NOTIONS SUR LES INTENSITÉS DES COURANTS
gahanomèlre un instrument dont la description complète sera donnée plus loin (561, fig. 412), et qui est spécialement destiné à comparer le sens et les intensités relatives des courants. Il comprend, comme parties essentielles : 1** un cadre rectangulaire vertical en ivoire, sur lequel est enroulé un grand nombre de fois un fil métallique couvert de soie; S* un système de deux aiguilles aimantées horizontales, fixées invariablement Tune à Tautre au moyen d'une petite tige de enivre verticale M, suspendue elle-même à un fil de cocon GM (fig. 411). Pour mettre Tinstrument en expérience, on oriente d'abord le cadre parallèlement au plan vertical dans lequel les aiguilles ont été amenées par l'action de la terre : •on établit alors la communication des pôles de la pile avec les boutons métalliques G, G' qui correspondent aux deux extrémités du fil de l'instrument, et l'on observe une déviation des aiguilles, déviation que l'on peut mesurer en observant la nouvelle position de l'aiguille supérieure sur le cadran S.
Or, si Ton fait passer le courant alternativement dans un sens et dans le sens contraire, en intervertissant les communications des pèles avec les extrémités du fil de l'instrument, on constate que les déviations de l'aiguille se produisent dans des sens opposés. — Donc, en général, le sens de la déviation permet de déterminer le teA» du courant dans le fil du galvanomètre.
Quant aux intensités, on dit que deux courants ont des intensités égales lorsqu'ils produisent sur le même galvanomètre la même déviation, — Pour arriver maintenant à comparer des intensités différentes au moyen des déviations qui leur correspondent, supposons que le galvanomètre -employé porte, par exemple, 100 tours de fil r faisons passer dans l'instrument le courant d'une pile déterminée, et observons la déviation a. Dérouions maintenant la moitié des tours de fil, c'est-à-dire 50 tours, en sorte que, sans cesser de faire partie du circuit, ils cessent d'agir sur les aiguilles; il n'y aura rien de changé dans le courant lui-même, mais l'action du cadre sur le système des aiguilles sera moitié moindre ; obser^ vons la nouvelle déviation fr : si le courant d'une autre source, en traversant le c^dre avec ses 100 tours de fil, produit la déviation h, ce courant devra être considéré comme ayant une intensité moitié moindre que le premier. De même, si l'on détermine par expérience la déviation c, obtenue en faisant passer le courant primitif dans 25 tours du galvanomètre, et si un courant, en passant dans les 100 tours de fil, produit une déviation égale à c, ce courant devra être considéré comme ayant une intensité égale -au quart de celle du premier; et ainsi de suite. On conçoit ainsi qu'il soit possible de construire, pour un galvanomètre déterminé, une table fournissant, en regard des différentes déviations, les rapports des intensités des courants qui les produisent. — Les physiciens emploient d'autres méthodes plus pratiques, pour la construction de ces tables : nous aurons i'occasion d'indiquer plus loin quelques-runes de ces méthodes.
Le galvanoniélre convient exclusivement à ta mesure de courants peu énergiques. Avec les courants intenses, les aiguilles sont toujours amenées dans une position sensiblement perpendiculaire au méridien magnétique, et, par suite, il n'est plus possible de déduire de ces déviations ancune mesure d'intensité. — On construit des instruments, fondés sur les mêmes principes que le galvanomètre, qui se prêtent d'une manière spéciale à la mesure des courants énergiques : ces instruments, désignés sous la dénomination générale de rhéoinètres, ne peuvent être décrits