DEGRÉS DU THERMOMÈTRE BEAU SATURÉE DE MURIATE DE SOUDE
Calculés.
Observés.
Excès
de l’observation.
saturée <
de muriate
de soude.
L’accord des observations avec la formule , se soutient aussi bien qu’on pouvait le désirer. Ici la dilatation a été observée au-dessous de zéro , au moyen des mélanges réfrigérans , et l’on voit que le calcul y suit l’expérience. Cette dissolution se gèle encore sans se dilater, car l’équation du maximum est
o 0,820006 -J- o,oo4o55 T 4 o,ooooo8325 T2 ,
et ses deux racines sont imaginaires. Ainsi , le muriate de soude, en se combinant avec l’eau , doit lui ôter la propriété de se dilater avant de devenir solide. Il serait intéressant de vérifier ce résultat par l’expérience ; car , bien qu'il se trouve ici fondé sur une analogie très-forte, puisque la loi de la dilatation se maintient encore à — io° R, cependant ce n’est encore là qu’une grande probabilité. Mais pour bien faire l’expérience, il faudrait que le thermomètre , formé avec la dissolution , fût soigneusement purgé d’air, et que le refroidissement s’opérât avec lenteur, afin que la dissolution pût se maintenir fluide, même un peu au-dessous du degré de sa congélation.
Je passe à l’alcool très-rectifié ; celui dont Deluc a fait usage l'était assez pour qu’en y mêlant de la poudre à canon et enflammant le liquide , cette poudre prît feu. Telle est l’épreuve par laquelle Deluc l’a caractérisé ; il a trouvé d’ailleurs
ÏOÎS DE LA DILATATION
qu’en le prenant même un peu moins rectifié, pourvu que la proportion d’eau y fût toujours fort petite , on obtenait à très-peu de chose près les mêmes résultats. Voici la formule, relativement à cet alcool ,
1>T r~ 0,784 T -f- 0,00208 Ta -f- 0,00000770 T3 , et la comparaison du calcul avec l'expérience , donne les résultats suivans :
L’accord du calcul et de l’expérience se soutient toujours ; et comme on voit, l’épreuve s’étend même au-dessous de zéro. La loi de la dilatation de cet alcool n’indique point de rétrogradation ; car la condition du maximum Dr serait
o — 0,784 -j- o,oo/fi6 T -f- 0,00002,32.5 T2 ; et ses deux racines sont imaginaires.
La valeur de Dt , donnée par notre formule , sera très-utile pour calculer la correspondance des thermomètres d’alcool avec les thermomètres de mercure. L’on voit que ce calcul est indispensable , car il y a beaucoup de différence entre ces deux thermomètres , lorsqu’ils sont réglés l’un et l’autre au terme de la glace et de l’eau bouillante ; la différence devient moindre, si le thermomètre d’alcool est réglé sur celui du mercure à des températures plus basses. En effet, si l’on suppose T = (T) -f-
DES LIQUIDES
et que l’on détermine (T) de manière à faire disparaître de D j le carré de T' , on trouve (T) = — 89°, 468 R. Alors la valeur de Dj devient
Dt — — 58,981 -f- 1,34218 T' -f~ 0,00000776 T/3.
Le thermomètre d’alcool marquerait donc — 58°,()8i sur sa propre échelle , quand Tf serait nul , c’est-à-dire^ quand le thermomètre à mercure marquerait 8g°,463 P», au dessous de zéro. Mais à partir de ce terme , jusqu’à 8oü au-dessus ou au-dessous , la marche des deux thermomètres serait à très-peu de chose près proportionnelle; car le terme en T'3, qui, seul, altère cette proportionnalité , ne ferait pas tout-à-fait quatre degrés sur le cas extrême où l’on aurait T' — zt 80. Tel est donc aussi le plus grand accord qui puisse jamais exister entre le thermomètre d’alcool et le thermomètre à mercure , en les supposant tous deux prolongés indéfiniment au dessous de zéro.
Nous allons maintenant considérer les mélanges d’eau et d’alcool; d’abord, quand la proportion d'eau sera peu considérable , l’affinité de l’alcool pour elle , la maintient long-temps liquide et s’oppose à sa rétrogradation. C’est ce que prouve l’observation du thermomètre fait avec une partie d’alcool et une partie d’eau ; la formule est alors
Dt — o,7o5333 T -f- 0,00275 Ta -f- 0,00001 1667 T3 ,
et sa comparaison , avec l’expérience , donne le tableau suivant :
NATURE
DU
LIQUIDE
DEGRÉS
du
THERMOMÈTRE
à mercure t.
DEGRÉS DU THERMOMÈTR F.