'elle puisse obéir à la force

répulsive qui s'exerce entre elle et l'air électrisé ambiant, on la voit se mouvoir en sens inverse. Ce sont là les conditions réalisées dans le tourniquet électrique : cet appareil, représenté par la figure tr93, se compose de plusieurs tiges métalliques horizontales, terminées toutes par des pointes courbées dans le même sens; ces tiges sont fixées dans une chape centrale, mobile sur un petit pivot métallique G; le pivot est isolé du sol, et on le fait communiquer, par exemple au moyen d'une chaîne métallique Â, avec une source continue d'électricité. L'appareil se met en mouvement en sens inverse de la direction des pointes, c'est-àdire dans le sens des flèches qu'indique la figure. — Le mouvement, bien qu'il se produise ici dans le même sens que pour le tourniquet hydraulique (79)» doit être, comme on voit, expliqué d'une manière toute différente.

Fig. Î93. — Tourniquet électrique.

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